Ancien joueur de l’AS Saint-Étienne, Michel Platini n’a jamais été un homme de demi-mesure. Dans un entretien accordé au Guardian, l’ex-président de l’UEFA a livré une charge frontale contre le président de la FIFA, Gianni Infantino, qu’il accuse d’avoir transformé l’instance mondiale en une organisation de plus en plus fermée et autoritaire.

Platini, 70 ans, estime que son ancien collaborateur a profondément changé depuis son accession au sommet du football mondial. « C’était un bon numéro deux, mais pas un bon numéro un », affirme-t-il sans détour, avant de pointer ce qu’il considère comme un trait central de la gouvernance d’Infantino : « Il a un problème, il aime les riches et les puissants, ceux qui ont de l’argent. C’est dans sa nature. »

« Infantino est devenu autocrate depuis la pandémie »

Président de l’UEFA entre 2007 et 2015, Platini avait côtoyé Infantino lorsque ce dernier occupait le poste de secrétaire général. Selon lui, l’évolution du pouvoir au sein de la FIFA s’est accélérée après la crise sanitaire. « Malheureusement, Infantino a viré autocrate depuis la pandémie », assène l’ancien meneur de jeu des Bleus, triple Ballon d’Or.

Plus sévère encore, Platini va jusqu’à comparer la situation actuelle à celle de l’ère Blatter, pourtant largement critiquée. « Il y a moins de démocratie qu’à l’époque de Sepp Blatter. On peut dire ce qu’on veut de lui, mais son principal défaut était de vouloir rester à vie. C’était une bonne personne pour le football », affirme-t-il, dans une déclaration qui ne manquera pas de faire réagir.

Une présidence de la FIFA qui lui « était destinée »

Au fil de l’entretien, Michel Platini revient aussi sur sa mise à l’écart du pouvoir mondial en 2015, au moment où il se voyait succéder à Blatter. « J’étais destiné à devenir président de la FIFA. Tout ça s’est passé parce qu’ils ne le voulaient pas », estime-t-il, évoquant la suspension dont il a été l’objet comme une décision politique. « Cette suspension était une grave injustice. Un groupe de personnes a décidé de me tuer », lâche-t-il.

Acquitté définitivement dans l’affaire du paiement controversé de deux millions de francs suisses, l’ancien capitaine des Bleus dit n’avoir jamais douté de son innocence. « Je savais qu’au final, il n’y aurait rien. Je me suis toujours senti en paix avec moi-même », confie-t-il, tout en reconnaissant l’impact de cette période sur sa famille.

« La FIFA aurait dû se soucier du football, pas de la politique »

Platini conclut en livrant sa vision d’une FIFA alternative, celle qu’il aurait voulu incarner. « Avec moi, la FIFA serait devenue une organisation qui se soucie du football, et non de la politique », affirme l’ancien Stéphanois.

Des propos rares par leur virulence, qui replacent Michel Platini au cœur du débat sur la gouvernance du football mondial. Et qui rappellent que, même éloigné des terrains et des instances, l’ancien Vert n’a rien perdu de son franc-parler.