Joueur majeur de la Ligue 1 au 21e siècle, Dimitri Payet a fait les beaux jours de l'ASSE entre 2007 et 2011. Auteur de bonnes performances qui l'ont amenées à l'équipe de France, le Réunionnais restera pour toujours le seul buteur du 100e Derby remporté par les Verts. Il est revenu sur cette soirée spéciale de septembre 2010 à Gerland.

Seul joueur de Ligue 1 a avoir inscrit plus de 100 buts (103) et délivré plus de 100 passes décisives (113) au 21e siècle (en 492 matches joués), Dimitri Payet est un acteur majeur du championnat de France. Hormis un passage à West Ham (Angleterre) entre l'été 2015 et l'hiver 2017 puis deux récentes saisons au Brésil (Vasco de Gama), le Réunionnais n'a joué qu'en France. Formé au Havre, il joue son premier match en professionnel avec le FC Nantes à Bordeaux, le 17 décembre 2005, avant de marquer son premier but trois semaines plus tard.

"L'un de mes critères de choix de clubs a toujours été le stade"

S'il prend de plus en plus de place du côté de La Beaujoire, il ne peut éviter la relégation en Ligue 2 de 2007. Un championnat qu'il ne jouera pas. En quête de bonnes affaires, l'ASSE n'hésite pas à miser quatre millions d'euros sur le jeune Payet, 20 ans à l'époque. Surtout, les Verts n'ont pas à convaincre l'offensif, qui trouve dans le Forez une condition non négociable.

"L'un de mes critères de choix de clubs a toujours été le stade. Partout où je suis allé, je me demandais d'abord si l'ambiance où j'allais jouer la plupart du temps allait être bonne, parce que c'était ma vision du football. Je ne pouvais pas concevoir le football sans ses ambiances", explique-t-il dans un reportage publié par la chaîne YouTube de la Ligue 1 mercredi 11 mars.

Arrivé jeune dans le Forez, Payet s'entend rapidement avec Bafétimbi Gomis, qui lui adresse d'ailleurs un message : "Je me rappelle quand on t'a accueilli à Saint-Étienne, tu arrivais de Nantes avec ta maman qui nous a longtemps encouragés. C'était ton premier transfert, avec une adaptation difficile mais tu as montré à tout le monde à quel point du étais talentueux." À l'ASSE, le numéro 7 de l'époque dispute 129 matches en Ligue 1, pour 19 buts et 20 passes décisives. Il y découvre également la Ligue Europa, avec dix matches pour trois buts et cinq passes décisives.

"Quand je pose le ballon, je ne sais pas encore ce que je vais faire"

"À Saint-Étienne, j'ai passé un cap. J'ai senti qu'il y a un peu plus de pression sur mes épaules, notamment à cause du transfert", reconnaît Payet, qui reste probablement dans les mémoires stéphanoises pour un match entré dans l'Histoire du club. Le 10 septembre 2010, l'ASSE joue à Gerland le 100e Derby de la rivalité entre Lyon et Saint-Étienne. Les Verts sont alors en haut du classement quand leur adversaire est dans la zone rouge. Le reste est raconté par le principal intéressé.

"Sur le match, on est dominés, il faut le dire, ils font un gros match. On a Jérémy Janot qui est en feu mais même moi, je sauve deux ballons sur la ligne, se souvient d'abord Payet, qui reste sur un début de saison canon (six buts en six journées dont un triplé face à Lens). Et arrive ce coup franc, en fin de match. On n'a pas eu énormément d'occasions donc je me dis qu'un coup de pied arrêté peut être une occasion de les mettre en difficulté. Quand je pose le ballon, je ne sais pas encore ce que je vais faire : centre ou tir (finalement, coup franc direct et but, 75')."

Une semaine de rêve, entre ASSE et équipe de France

Le choix de frapper directement est le bon, le millier d'amoureux des Verts présents en parcage explose. Pour la première fois depuis avril 1994 (depuis février 1993 à Gerland), l'ASSE s'offre une victoire face à l'OL. "C'est le Derby, à Saint-Étienne, c'est vraiment attendu. Le match se termine, on passe en tête du championnat alors que Lyon est relégable. On est dans un état de joie parce que c'est le centième Derby. Janot, c'est encore plus symbolique pour lui parce qu'il sait plus que tout le monde combien cette victoire est importante. Ça faisait des années que Saint-Étienne n'avait pas gagné contre Lyon", sourit Payet.

Et pour le Réunionnais, cette semaine de septembre 2010 est vraiment particulière : "Quatre jours plus tard, il y a la liste de Laurent Blanc qui tombe. Et je suis dedans pour le première fois (première sélection en équipe de France le 30 septembre 2010). Ça reste une semaine... Ça fait partie de mes moments les plus forts à Sainté." Et un souvenir impérissable dans les mémoires des supporters de l'ASSE, qu'il quittera pour Lille à l'été 2011 !