En décidant de prendre la parole sur les commotions cérébrales et de mettre sa carrière entre parenthèses, Vincent Pajot replonge aussi dans plusieurs épisodes marquants de sa carrière. Parmi eux, une image reste encore forte chez les supporters stéphanois : son évacuation sur civière à Bastia en 2017 après un violent coup reçu au visage.
Les révélations de Vincent Pajot sur les conséquences des commotions cérébrales résonnent forcément différemment à Saint-Étienne. L’ancien milieu des Verts a expliqué ces derniers jours souffrir depuis des années des séquelles liées aux nombreux chocs subis durant sa carrière. Une prise de parole forte qui rappelle immédiatement plusieurs épisodes vécus sous le maillot stéphanois. Le plus marquant reste sans doute cette soirée du 4 mars 2017 à Furiani. Ce soir-là, lors d’un déplacement de l’ASSE à Bastia, Vincent Pajot avait été victime d’un très violent coup de pied au visage reçu de Nicolas Saint-Ruf.
L’action avait provoqué un énorme moment d’inquiétude sur la pelouse corse. Touché à la tête, le milieu stéphanois était resté longuement au sol avant d’être évacué sur civière vers l’hôpital de Bastia. Le défenseur bastiais avait immédiatement été expulsé après son geste. Quelques heures plus tard, l’ASSE avait confirmé que Pajot avait passé des examens médicaux avant de pouvoir quitter l’hôpital et regagner son domicile le lendemain.
Un épisode qui prend aujourd’hui une autre dimension
Vincent Pajot a décidé de tirer un signal d’alarme. À 35 ans, l’ancien joueur de l’ASSE et du FC Annecy a annoncé mettre sa carrière en pause après une nouvelle commotion cérébrale survenue il y a neuf mois en Ligue 2. Une décision lourde pour celui qui compte plus de 400 matches professionnels, dont plusieurs saisons sous le maillot stéphanois. Très discret durant sa carrière, le milieu de terrain a choisi cette fois de prendre publiquement la parole afin de sensibiliser le football français à un sujet qu’il estime encore largement négligé. "Il faut prendre ce problème très au sérieux", explique-t-il pour Ici Pays de Savoie.
Victime de plusieurs chocs à la tête au fil des années, Pajot affirme avoir découvert récemment l’ampleur réelle des risques liés aux commotions répétées. "J’ai rencontré beaucoup de spécialistes qui m’ont expliqué qu’un simple jeu de tête pouvait me mettre en danger physiquement et mentalement." L’ancien Stéphanois décrit aussi des symptômes particulièrement inquiétants. "Je pouvais rentrer chez moi migraineux, vomir, me taper la tête contre le mur tellement j’avais mal au crâne." Des propos forts qui illustrent la gravité de certaines séquelles encore peu évoquées dans le football professionnel.
Vincent Pajot veut faire évoluer les protocoles dans le football
L’ancien milieu des Verts regrette surtout le manque de réponses médicales et de protocoles adaptés dans le football. Selon lui, ce sujet reste traité avec beaucoup de retard par rapport à d’autres sports comme le rugby. "Ma mission aujourd’hui est que le prochain joueur qui sera à ma place ait plus de réponses que moi." Pajot estime notamment que les conditions de retour à la compétition après une commotion doivent être totalement repensées. "Il faut être certain qu’un joueur qui revient sur le terrain ne se remet pas en danger."
Le joueur formé à Rennes rappelle également que le problème touche parfois les footballeurs dès le plus jeune âge. "À 12 ans déjà, je faisais des trous noirs après certains coups reçus." Une réalité qui l’inquiète particulièrement pour les écoles de football où les exercices de tête restent très présents dès les premières catégories. Pour lui, les mentalités doivent désormais évoluer rapidement afin d’éviter que d’autres joueurs traversent les mêmes difficultés physiques et neurologiques.

