Passé par le centre de formation de l’ASSE, Antoine Gauthier n’a jamais vraiment eu sa chance en professionnel. Le milieu offensif de 21 ans, désormais au Puy Foot, revient sans détour sur son départ et ses espoirs déçus chez les Verts. Un témoignage sincère qui en dit long sur la gestion des jeunes à Saint-Étienne.
Formé à l’AS Saint-Étienne (ASSE), Antoine Gauthier a longtemps cru que son heure viendrait. Deux apparitions en Ligue 2. Deux présences dans le groupe en Ligue 1. Une préparation estivale convaincante. Le Clermontois pensait pouvoir bousculer la hiérarchie.
« J’avais un très bon ressenti. J’avais de bons retours du staff et des joueurs et j’espérais gratter du temps de jeu », confie-t-il. L’arrivée des nouveaux propriétaires a changé la donne. « Ils m’ont fait sentir qu’ils n’allaient pas forcément compter sur moi. Je savais que je n’allais pas rester. »
Le départ d’Olivier Dall'Oglio a marqué un tournant. « Après son départ, je suis redescendu en réserve et ils m’ont fait comprendre qu’ils ne compteraient plus sur moi. Ça a été compliqué. »
« J’avais besoin qu’on me veuille »
À 21 ans, Gauthier a choisi de quitter son cocon pour rejoindre le Le Puy Foot 43 Auvergne. Un choix mûrement réfléchi.
« J’ai senti une grosse volonté du Puy de me faire venir. C’est ce que je recherchais. J’avais besoin que le coach et le directeur sportif me veuillent. » Un détail ? Pas pour lui. Après des mois dans l’incertitude à Saint-Étienne, le milieu offensif voulait un projet clair.
Ses premiers mois en National ont pourtant été frustrants. Peu de temps de jeu. Des consignes différentes. « Le coach voulait une structure plus stricte. À Saint-Étienne, j’étais plus libre. Là, il fallait me canaliser. »
Gauthier a rongé son frein. « Ça fait partie de mon état d’esprit. Je ne lâche pas. Je travaille pour ma progression. »
Toujours soutenu par les supporters de l’ASSE
Malgré son départ, le lien avec les supporters des Verts reste fort. « Oui, ils m’envoient des messages. Quand je vais à Saint-Étienne, on me demande des nouvelles. Je sens toujours ce soutien. »
Un attachement qui en dit long sur son passage à l’Étrat. « J’ai énormément appris du monde senior. Comment fonctionne un vestiaire, un groupe. » Aujourd’hui, la porte s’est enfin ouverte au Puy. Deux titularisations récentes. De la confiance retrouvée.
« Ça donne de la confiance. C’est un très bon championnat pour progresser. » Son objectif est simple : jouer un maximum et finir le plus haut possible avec son équipe. Sans amertume. Mais avec une petite part de regret.
Car à l’ASSE, il espérait plus. « Je savais que ce n’était pas une fin en soi. »