Ian Cathro est Écossais. Son staff compte plusieurs membres anglophones. L'effectif stéphanois s'est enrichi cet été de joueurs venus du Danemark, de Hongrie ou encore des Pays-Bas. Pourtant, dès son arrivée, le nouvel entraîneur des Verts a fixé une règle simple : à l'ASSE, la langue du vestiaire reste le français. Un choix que Julien Le Cardinal a expliqué ce mardi sur RMC Sport.
Quand un entraîneur étranger débarque avec plusieurs recrues venues de l'étranger, l'anglais devient souvent la langue de travail. À Saint-Étienne, Ian Cathro a choisi une autre voie. Le technicien écossais veut que les nouveaux s'intègrent à l'identité du club, jusque dans les échanges du quotidien.
Julien Le Cardinal a révélé que le message avait été transmis dès les premiers jours de la préparation. "Le coach a mis tout de suite les choses au clair au début d'année. La langue principale dans ce club est le français." Une phrase qui résume assez bien la manière dont Cathro souhaite que l'intégration des joueurs étrangers s'effectue.
Tout le monde doit faire un pas vers l'autre
Le défenseur stéphanois ne cache pas que cette règle demande des efforts. Les nouveaux arrivants doivent progressivement apprendre le français. Les joueurs déjà présents doivent, eux aussi, s'adapter pour faciliter leur intégration. "Il va falloir que tout le monde fasse un effort. Je sais que c'est compliqué d'apprendre le français pour certains, parce que c'est une langue difficile. Mais on fait tous un pas les uns envers les autres."
Depuis le début de la préparation, les scènes où plusieurs langues se mélangent sont fréquentes. Jakob Breum découvre le français. Joshua Duffus échange naturellement en anglais. Áron Csongvai prend lui aussi ses marques. Au milieu de tout cela, le nouveau capitaine des Verts a trouvé sa solution. "Je prends des cours d'anglais maintenant." Il en sourit même. "Je comprends un peu, mais parler anglais... il vaut mieux pas que vous m'entendiez."
Bernauer, traducteur improvisé du vestiaire
Cette diversité linguistique donne parfois lieu à des situations assez cocasses. Lorsque Julien Le Cardinal doit transmettre certains messages au groupe, il peut compter sur un coéquipier. "Il y a Maxime (ndlr : Bernauer) qui fait mon traducteur quand je dois faire des messages."
Une anecdote qui en dit long sur le fonctionnement actuel du vestiaire. Personne n'est laissé de côté et chacun apporte sa pierre à l'édifice. Le Cardinal insiste d'ailleurs sur l'essentiel. "Du moment qu'on arrive à très bien communiquer sur le terrain, c'est le principal. Après, en dehors, on arrive à se comprendre."
Ian Cathro fixe une règle qui dépasse la langue
Cette première prise de position de Ian Cathro traduit une manière de diriger son groupe et montre l'exigence attendue. L'Écossais aurait pu imposer l'anglais, sa langue maternelle. Il a préféré demander aux nouveaux de s'approprier progressivement celle du club. Une façon de rappeler que l'ASSE possède une identité forte et que chacun devra s'y intégrer.
Ce choix s'inscrit dans la continuité de ce que plusieurs joueurs décrivent depuis le début de la préparation : un entraîneur très exigeant, très impliqué dans les séances, mais aussi attentif à la construction du collectif. Avant même le premier match de championnat, Ian Cathro a donc envoyé un premier message à son vestiaire. À Saint-Étienne, les nationalités peuvent être nombreuses. La langue commune, elle, ne change pas.
