Ancien joueur formé à l’ASSE, Yohan Benalouane n’a jamais coupé le lien avec son club formateur. Dans un entretien accordé à Dessous de Verts, le co-gérant du fonds d’investissement Origins revient longuement sur son attachement à Saint-Étienne, qu’il considère comme une véritable école de vie. Un témoignage fort, sincère, et profondément marqué par les valeurs des Verts.
Même après avoir quitté Saint-Étienne depuis de longues années, Yohan Benalouane continue de suivre l’actualité de l’ASSE avec attention. « Je regarde toujours les résultats des Verts car Saint-Étienne a été ma première maman », confie-t-il sans détour. Arrivé au club à l’âge de 13 ans, l’ancien défenseur garde un souvenir intact de son passage au centre de formation, qu’il décrit comme « exceptionnel, avec des gens exceptionnels ». Pour lui, l’ASSE ne s’est pas contentée de former un footballeur. Elle a façonné un homme. « Ça a été ma première école de vie. C’est eux qui m’ont éduqué, qui m’ont appris la discipline, la résilience, les règles », explique Benalouane, conscient de l’héritage laissé par le club forézien.
Durant près de dix ans, Saint-Étienne a accompagné le jeune Yohan dans toutes les étapes de sa construction. « C’est eux qui m’ont porté et bercé jusqu’à ce que je parte en Italie faire mon petit bout de chemin », poursuit-il. Aujourd’hui encore, il affirme porter ces valeurs au quotidien, « que ce soit dans le sport ou en dehors », preuve que l’empreinte de l’ASSE dépasse largement le cadre du terrain.
Le centre de formation de l’ASSE, une école de caractère
Benalouane insiste sur la richesse humaine du centre de formation stéphanois. « Tu côtoies des gens de toute la France et de tous les pays », rappelle-t-il, évoquant ses anciens coéquipiers comme Dabo, Bafé Gomis ou encore Stephen Vincent. Cette diversité forge des personnalités mais impose aussi une concurrence permanente. « Le foot est un sport collectif, mais c’est le plus individuel qui existe », résume-t-il avec lucidité. Chaque année, seuls quelques élus signent professionnels. « Tu sais que ton meilleur pote, tu vas devoir lui prendre sa place. Ce n’est pas facile », confie-t-il.
La vie au centre de formation demande également une grande capacité d’adaptation. Loin des parents, avec des journées millimétrées entre école, entraînement et études, les jeunes doivent rapidement mûrir. « C’est un process qu’on a choisi, pas qu’on a subi », insiste Benalouane, qui voit dans cette rigueur un élément fondamental de sa réussite. « Ce process nous a construits et nous a permis d’arriver là où on est », ajoute-t-il, soulignant aussi les amitiés profondes nouées à cette période.
Des anciens Verts unis par des souvenirs intacts
Récemment, Yohan Benalouane a retrouvé cette famille verte lors d’un match réunissant d’anciens joueurs formés au club. « On s’est tous retrouvés, professionnels ou pas », raconte-t-il, évoquant avec émotion ces retrouvailles. Ce moment lui a rappelé que, malgré des parcours différents, « rien n’a changé, tout est intact ». La nuit passée ensemble au centre de formation, comme à l’époque des mises au vert, a ravivé des sensations uniques. « On s’est retrouvés dans les couloirs, on a parlé, on a mangé du chocolat. C’étaient les mêmes sensations qu’avant », sourit-il.
Revenir à Saint-Étienne reste un moment à part pour Benalouane. « C’est beau de revoir les gens, de repasser dans les rues de Sainté, de sentir ce parfum ultra-éducatif », confie-t-il. Un parfum qui l’a accompagné toute sa vie. « Si je n’avais pas eu l’ASSE, les gens de Saint-Étienne, les supporters, je ne serais peut-être pas l’homme que je suis aujourd’hui », conclut-il, avec une sincérité qui parle à tous les supporters des Verts.