Toujours 14e malgré les premiers effets du régime Grégory Poirier, le FC Nantes affronte l’ASSE ce samedi avec l’ambition de frapper un grand coup. Après un début de saison compliqué et la défaite contre Dunkerque (2-3), les Canaris espèrent relancer une machine grippée. Loïc Folliot, journaliste pour Ouest France, a répondu à nos questions sur la forme des Nantais.
Comme l’ASSE il y a quelques années, le FC Nantes souffre des pathologies du relégué. Dans une situation instable, Grégory Poirier, qui a succédé à Michel Der Zakarian fin août, essaie de redresser la barre d’un effectif taillé pour jouer les premiers rôles.
Mais les Canaris ont concédé la défaite contre Dunkerque (2-3), malgré plusieurs signaux positifs envoyés à Boulogne (victoire 1-2) puis contre Metz (0-0). Dans une ambiance de grand soir, ce choc entre deux monuments du football français a tout d’un match piège pour l’ASSE.
Comment expliquer le début de saison compliqué du FC Nantes, lanterne rouge jusqu’à la 4e journée ?
« Il faut revenir à l’été dernier, au soir de la descente. Nantes change une nouvelle fois de coach : c’est Michel Der Zakarian qui est appelé à la rescousse, avec l’objectif de remonter. Mais la saison a commencé avec un recrutement incomplet, notamment pour les rôles de piston. Il n’aura fait que trois matchs, avec cette défaite 2-5 contre Rodez. C’était l’humiliation de trop. Le projet était construit sur des sables mouvants. Au bout d’un moment, on ne pouvait que finir par s’enliser.
Comme Saint-Étienne quand le club descendait en Ligue 2, les Nantais pensaient que ça allait venir d’un coup de baguette magique. Ils n’ont pas du tout pris la mesure de ce que pouvait être la Ligue 2. Mais on sent quand même que cette équipe a probablement la qualité et le potentiel pour faire mieux. »
Le nouvel entraîneur, Grégory Poirier, est-il parvenu à redresser la barre ?
« Grégory Poirier reprend Nantes alors que le club est relégable. Il a pris 7 points sur ses 4 premiers matchs. Il a obtenu des joueurs de couloir que Der Zakarian n’a pas eus, avec Riyad Hachem et Fodé Doucouré, mais aussi Balthazar Pierret, et au dernier moment Thomas Robinet. Surtout, Poirier a pris une décision forte, en remettant Patrik Carlgren dans le but, lui qui n’était que le numéro 3 lors des deux dernières saisons.
Concernant le système, c’est un habitué des défenses à trois. Mais il ne l’a instauré que lors de la victoire étriquée à Boulogne (1-2). Après ce match et le bon nul à Reims (0-0), on voyait en Dunkerque l’occasion de démontrer la montée en puissance des Canaris. Finalement, rien de tout ça (ndrl : défaite 2-3, après avoir ouvert le score). Nantes a pris deux buts avant la mi-temps sur des phases de transition (38e, 43e). C’est peut-être dû à un manque d’automatismes, parce que c’est une défense qui se découvre, qui ne doit avoir que trois matchs en commun cette saison dans ce dispositif. Donc il faut aussi que la mayonnaise prenne. »
Comment les Nantais peuvent-ils renverser l’ASSE ce samedi à Geoffroy-Guichard ?
« Si Sainté prend le FC Nantes à la gorge et que Nantes n’arrive pas à ressortir les ballons, à un moment ou un autre, avec la qualité offensive des Stéphanois, ça devrait passer. Encore une fois, si le FC Nantes fait plus que résister pendant les 15-20 premières minutes, est-ce que ça ne va pas susciter une forme d’impatience dans les rangs stéphanois ? Même s’ils savent gagner en étant un peu moches.
Il y a toutefois un manque de vitesse dans cette défense. Saidou Sow est un faux rapide. Lucas Perrin est vraiment lent. Kelvin Amian également. Il y a clairement des espaces à trouver dans le dos de cette défense.
Mais l’ambiance de Geoffroy-Guichard pourrait être le moteur. Je ne serais pas surpris que Grégory Poirier évoque justement le contexte pour essayer de trouver les mots susceptibles de mobiliser son équipe. »


