Seize points sur vingt et un possibles. Le début de saison de l'ASSE sous Ian Cathro autorise déjà un premier bilan, avec des recrues installées en un claquement de doigts, des cadres relancés et un poste qui commence à faire parler dans les travées.

Sept journées, 630 minutes de jeu. Trois Stéphanois les ont toutes disputées, sans exception. Deux d'entre eux sont arrivés cet été et figurent logiquement dans nos tops. Le troisième, lui, se retrouve de l'autre côté de la ligne. Car même dans un départ aussi solide, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne.

Sohaib Naïr, la tête haute

Il a débarqué cet été sans faire de bruit. Sept matchs plus tard, l'Algérien s'est imposé comme l'un des hommes forts de la défense stéphanoise. Rugueux dans les duels, Sohaib Naïr a surtout apporté ce qui manquait parfois aux Verts : un vrai jeu de tête, dans sa surface comme sur les coups de pied arrêtés adverses.

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Associé à Julien Le Cardinal, il forme une charnière prometteuse. Pas encore parfaite, les automatismes restent à peaufiner, et la sortie face à Metz a montré qu'il pouvait encore être mis en difficulté. Mais la tendance générale est bonne. Suffisamment en tout cas pour lui ouvrir les portes de la sélection algérienne. Pas mal, pour un premier été dans le Forez.

Aron Csongvai, l'aimant du milieu

On le remarque rarement sur les résumés. On le remarque tout de suite quand il n'est pas là. Sauf que jusqu'ici, il a toujours été là : Aron Csongvai n'a pas lâché la moindre minute depuis la reprise du championnat, comme Naïr et Gautier Larsonneur.

Le Hongrois fait le sale boulot devant la défense. Il ferme les lignes, gratte des ballons, puis lance la machine. Premier relanceur des Verts, il alterne le jeu court pour sécuriser et le jeu long pour casser le premier rideau adverse. Ce double registre a vite changé la physionomie du jeu stéphanois. Ian Cathro ne s'y est pas trompé : Csongvai est déjà une pièce qu'on ne touche pas dans son dispositif.

Irvin Cardona, la renaissance à l'ASSE

Quatre buts, quatre passes décisives. À ce stade de la saison, la ligne de stats de l'international maltais a de quoi faire sourire ceux qui l'avaient un peu vite enterré. Irvin Cardona revit, et ça se voit : plus présent dans le dernier geste, plus libéré aussi dans ses déplacements.

Seul bémol, ses deux derniers matchs. Muet contre Dunkerque puis contre Metz, il a vu le compteur se figer. Rien d'alarmant après un tel départ. Mais pour que ce début de saison devienne autre chose qu'une belle séquence, il faudra retrouver le chemin des filets dès la reprise.

Augustine Boakye, l'âge d'or

Lui ne sort pas de nulle part. Le Ghanéen avait déjà livré une saison pleine l'an passé, et il ne fait que confirmer. Quatre buts sur ses quatre derniers matchs, trois passes décisives : Augustine Boakye pèse sur chaque action offensive des Verts.

Le changement de coach aurait pu le déstabiliser. C'est l'inverse qui s'est produit. Le meneur de jeu a parfaitement assimilé les consignes de Ian Cathro et semble taillé pour son nouveau positionnement. À 25 ans, il donne l'impression d'être arrivé au sommet de sa courbe. Reste à savoir combien de temps Saint-Étienne pourra le garder à ce niveau-là sans attirer les regards.

Une mention, enfin, pour Jakob Breum. Le Danois aurait eu toute sa place dans ce classement tant il s'impose déjà comme le vrai playmaker de l'équipe, avec un talent qui dépasse clairement la Ligue 2. Sa blessure l'a simplement privé d'une partie des rencontres. Il ne perd rien pour attendre.

Gautier Larsonneur, le gardien qui ne fait pas la différence à l'ASSE

Difficile de tirer à boulets rouges sur un groupe qui a pris seize points sur vingt et un. Il y a pourtant un nom qui revient dans les critiques, et c'est celui du dernier rempart. Gautier Larsonneur a joué chaque minute, comme Naïr et Csongvai. La comparaison s'arrête là.

Le problème n'est pas une faute de main spectaculaire. C'est presque l'inverse. Très peu sollicité, le portier stéphanois ne fait pas gagner de points à son équipe. Et un gardien qui ne sort jamais l'arrêt qui change un match, c'est précisément ce qu'on commence à lui reprocher, après deux saisons déjà compliquées dans les cages.

De là à voir Mamour Ndiaye lancé dans le grand bain ? Trop tôt pour l'affirmer. Mais les dirigeants stéphanois ont pris leurs précautions en cas de défaillance. Le message est clair : la place n'est plus garantie. À Larsonneur de répondre sur le terrain, la seule réponse qui compte à Geoffroy-Guichard.

ASSE : Le couloir gauche, le chantier oublié du mercato

Le deuxième flop ne porte pas de numéro. Il tient à une case restée vide dans le recrutement estival : aucun latéral gauche n'est arrivé. Maxime Bernauer a pourtant très bien tenu l'intérim, avec sérieux et sans faire de vagues. Mais faute de solution, l'ancien joueur du Paris FC se retrouve baladé entre le couloir gauche et le milieu de terrain, au gré des besoins.

Ben Old monte doucement en puissance depuis sa titularisation à Metz. Pas encore de quoi convaincre pleinement. Le contraste avec l'autre côté est frappant : à droite, Kevin Pedro a réglé le problème et refermé tout débat. À gauche, l'ASSE avance encore avec des points d'interrogation.