Passé par Clairefontaine, Nantes, Chelsea ou encore Sunderland, Pierre Ekwah a connu un parcours atypique, entre promesses, doutes profonds et renaissance. Avant de briller aujourd’hui à l’ASSE, le milieu franco-ghanéen a failli tout plaquer. Extraits.
Pierre Ekwah (joueur de l'ASSE) : « J’ai grandi en région parisienne, et là-bas, le foot, ça te berce. J’ai commencé à jouer sans me dire “je veux devenir pro”. Je jouais avec mes frères, mes cousins, mes amis, et c’est tout. À 12-13 ans, j’ai commencé à me dire qu’il y avait peut-être un truc à faire. Mais jusque-là, je m’amusais. [...] Quand je suis rentré à Clairefontaine, là, le foot a commencé à devenir sérieux. T’es à l’internat, tu n'es plus chez toi, tu partages ta chambre avec un inconnu. Au début, c’est chelou. Tu as du foot tout le temps. Tu n'as pas de vie à côté. T'es enfermé. Les premiers mois sont compliqués, mais après, les liens se créent, et ça devient des potes, des frères. »
De Nantes à Chelsea : « On m’a vendu, j’ai rien dit »
Pierre Ekwah (joueur de l'ASSE) : " J’ai signé à Nantes à 12 ans, et je suis parti là-bas à 15. Un changement de fou. Tu vis de très grands moments au centre de formation même si c'était court.
Quand Chelsea arrive, je suis à peine en 17 nationaux. Ils posent une offre, tu as 16 ans et Nantes me dit d’y aller. C'est compliqué de refuser. On m'a dit d'y aller. J’ai subi le transfert. Ce n’était pas ce que je voulais. Mais je l’ai fait. Ce n'est pas grave, mais j'étais à Nantes que depuis un an. Quand je suis arrivé à Londres, j’étais seul, je ne parlais pas la langue. Sans amis, sans repères. Je venais juste de m’adapter à la vie loin de Paris, et là, boum, un autre pays. Le choc était énorme. Je savais même pas où j’allais. C’était compliqué. Franchement, ça m’a chamboulé à 16 ans."
Pierre Ekwah : « J’en avais marre du foot »
Pierre Ekwah (joueur de l'ASSE) : " Quand je suis arrivé, il n'y avait pas de différence de niveau. J'ai été bien accueilli. Je suis arrivé dans une famille d'accueil super. Après niveau football pendant 3 ans, c'était compliqué car j'ai très peu joué. Je me donnais à fond, je pensais pouvoir jouer avec l'academy au moins. C'était dur.
J’en avais marre du foot. Je me suis dit : “Ah ouais, si c’est ça le foot…. ” J'avais mal vécu le transfert. Le foot des grands, je l’ai pris en pleine tête. On t’envoie là-bas, et une fois que t’y es, c’est chacun pour soi. Je n'étais pas prêt. J’ai pensé arrêter. Me dire : “Je rentre, je retourne au lycée, je retrouve mes amis, je vais vivre une vie normale. Mais c’est le foot ma vie. Et j’ai réussi à me relever. Grâce à des gens autour de moi, je me suis raccroché à mes objectifs. Je me suis dit : si j’abandonne maintenant, je vais devoir tout recommencer. »
Renaissance à Sunderland : « Enfin, j’ai joué »
Pierre Ekwah (joueur de l'ASSE) : « Après Chelsea, je suis parti en test à Brighton, puis à Plymouth, et enfin à West Ham. Après Chelsea, j'ai dû cravacher. À West Ham, je n'ai pas joué chez les pros là-bas même si ça se passait bien. Je savais que je devais partir pour avoir du temps de jeu. [...]
À Sunderland, ça a changé. Sunderland n'a rien à voir avec Londres déjà. Le coach m’a dit direct que j’allais jouer contre Fulham en coupe. Quand on m’a dit “tu rentres”, j’ai eu un choc. C’était incroyable. Je me suis dit : “Enfin, j’y suis.” J’ai fait tous ces efforts pour ce moment. A 21 ans, dans le football d'aujourd'hui, il a fallu être patient. J'ai attendu, travaillé et parcouru des kilomètres. Cette première était incroyable."
Source : Interview Mordu2Sport