Grenoble sait précisément ce qui l'attend samedi soir à Geoffroy-Guichard. Après un début de championnat timide, le GF38 veut s'appuyer sur son nul face à Metz pour franchir un nouveau cap. Yohann Magnin, l'un des joueurs expérimentés du groupe d'Olivier Frapolli, refuse surtout que les Isérois se présentent dans le Forez avec un complexe d'infériorité.
Arrivé à Grenoble cet été après une saison au CSKA 1948 Sofia, Yohann Magnin a rapidement pris une place importante dans le nouveau projet grenoblois. Le milieu de 29 ans possède plus de 270 rencontres professionnelles, dont 93 en Ligue 1 et 90 en Ligue 2. Formé à Clermont, il avait déjà été désigné capitaine lors du premier match amical de Grenoble cet été. Son expérience doit désormais servir un effectif largement renouvelé. Après la défaite à Dunkerque (4-2), le GF38 a retrouvé davantage de stabilité contre Metz (0-0). Le Dauphiné Libéré relevait déjà une équipe plus consistante et plus solide lors de cette deuxième journée. À Saint-Étienne, Magnin s'attend toutefois à un tout autre contexte.
ASSE - Grenoble : Magnin veut regarder les Verts dans les yeux
Yohann Magnin ne cache pas l'attrait de l'affiche. Si le milieu grenoblois tente de replacer la rencontre dans le cadre classique d'une journée de championnat, il reconnaît que Geoffroy-Guichard change forcément quelque chose.
"Qu'on aille à Saint-Étienne ou à Laval, pour nous, dans la tête, c'est pareil. Mais après, c'est sûr que Saint-Étienne, ça fait partie des beaux stades et des grosses écuries du championnat."
Le samedi soir dans le Forez reste un rendez-vous particulier. Magnin résume son sentiment : "Si on n'a pas envie de jouer à Saint-Étienne un samedi soir en Ligue 2, il faut changer de métier."
L'ancien Clermontois sait aussi que certains de ses jeunes coéquipiers découvriront un environnement auquel ils sont peu habitués. "Il ne va pas falloir être surpris, comme on l'a été un peu à Dunkerque, par la vitesse du jeu, l'intensité, le public aussi."
Même avec les deux kops concernés par le huis clos partiel, Magnin ne s'attend pas au silence : "Je crois que les kops sont fermés, mais il y aura quand même du bruit. Donc, des fois, on ne s'entendra pas forcément comme on a pu s'entendre depuis le début de saison."
"On sait à quoi s'attendre" face à l'ASSE
Le message adressé au vestiaire grenoblois porte surtout sur l'entame. Olivier Frapolli avait déjà insisté sur ce point dans sa conférence de presse. Son milieu relaie exactement la même préoccupation. "Il va falloir vite se mettre dans le match et ne pas être surpris parce que ça va aller vite d'entrée, je pense."
L'ASSE arrive avec deux victoires en deux journées et six buts inscrits. Grenoble, de son côté, vient seulement d'ouvrir son compteur avec le nul obtenu contre Metz. Le club isérois se déplace donc chez le leader avec une dynamique différente. Magnin ne veut pourtant pas voir son équipe se contenter d'attendre. "On sait qu'on a une équipe en confiance. On sait que c'est une équipe qui ne va pas gérer le match, qui va se donner à 100 %, qui va vouloir nous mettre la pression, aller nous chercher haut."
Grenoble a travaillé cette semaine pour répondre à cette agressivité : "On sait à quoi s'attendre sur le début de match. À nous de trouver les armes. On a travaillé des choses toute la semaine qu'on va essayer de mettre en place."
L'état d'esprit du Grenoblois est positif : "Je pense qu'on va avoir quand même une carte à jouer à un moment donné. Il faut y aller pour ça de toute façon." Et Magnin insiste : "On y va en conquérant quand même aussi."
Grenoble ne veut surtout pas seulement subir
Le GF38 connaît néanmoins le rapport de force. Magnin admet volontiers que Saint-Étienne pourrait avoir davantage le ballon. Cela ne doit pas condamner son équipe à une rencontre passée devant sa surface. "On sait très bien qu'à Saint-Étienne, avec toute l'ambition qu'on a, on ne va pas avoir le ballon tout le match. Et peut-être que même Saint-Étienne aura un peu plus la balle, mais ce n'est pas grave."
Grenoble cherche encore ses automatismes. Nouveau staff, nombreuses recrues, nouvelle colonne vertébrale : le projet lancé cet été par Olivier Frapolli demeure en construction. Magnin fait partie des nouveaux visages majeurs de cette équipe, avec Maël Corboz dans l'entrejeu. Le club l'a recruté en juin après son expérience bulgare et son long passage à Clermont.
La première journée a d'ailleurs montré les limites actuelles du collectif. Magnin parle sans détour du déplacement à Dunkerque : "On a fait un non-match." Il poursuit : "On n'avait jamais été autant dedans, autant absents, autant dépassés."
Le nul contre Metz a changé certaines choses : "C'était important de se rassurer dans le contenu." Selon lui, Grenoble a appris à mieux traverser ses périodes difficiles : "On a moins paniqué. On s'est mis un peu plus bas, on a plus géré."
magnin lance le message avant le déplacement à Saint-Étienne
Grenoble n'arrive pas à Geoffroy-Guichard dans une situation confortable. Un point après deux journées, une équipe encore en construction et un déplacement chez une ASSE qui a parfaitement lancé sa saison : le défi est redoutable.
Mais Yohann Magnin ne veut pas voir le GF38 transformer cette difficulté en excuse. "On ne se met pas la pression, mais on sait qu'à un moment donné, il va falloir qu'on avance aussi dans le championnat, et je pense que c'est une bonne occasion samedi."
Le discours rejoint celui d'Olivier Frapolli : Grenoble veut tenir face à l'intensité stéphanoise sans renoncer à jouer. Et Magnin sait quelle sera la première condition pour espérer exister dans le Chaudron : ne pas laisser l'ASSE installer immédiatement son match. "On sait à quoi s'attendre." Samedi soir, les Grenoblois devront désormais montrer qu'ils étaient effectivement préparés.
