Le président de l’ASSE, Ivan Gazidis, a pris position publiquement face à la menace de dissolution qui vise les Magic Fans et les Green Angels. Dans une tribune publiée par Le Progrès, le dirigeant stéphanois conteste la pertinence de cette mesure et appelle à une approche plus cohérente.

Le sujet n’est pas nouveau à Saint-Étienne, mais il revient comme un serpent de mer. Un an après la mobilisation massive des supporters dans les rues de la ville, la menace de dissolution des deux principaux groupes ultras du club refait surface. Après avoir été un acteur actif l'an passé, Ivan Gazidis prend de nouveau la parole.

Dans une tribune affirmée, le président de l’ASSE pose le cadre. "L’AS Saint-Étienne a été informée de l’engagement d’une nouvelle procédure visant les Magic Fans et les Green Angels, deux groupes historiquement ancrés dans la vie du club."

Une réponse jugée inefficace par Gazidis

Ivan Gazidis ne nie pas les problèmes. Il reconnaît que des incidents existent. Mais, il insiste sur le travail réalisé par le club ces dernières années pour encadrer la situation.

"La situation est-elle parfaite ? Non. Des incidents existent encore. Mais, ils ne sont ni ignorés ni minimisés." Le président met en avant les mesures mises en place. Renforcement de la sécurité, amélioration des dispositifs d’identification, structuration des sanctions et dialogue constant avec les autorités.

Selon lui, ce travail porte ses fruits. Il rappelle que le dispositif stéphanois est reconnu au niveau national. Dans ce contexte, la dissolution apparaît comme une réponse inadaptée. "Dissoudre deux groupes de supporters ne fait pas une stratégie de sécurité." La phrase est aussi forte que lancée comme une critique ouverte à la stratégie de l'Etat. Elle résume la position du dirigeant. Pour lui, la question dépasse le simple cadre disciplinaire.

Le risque d’un effet inverse est réel !

Au-delà du principe, Ivan Gazidis alerte sur les conséquences possibles d’une telle décision. Il insiste sur le rôle stabilisateur et structurant des groupes de supporters dans le fonctionnement du stade. "Dissoudre des groupes structurés, identifiés et engagés dans un dialogue suivi, ce n’est pas faire disparaître les problèmes." Il évoque un risque clair : voir les tensions se déplacer vers des espaces moins encadrés, donc plus difficiles à gérer.

Le président défend une autre approche. Il insiste sur la responsabilité individuelle des auteurs d’actes répréhensibles. Et surtout, sur la nécessité de maintenir des interlocuteurs identifiés. "Nous croyons à la fermeté. Nous croyons à la responsabilité individuelle. Mais nous ne croyons pas qu’affaiblir les cadres de dialogue soit la bonne solution."

Un message adressé aux autorités

À travers cette prise de parole, l’ASSE affiche une ligne claire. Le club ne nie pas les enjeux de sécurité, mais refuse une réponse globale jugée contre-productive. Ivan Gazidis élargit même le débat. "La sécurité dans les stades mérite mieux qu’un bouc émissaire." Le message est double. Défendre ses supporters, tout en rappelant les efforts engagés par le club. Et surtout, appeler à une stratégie globale, basée sur le dialogue, la continuité et l’efficacité.

Dans un contexte tendu autour du supportérisme en France, la sortie du président stéphanois n’est pas anodine. Elle place clairement l’ASSE dans le débat. Et confirme que, dans le Forez, la question dépasse largement le cadre du terrain.