« L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs. » Oscar Wilde – ASSE

THE FINAL COUNTDOWN DE MICHELINE (DE LA COMPTA) ROAD TO LIGUE 1 = 62 – 19 = -43 POINTS :

« Salut les Gamins, Trois semaines sans vous voir, j’ai cru que j’allais devoir contrôler les comptes du voisin. Heureusement, notre ASSE m’a rapporté trois points tout frais : six victoires en huit matchs, 19 unités dans la caisse et de nouveau la première place. Le Red Star reste à deux longueurs, juste assez près pour sentir notre haleine, pas encore assez pour partager le fauteuil. Si je ne Docteur Mabuse, et si on vise toujours 62 points minimum pour une montée en L1, il reste donc 43 points à encaisser. Ce n’est pas encore l’heure de faire sauter la caisse, mais ça commence à ressembler à un placement rentable. Et samedi prochain, chez le Red Star, évitez-moi les agios : un petit versement de trois points sera accepté sans justificatif. »

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Salut les Groupies,

C’est le retour de votre cowboy JossRandall, pour l’épisode 8, après le retour à la Victoire à la piaule, pour cet ASSERAF du 10 octobre au Chaudron, à nouveau festif et plein comme un œuf de Cane !

Je ne sais pas pour vous les amis, mais moi, trois semaines sans ASSE, j’ai trouvé ça long.
Long comme une revue de 14 juillet. Long comme une envie de pisser dans un enterrement … Ou dans un match avec 6 minutes de temps additionnel ! Et je ne vise personne en particulier. 😊

Assez pour oublier le goût du football, mais pas celui des deux points abandonnés à Metz, dans une partie à s’offrir des parties de remords comme même Hitler n’aurait pas réussi à en mettre sur pied.

Face au RAF de mon Gars Sur de l’Aubrac, que je salue au passage (on t’attend au GDB, mec !), les Verts ont toutefois repris leur route avec une victoire, plus nette au tableau d’affichage que dans le rétroviseur, mais parfaitement bonne à prendre avant d’aller faire les comptes chez le Red Star.

ASSE : BREUM SERVICE COMPRIS, BOAKYE PIÈCE MONTÉE

Le match d’abord.

Pendant une grosse demi-heure, notre ASSE a joué comme une équipe qui avait passé trois semaines à attendre qu’on lui rende son ballon. Retour à un gros collectif, une équipe plus affable que La Fontaine, du mouvement, de l’intensité, des courses croisées et un pressing suffisamment haut pour que Rodez ait parfois l’impression de disputer la rencontre dans une cabine téléphonique.

Et dès la cinquième minute, THIERNO_BALLO_CENTRE rate l’immanquable sur un excellent service de FERREIRA_ROCHER (le retour des soirées de l’Ambassadeur, que j’ai d’ailleurs trouvé plutôt bon hier). Seul devant le but, il envoie le ballon visiter les parties hautes de Geoffroy-Guichard. Un tir tellement au-dessus qu’il aurait pu revenir avec une photo satellite du stade. Ce qui m’a mis un petit coup de nostalgie dans la trompette, tant ça m’a renvoyé aux plus grandes heures d’Etienne MENDY et de Dominique CORROYER sous le maillot vert, grande époque pendant laquelle les pigeons qui survolaient le Chaudron n’en menaient pas large ! Et là, j’ai bien conscience de vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre

Mais notre BALI_BALLO a eu le bon goût de ne pas ruminer longtemps : dix minutes plus tard, RAVI_JAKOB_BREUM lui glisse un ballon tout à fait délicieux sur une passe aveugle, et il ouvre le score avec beaucoup plus de sang-froid.
Voilà donc BALLO_CENTRE revenu du purgatoire par le premier ascenseur. Tout ne fut pas parfait ensuite, car il a progressivement disparu de la circulation, mais son but récompensait une entame remarquable de l’ASSE.

Au centre de tout, il y avait encore BREUM_ISA_THOR, notre Dieu Nordique. Deux passes décisives, une lecture du jeu supérieure et cette faculté à trouver les intervalles comme s’il possédait le plan cadastral de la défense adverse. BREUM_DU_TIGRE ne joue pas seulement juste : il donne parfois l’impression d’avoir reçu l’action quelques secondes avant les autres. À ce niveau-là, ce n’est plus une vision périphérique, c’est un abonnement à la fibre.

Notre ASSE aurait cependant dû rentrer aux vestiaires avec davantage qu’un but d’avance. CARDONA_QUE_L’AMOUUUUR a multiplié les appels intéressants mais négocié plusieurs situations avec la précision d’un déménageur portant un aquarium dans un escalier en colimaçon. Ce Cardo-là travaille, court et propose, mais il lui manque actuellement la dernière décision, celle qui transforme une bonne action en ligne de statistiques, pour redevenir – toutes choses n’étant pas forcément égales par ailleurs – notre Irvin Diégo CAR_MARA_DONA.

Après la pause, le RAF a élevé le t(h)on [comme une mère Albacore] alors que notre ASSE a baissé le t(h)on [comme les poissonniers en période de soldes]. La différence physique s’est rapidement vue. Les Stéphanois, si intenses avant le repos, ont commencé à perdre les duels, les mètres et quelques certitudes. À la 51e minute, GAUTIER_LARSOUILLEUR nous sauve une première fois le cul en détournant une tête sur sa barre. Heureusement que quatre minutes plus tard, GORILLES_DANS_LA_BREUM sert BOA_KILL_BILL, qui exécute un sombrero avant de conclure d’un tir croisé. Un geste assez élégant pour entrer au musée, mais suffisamment violent pour que Rodez porte plainte contre l’art contemporain. C’est sûr que quand tu as deux mecs de ce niveau pour te gagner un match, c’est tout de suite plus facile.

Mais à 2-0, le match n’était pourtant pas terminé. LARSONNEUR_AUX_VAINCUS remporte un nouveau face-à-face à la 69e, puis son poteau lui sauve les miches deux minutes plus tard. Critiqué après Metz, le gardien titulaire de l’ASSE a cette fois répondu avec ses mains plutôt qu’avec une beigne à la caméra ou une sortie à l’Egyptienne en dehors de sa surface.

Un mot quand même à propos d’IL_ÉTAIT_UN_PETIT_NAÏR, qui a encore traversé quelques zones de turbulence. Fébrile sur plusieurs accélérations ruthénoises, il donne parfois l’impression de défendre avec une alarme incendie dans le casque. Heureusement, le match de patron de KEVIN_PEDRO_L’ÂNE a compensé. D’ailleurs à ce sujet, si JOÃO_FERREIRA_ROCHER reproduit sur la durée ce type de match, et comme il me semble que PEDRO est encore plus impressionnant en défense centrale qu’à droite, si j’étais à la place de CHICO_LAMBA_RRASDUCHOIX, je commencerais à me poser de vraies questions. Et surtout, je me grouillerais d’arrêter d’être blessé en permanence. Car il est des trains dans lesquels il devient difficile de monter à partir d’une certaine vitesse de roulement.

POINT_CATHRO_N’EN_FAUT POUR TIRER DES LEÇONS

C’est ici que ce match devient intéressant. Pas seulement parce que l’ASSE l’a gagné, mais aussi parce qu’il me semble que notre FIDÈLE_CATHRO a retenu la leçon de Metz, et parait moins dogmatique que son prédécesseur l’an dernier à la même époque.

Content de constater que le garçon sait s’adapter et que le jusqueboutisme aveugle n’existe pas plus chez lui que les caleçons longs dans la Garde Ecossaise.
Et même s’il est aussi Ecossais qu’Oscar Wilde était Irlandais, il a su faire sienne la maxime de ce dernier qui est en introduction à cette Chronique 346.

En Moselle, nos Verts menaient 2-0 et avaient terminé comme des touristes ayant oublié l’heure du dernier train. Le bloc avait reculé, les changements n’avaient rien stabilisé et l’ASSE avait fini par rendre deux points au guichet des objets perdus.
Cette fois, quand les jambes ont commencé à raccourcir et que Rodez a poussé, CATHRO_MOTRICES n’a pas attendu que le plafond tombe pour sortir le parapluie.

À la 80e minute, NATHAN_KASIA_ DE_PAPEL (merci Claudine !) remplace BEN_L’ONCLE_OLD, moyennement convaincant et surtout rincé. BERNIE_LE_DINGUE, plutôt correct au milieu jusque-là, recule alors d’un étage et l’ASSE recompose une ligne d’à peu près cinq avec FERREIRA, PEDRO, BERNAUER, NAÏR et KASIA. Ce n’était certes pas une déclaration d’amour au football offensif, mais il existe des moments où l’intelligence consiste moins à réciter son projet de jeu qu’à empêcher l’adversaire de démolir le chantier.

Vous l’avez compris, L’AUDI_CATHRO je l’aime bien (y compris dans ses debriefs intelligents après les matchs) donc je ne suis peut-être pas 100% objectif.
Mais sa vraie qualité samedi fut d’accepter ce que le terrain lui racontait. Son équipe avait beaucoup donné en première période. Après vingt jours sans compétition, les organismes n’avaient plus la même fraîcheur, GORILLES_DANS_LA_BREUM était sorti, LE_CSON_DE_LA_RIVIÈRE_GVAI tirait un peu la langue et Rodez multipliait les ballons vers la surface. Continuer exactement de la même manière aurait relevé non pas du courage, mais de l’entêtement avec option suicide.
CATHRO a donc corrigé en direct. Il a densifié l’axe, protégé un SOHAIB_IL_ÉTAIT_UN_PETIT_NAÏR en difficulté, rapproché les défenseurs et demandé à ses joueurs de gagner autrement.

Si l’ASSE ne contrôlait plus le ballon, elle contrôlerait au moins peut-être les espaces. On peut aimer les entraîneurs qui imposent toujours leurs idées ; on peut aussi apprécier ceux qui remarquent que leurs joueurs n’ont plus les jambes pour les appliquer.

Ce changement n’a pas rendu la fin de match magnifique, mais il l’a rendue adulte. La nuance est importante. Les Verts n’ont pas cherché un troisième but avec le couteau entre les dents et les lacets défaits : ils ont fermé la porte, poussé le verrou et rangé la clé dans la poche de LARSO. Rodez a frappé, mais personne n’a ouvert.

Après le naufrage partiel de Metz, cette adaptation vaut presque autant que le clean sheet. Elle montre que CATHRO sait apprendre d’une erreur, ce qui, dans le football moderne, constitue déjà une forme avancée d’intelligence artificielle.

LE TRAIN EST REPARTI, À VITESSE MAITRISÉE

Notre ASSE reprend donc la tête, retrouve la victoire et se présentera au Red Star avec deux points d’avance. Tout n’a pas été maîtrisé, mais tout a été compris : jouer fort quand les jambes le permettent, puis jouer juste quand elles commencent à négocier les heures supplémentaires.

À Metz, l’ASSE avait laissé la fenêtre ouverte. Contre Rodez, CHEZ_CATHRO_Y_A_TOUT_CE_QU’IL_FAUT a vérifié deux fois la serrure. Et pour une fois, personne n’est reparti avec l’argenterie.
Et nous, ça nous évite de nous lever aujourd’hui la tête dans les épaules, avec la bouille du sanglier réveillé en sursaut par une trompe de chasse.