Le FC Nantes s’enfonce déjà dans la crise. Battus 5-2 par Rodez ce samedi à la Beaujoire, les Canaris viennent d’enchaîner une troisième défaite en autant de journées. Quelques semaines seulement après leur relégation, les Nantais semblent encore loin d’avoir digéré la descente. Et cette fois, le vestiaire n’a pas cherché à masquer la gravité de la situation. Des propos relayés par Ouest-France.
Trois matchs, trois défaites. Le début de saison du FC Nantes vire au cauchemar. Pourtant, face à Rodez, les hommes de l’entraîneur nantais avaient cru pouvoir enfin lancer leur saison. Une première période convaincante et un avantage au tableau d’affichage laissaient entrevoir une soirée plus tranquille.
Tout s’est pourtant complètement écroulé après la pause. Rodez a inscrit cinq buts à la Beaujoire et plongé un peu plus les Canaris dans le doute. Au coup de sifflet final, les mots employés par les joueurs témoignaient d’un vestiaire sous très haute tension.
« Si ça doit péter, ça pétera entre nous »
Killian Corredor n’a pas cherché d’excuse après cette nouvelle débâcle. L’attaquant nantais réclame désormais une véritable explication entre les joueurs.
« Je n’ai pas les mots. On fait 45 minutes encore très bien, on mène au score, on fait ce qu’il faut faire. Va chercher à comprendre ce qu’il se passe... C’est difficile à expliquer. On passe de tout à rien. On lâche tout, d’un coup, va-t’en savoir pourquoi. »
Le constat devient même beaucoup plus préoccupant lorsqu’il évoque la vie du groupe : « Il va falloir tous se regarder dans un miroir et qu’on ait une grosse remise en question. Si ça doit péter, ça pétera entre nous, mais à un moment, il va falloir se dire les choses. C’est impossible qu’au bout de trois matches il y ait trois défaites, impossible. »
Même discours du côté de Frédéric Guilbert. Le défenseur pointe notamment une faillite mentale collective : « On a fait une bonne première mi-temps puis on s’est liquéfié. Tactiquement, on n’a pas fait ce qui a été demandé. Je pense qu’il y a une grosse partie mentale. On a été trop faible mentalement pour exister, moi compris. On doit tous faire plus. »
Le FC Nantes a « honte »
Lucas Perrin va encore plus loin. Le défenseur nantais n’hésite pas à qualifier la seconde période de « scandale » : « J’ai honte de la deuxième mi-temps qu’on a faite parce que c’est un scandale de jouer comme ça et d’encaisser cinq buts à domicile. C’est catastrophique. »
Un sentiment partagé par Ibrahima Sissoko : « C’est une humiliation, on a honte. Mentalement, on a faibli, on n’a pas su se relever de cette claque du troisième but. À partir de la 70e, on a commencé à flancher. Je trouve qu’on a lâché, on n’a pas su se relever. »
Alors qu’il refusait encore de parler d'alarme vendredi, le milieu nantais a déjà changé de discours : « On va commencer à s’alarmer un petit peu même si j’ai dit hier qu’il ne le fallait pas. Là, tu prends 5-2 à la maison. Il faut se remettre en question et essayer de faire quelque chose car on ne peut pas continuer ainsi, croire que tout va être facile et va nous être donné. »
Johann Lepenant évoque lui aussi un inquiétant « manque de révolte ». « Après, je ne sais pas ce qui s’est passé. Il y a eu un manque de révolte. On n’a pas le droit, ici à la Beaujoire, de craquer comme ça, ce n’est pas normal. »
À peine trois journées auront donc suffi pour faire apparaître les premières fissures. Après une relégation encore récente, le FC Nantes espérait rapidement retrouver une dynamique positive. Il se retrouve au contraire confronté à une crise sportive et mentale que ses propres joueurs ne cherchent désormais plus à minimiser.
Der Zakarian annonce sa retraite s'il est viré
Aussi, le coach nantais a semblé déjà très marqué par la situation : "Aujourd’hui, personne ne m’a dit quelque chose. 𝗦’𝗶𝗹𝘀 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗰𝗼𝗻𝘁𝗲𝗻𝘁𝘀 𝗱𝗲 𝗺𝗼𝗻 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹, 𝗶𝗹𝘀 𝗺𝗲 𝗿𝗲𝗻𝘃𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗯𝗮𝘀𝘁𝗮. Moi, je dirais les choses en face aussi.
Et ce n’est pas contre ma direction. Elle m’a donné l’opportunité de revenir à Nantes. 𝗠𝗮𝗶𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗷𝗼𝘂𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗾𝘂’𝗶𝗹𝘀 𝘀𝗲 𝗯𝗼𝘂𝗴𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝘂𝗹.
Il faut arrêter. Ils ont envie de se battre ? Non. Ils ont envie de gagner les duels ? Non. Il n’y a pas d’agressivité. Il n’y a rien."
