Alors que la menace de dissolution plane toujours sur plusieurs groupes de supporters stéphanois, le débat autour de leur place dans le football français prend une nouvelle ampleur. Entre volonté politique de fermeté et réalité du terrain, les positions divergent. Certains acteurs proches du milieu ultra appellent à une approche plus mesurée, loin des décisions radicales. C’est notamment le cas de Pierre-Jean Rochette, observateur privilégié depuis plus de vingt ans.

Habitué à côtoyer les supporters de l’AS Saint-Étienne à travers son activité professionnelle, le sénateur ligérien livre une analyse nuancée de la situation. Pour lui, les récents incidents ne doivent pas masquer la réalité globale : celle d’un mouvement structuré, ancré localement et majoritairement pacifique. S’il ne nie pas les débordements ponctuels, il remet en question la pertinence des réponses institutionnelles actuelles, jugées trop brutales et parfois déconnectées du terrain.

Au cœur de sa réflexion, une conviction : dissoudre ne résout rien. Au contraire, cela pourrait fragiliser un équilibre déjà précaire et priver les autorités d’interlocuteurs identifiés. Rochette plaide ainsi pour un encadrement plus strict mais aussi plus intelligent du rôle des supporters, estimant que leur contribution à la vie des stades reste essentielle.

Pierre-Jean Rochette : « Encadrer le rôle des supporters avec des règles très claires »

Pierre-Jean Rochette après le déplacement à Grenoble : « Je n’ai pas compris la manœuvre ce jour-là. Il y a eu une erreur dans l’itinéraire qui a entraîné ces débordements. Mais, plus largement, dissoudre les mouvements ne va pas empêcher les gens violents d’aller au stade. Je préfère qu’on encadre le rôle des supporters avec un règlement très clair. Pour moi, ces commissions sont inefficaces. Et puis, ce ne sont pas non plus des terroristes que l’on transporte. En 20 ans, je n’ai jamais eu de problème majeur avec eux. Ces gens apportent beaucoup au club, par leur capacité à animer les tribunes. Quant à la question de la pyrotechnie, j’y suis favorable, accompagné d’un cadre plus formel. »

Source : Le Progrès