Accueil » Jacques Pauly : un repreneur qui n’en serait pas à sa première imposture !
Actualité

Jacques Pauly : un repreneur qui n’en serait pas à sa première imposture !

Jacques Pauly, dont le journaliste Bernard Lions avait largement contribué à ce qu’il soit connu du grand public après lui avoir accordé une superbe double page dans l’Equipe un week-end de match en avril 2016, souffre d’une réputation plus que sulfureuse. Un article de La Croix nous permet d’exhumer une sombre affaire de reprise de plusieurs clubs professionnels de football, basket ou rugby… Ainsi, Georges Pérès expliquait en 1997 de quelle manière il avait été floué par Jacques Pauly et son associé Bruno Battisti. Edifiant ! Alors que Jacques Pauly indiquait dernièrement vouloir attaquer les présidents de l’ASSE en justice, il semblerait que ce dernier ait la mémoire bien courte… Heureusement, le projet de reprise présenté par Jacques Pauly fait plutôt sourire du côté de l’ASSE

Article de La Croix paru le 25 octobre 1997

Folle histoire. Qui commence le premier avril dernier ! Georges Pérès reçoit un coup de téléphone : un nouveau sponsor propose de parrainer son club. Georges Pérès préside en effet depuis un an le BAC Mirande (Gers), prestigieuse équipe de basket féminin championne de France en 1988, 1989 et 1990. L’offre de partenariat est alléchante : 500 000 F par an, sur cinq ans. Une bouffée d’oxygène pour Mirande.

Le club, depuis quelques années, navigue entre les déficits. En 1996, municipalité, département et région ont lâché 750 000 F pour remettre les compteurs à zéro. Au terme de la saison, le BAC a terminé cinquième du championnat de France, et maîtrisé son budget (1,7 million de francs). Un nouvel apport financier permettrait de rebondir avec l’ambition de retrouver le palmarès d’hier.

Les semaines passent. Mais d’argent, point.

En mai, Georges Pérès rencontre Bruno Batisti, retraité d’une banque, auteur du premier coup de téléphone, et Jacques Pauly, 53 ans, patron d’une société baptisée Groupe X 3. « M. Pauly se présente comme un investisseur travaillant avec des pays de l’Est, raconte aujourd’hui Georges Pérès. Il possède des mines au Kirghiztan, et m’affirme disposer d’1,3 milliard de dollars, des capitaux de 62 banques américaines qui soutiennent son action de développement économique dans ces régions. Pour la promouvoir, il veut sponsoriser Mirande, le club de football de Rouen, et une équipe de rugby à déterminer. Il se montre très convaincant, et gonfle son offre à 2,5 millions de francs par an. »

Le 24 juin, Georges Pérès signe seul un contrat sur ces bases, avec la société Meeting Point de Bruxelles, intermédiaire chargée du transfert des fonds. Premier versement prévu, le 17 juillet.

En attendant, le président établit un nouveau budget prévisionnel (2,5 millions de francs) et recrute des joueuses. Les semaines passent. Echanges de fax, de coups de téléphone. Mais d’argent, point.

Début septembre, après trois journées de championnat, les joueuses ne sont toujours pas payées. « M. Batisti m’annonce alors que 500 000 F ont enfin été virés sur notre compte. Je ne vérifie pas, reconnaît Georges Pérès, et je fais mes chèques. » Evidemment en bois. Colère des joueuses, qui se mettent en grève. Le président est finalement démissionné, et les huit joueuses, ne pouvant obtenir de garanties, plient bagage. Fin septembre, le BAC Mirande n’est plus qu’un club virtuel.

Jacques Pauly, et son « associé » Jacques De Clercq, patron de Meeting Point et ancien gros actionnaire du quotidien Le Soir de Bruxelles (il a revendu ses parts dans le journal en 1986 à Robert Hersant), continuent pourtant à promettre monts et merveilles à Georges Pérès. Une habitude. Depuis un an et demi, les deux hommes font de même avec le Football Club du grand Rouen (FCGR).

Après avoir repris le FCGR au lendemain d’un dépôt de bilan en août 1995, son président, Claude Batel, cherche un financement. Pauly et De Clercq débarquent. En avril 1996, le dirigeant signe avec Meeting Point un contrat portant sur 80 millions de francs sur cinq ans. Fort de cette aide assurée, il élabore un budget de 7,5 millions. « Depuis, le versement est reporté de semaine en semaine, se plaint le président. J’ai été berné. Je suis dans une sale situation. »

On compte plus d’une dizaine d’affaires de ce type.

Depuis plus d’un mois, Jacques Pauly est injoignable. Sa société, Groupe X 3, est apparemment insaisissable. « Elle est en cours de formation », croit savoir Claude Batel. On trouve pourtant trace du bonhomme en 1991 à Bordeaux. Jacques Pauly s’était manifesté auprès de Jean-Pierre Derose, alors président des Girondins de Bordeaux en quête d’appuis financiers. Il proposait 200 millions de francs. Qui ne viendront jamais, poussant Derose à démissionner. Un rapport de police de mai 1991 recense d’ailleurs plus d’une dizaine d’affaires de ce type dans lesquelles Jacques Pauly promet, parfois obtient même des fonds de ses partenaires « futurs », avant de disparaître.

Quant à Meeting Point, la société est bien enregistrée au registre du commerce de Bruxelles depuis 1990. Mais à son adresse, un bureau vide, sans téléphone. Jacques De Clercq travaille de chez lui, à 150 kilomètres au sud-est de Bruxelles, avec son fils Eric. « Nous sommes une filiale de Groupe X 3 », nous assure ce dernier. L’argent pour Mirande et Rouen ? « Difficile de le débloquer. Nous y verrons plus clair à la fin de la semaine. Il faut attendre. »

Le club de Rouen est en dépôt de bilan depuis le 14 octobre. Le BAC Mirande devait annoncer sa disparition pure et simple ce vendredi.

Poster un Commentaire

Veuillez Connexion pour commenter
avatar
  S’abonner  
Notifier de

Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désabonner si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite