Dennis Appiah s'est livré en conférence de presse ce jeudi. Sur l'effort, la durée, les ambitions personnelles et sa propre traversée du désert : un discours de leader avant la finale de samedi soir ASSE - Amiens.
Dennis Appiah a voulu briser une illusion. Celle qui consiste à croire que gagner est simple quand on le fait souvent. Que les ingrédients sont acquis.
«Il faut faire prendre conscience aux joueurs que ce qui est le plus dur dans le foot, c'est de continuer à gagner et de gagner et gagner. On a l'impression que quand on gagne une fois, deux fois, trois fois, de l'extérieur, c'est facile. Sauf que le plus dur, c'est de perdurer.»
Et il détaille ce que ça représente vraiment, match après match. «Sur chaque match que l'équipe met, l'équipe doit courir, l'équipe doit revenir, l'équipe doit batailler, mettre tous les ingrédients pour que ça se passe bien. Et ça, ce n'est pas facile. Donc à chaque fois, tous les petits détails, tout ce qui nous fait défaut à chaque fois, j'essaie de faire comprendre aux joueurs que ce n'est pas acquis, que c'est un effort de plus à faire et qu'il faut faire à chaque fois.»
Un message après trois défaites consécutives. Les ingrédients se sont plus là. Les joueurs ont peut-être oublié que rien n'est jamais acquis.
Comment il transmet, comment il parle
Appiah a expliqué sa méthode pour essayer d'accompagner le groupe au quotidien à l'Étrat. «Les premières choses que je fais, c'est de montrer par l'attitude, par ce que je fais, par la course et tout. Et puis après, forcément, de parler, des fois d'engueuler, des fois de crier, des fois d'expliquer un peu plus calmement.»
Mais c'est le fond qui compte. «Le but, c'est vraiment que les joueurs prennent conscience que, de un, on peut le faire, et de deux, c'est surtout un truc : si ce n'est pas pour le club qu'ils le font, si ce n'est pas pour la saison qu'ils font, il faut qu'ils le fassent pour eux aussi.»
Qu'est-ce que vous voulez faire de votre vie ?
Appiah a posé les mots avant ASSE - Amiens. «Il y en a pour qui c'est une chance incroyable ces derniers matchs de pouvoir changer leur carrière, changer leur vie et arriver à un but précis pour eux. Il faut qu'ils aient ça en tête.»
Et il a convoqué le souvenir d'un moment similaire vécu à Caen, où un coach l'avait interpellé avec une question simple et brutale. «Le coach nous a posé la question : qu'est-ce que vous voulez dans la vie en fait ? La question c'est de pouvoir toucher les joueurs sur ce qu'ils veulent dans la vie pour essayer de mettre tout ce qu'il faut pour juste au moins arriver à leurs objectifs.»
La conclusion est limpide. «On a fait une saison hyper longue, hyper compliquée, mais elle est compliquée pour tout le monde. On est pas loin de toucher quelque chose d'extraordinaire pour eux, qui peut changer leur carrière, leur façon de jouer, leur façon de vivre aussi.»
Appiah (ASSE) : Sa propre ambition ?
Appiah n'a pas fait semblant. Trois montées au compteur. La quatrième est dans sa tête. «Pour moi, tous les matchs sont importants et puis moi, j'ai déjà fait trois montées, ça peut être la quatrième et j'ai envie de l'inscrire dans mon palmarès. C'est aussi important pour moi que pour eux. Peut-être que jusque-là, ça paraît normal, mais moi, même si je suis à une autre étape de ma carrière, c'est super important pour moi de monter.»
Il admet vouloir gagner pour lui aussi. L'occasion de partir sur une bonne note de l'ASSE.
La traversée du désert, dite sans fard
Sur sa propre saison, Appiah a été franc. «En tant que compétiteur, c'est jamais simple. Je pense que ça a été hyper compliqué sur la première partie de saison pour moi. Je l'ai plutôt mal vécu, même si je ne l'ai pas montré.»
La deuxième partie de saison a été différente. «J'ai travaillé sur moi pour essayer de prendre un peu plus de recul et d'apporter d'une autre façon que sur le terrain tout ce que je peux apporter dans l'équipe. Et j'ai appris que ça pouvait être presque aussi important que de jouer.»
Et il conclut sur ce qui le maintient au niveau au quotidien. «J'essaie de prendre le plus de plaisir en entraînement, c'est déjà bien. Tant que j'arrive déjà à prendre ça, ça me permet de garder le cap. Et j'essaie d'être important en dehors du terrain.»
Samedi, Dennis Appiah sera là. Peu importe sa place.
