Avant sa 140e assemblée générale, l’International Football Association Board (IFAB) avait laissé filtrer plusieurs pistes de réforme présentées comme une véritable révolution des lois du jeu. L’objectif était clair : fluidifier les rencontres, réduire les pertes de temps et corriger davantage d’erreurs manifestes grâce au VAR.
Réunie au pays de Galles, l’instance a finalement validé une série de mesures qui entreront en vigueur dès la Coupe du monde 2026, puis seront appliquées à l’ensemble des compétitions à partir de la saison 2026-2027. Si toutes les idées initiales n’ont pas été étendues au maximum, l’essentiel des propositions a été confirmé, comme l'explique le journal L'Equipe.
L'IFAB valide un compte à rebours pour accélérer le jeu
Parmi les mesures les plus commentées figurait l’instauration d’un compte à rebours de cinq secondes afin de lutter contre les gains de temps sur les remises en jeu et les dégagements. Le principe est désormais acté. Si l’arbitre estime qu’un joueur tarde excessivement à effectuer une touche ou un dégagement, il pourra enclencher un décompte visuel ou virtuel de cinq secondes. En cas de dépassement, la sanction sera immédiate : la touche sera rendue à l’adversaire ou le dégagement transformé en corner.
Cette mesure s’inscrit dans la continuité des tentatives déjà mises en place pour limiter la conservation abusive du ballon par les gardiens.
Des remplacements encadrés sous peine d’infériorité numérique
Autre proposition validée : la limitation du temps accordé aux joueurs remplacés pour quitter le terrain. Désormais, un joueur disposera de dix secondes après le signal de l’arbitre pour sortir. S’il dépasse ce délai, son remplaçant devra attendre le prochain arrêt de jeu pour entrer, obligeant son équipe à évoluer temporairement en infériorité numérique. Cette règle vise à supprimer les sorties lentes utilisées pour casser le rythme en fin de rencontre.
L'IFAB introduit une extension ciblée du protocole VAR
Concernant l’assistance vidéo, l’IFAB a confirmé une extension mesurée mais significative du protocole.
Le VAR pourra intervenir dans trois situations supplémentaires, à condition qu’il existe une erreur manifeste :
- Un deuxième carton jaune attribué à tort entraînant une exclusion.
- Un carton distribué au mauvais joueur ou à la mauvaise équipe.
- Un corner accordé à tort, si la correction peut être effectuée immédiatement sans retarder la reprise du jeu.
Si certains espéraient une révolution plus large du système vidéo, l’instance a choisi une approche progressive afin d’éviter une interruption excessive des rencontres.
Une pause obligatoire pour les joueurs soignés
La lutte contre les « blessures tactiques » faisait également partie des propositions initiales. Cette mesure a été validée. Tout joueur nécessitant l’intervention du staff médical devra quitter le terrain pendant au moins une minute avant de pouvoir revenir. L’objectif est de dissuader les interruptions stratégiques destinées à casser le rythme du match. Les gardiens ne seront toutefois pas concernés par cette règle.
Si le terme de « révolution » avait circulé avant la réunion, les décisions finales traduisent surtout une volonté d’ajustements plutôt pragmatiques. L’IFAB entend accélérer le jeu, renforcer l’équité et responsabiliser les acteurs sans bouleverser l’essence du football. La Coupe du monde 2026 servira de premier grand test pour ces nouvelles lois. Leur efficacité déterminera, à terme, l’évolution durable du jeu à l’échelle mondiale.