Ancien capitaine de l’AS Saint-Étienne, Anthony Briançon connaît mieux que beaucoup le poids d’un maillot vert. Désormais loin du Chaudron, le défenseur central porte un regard lucide, presque apaisé, sur son passage dans le Forez et sur les exigences uniques qui entourent le club. des propos recueillis par Sud-Ouest.
Aujourd’hui confronté à une saison difficile sur le plan défensif, Briançon ne se cache pas. « Quand t’as la pire défense, et que tu joues à ce poste, tu le vis mal. » Une phrase simple, sans détour. Avec l’expérience, le défenseur explique avoir appris à gérer ces moments. « Il y a quelques années, je ne dormais pas de la nuit, je gambergeais toute la semaine. Désormais, je suis plus dans l’analyse. Sinon, tu te pompes de l’énergie. » Une évolution mentale qui en dit long sur le chemin parcouru.
Le poids d’un naufrage
Certains matchs laissent des traces plus profondes que d’autres. Briançon n’a pas oublié une lourde défaite encaissée face à son ancien club. « Je l’ai vécu comme un boxeur qui prend un énorme KO. C’était une gifle monumentale. » L’image est forte. Elle traduit la violence du résultat subi par les pallois et ce que peut représenter une telle rencontre, surtout lorsque l’attachement est encore présent.
Malgré tout, pas question pour lui de sombrer dans l’esprit de revanche. « Je ne suis pas trop là-dedans. Il faut activer le levier de l’orgueil, mais sans en faire une fixette. » L’honneur, oui. L’obsession, non.
Saint-Étienne, une dimension à part pour Briançon
Au-delà des résultats, Anthony Briançon insiste sur une chose : l’AS Saint-Étienne ne ressemble à aucun autre club en France. « Être footballeur pro à Sainté ou à Pau, c’est le même métier, mais pas la même attente ni la même popularité. »
Et il va plus loin : « En France, avec Marseille et Lens, on ne fait pas beaucoup mieux en termes de ferveur qu’à Saint-Étienne. C’est tellement populaire, il y a tellement d’attente… médiatiquement, c’est stratosphérique. C’est un monde à part. »
Ces mots résonnent comme un hommage. Trois saisons dans le Forez, des émotions « magiques » et d’autres « tragiques », une pression constante mais aussi une communion rare avec le public.
Avec le recul, Anthony Briançon ne parle plus en capitaine frustré, mais en joueur expérimenté. Lucide sur les exigences du haut niveau, reconnaissant envers un club qui l’a marqué. Et surtout conscient que certaines expériences, bonnes ou douloureuses, façonnent une carrière. À Saint-Étienne, il ne s’agit jamais d’un simple passage. C’est une empreinte.