Dans son livre "Temps additionnel", Bernard Caïazzo revient longuement sur la vente de l’ASSE à Kilmer Sports Ventures. L’ancien président stéphanois décrit un dossier tendu, ralenti par les doutes financiers et sauvé, selon lui, par sa relation directe avec Larry Tanenbaum et Ivan Gazidis.
Pendant des mois, la vente de l’ASSE a alimenté les rumeurs sans qu’aucune issue ne se dessine clairement. Bernard Caïazzo explique aujourd’hui que le club avait volontairement choisi la discrétion. Selon lui, tout investisseur qui communiquait publiquement sur son intérêt ne pouvait pas être considéré comme crédible. L’ancien dirigeant évoque plusieurs profils écartés, notamment des intermédiaires incapables d’apporter des garanties financières solides. Il affirme avoir fixé une ligne claire : le futur propriétaire devait connaître le sport professionnel et disposer d’une capacité économique importante. Caïazzo insiste aussi sur un autre point. Il ne voulait pas céder l’ASSE à un simple fonds d’investissement. Dans son récit, il présente la vente non comme une nécessité financière immédiate, mais comme une obligation sportive dans un football français fragilisé par la crise sanitaire puis l’effondrement du dossier Mediapro.
Larry Tanenbaum a changé le dossier ASSE
Le tournant du dossier intervient lors des échanges avec Larry Tanenbaum et le groupe Kilmer. Caïazzo raconte une première prise de contact positive avec le propriétaire canadien, alors accompagné de John Pagliuca et d’Ivan Gazidis. Très vite, il perçoit des divergences internes dans le camp des investisseurs. Il explique notamment que Pagliuca et la direction financière de Kilmer avaient exprimé des réserves sur le dossier stéphanois. Face à cette situation, Caïazzo décide de reprendre la main. Il contacte directement Larry Tanenbaum afin d’obtenir une rencontre en Floride puis à Toronto. Cette discussion relance totalement les négociations. L’ancien président affirme avoir demandé une seule condition : poursuivre les discussions avec Ivan Gazidis comme interlocuteur unique. Une demande acceptée par Larry Tanenbaum. Dans le livre, Caïazzo décrit Gazidis comme un dirigeant expérimenté, capable de comprendre les réalités du football européen et les enjeux liés à Saint-Étienne.
L’ASSE devait absolument changer de dimension
Bernard Caïazzo affirme que la vente du club était devenue indispensable face aux pertes annoncées pour les saisons suivantes. Il explique que l’ASSE approchait d’un plafond économique difficile à dépasser sans actionnaire puissant. Selon lui, ni Roland Romeyer ni lui-même n’étaient en mesure d’injecter encore plusieurs dizaines de millions d’euros dans le club. L’ancien président assure également que Larry Tanenbaum voulait investir durablement afin de stabiliser l’ASSE en Ligue 1. Il évoque des garanties sur le maintien des emplois et sur le développement du club. Caïazzo estime même que l’ASSE possède désormais un actionnaire capable d’installer le club dans le top 5 français à moyen terme. Il salue enfin les premières restructurations engagées par la nouvelle direction, notamment dans le recrutement, le scouting et l’organisation interne. Pour lui, la vente conclue le 31 mai 2024 reste "sa plus grande fierté" après plus de vingt ans à la tête du club.
