UNE BELLE ROUDOUROUSTE ! – ASSE

 « Essayer encore. Rater encore. Rater mieux. » Samuel Beckett, Cap au pire

« L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. » Antoine de Saint-Exupéry, Terre des hommes

THE FINAL COUNTDOWN DE MICHELINE (DE LA COMPTA) ROAD TO LIGUE 1 = 62 – 25 = -37 POINTS:

« Salut les Gamins ! Alors là, mes petits lapins, Micheline a recraché son café sur le tableur. Zéro point en Bretagne, vingt-cinq au compteur et Montpellier à une longueur, comme un huissier dans l’escalier. Trois victoires de suite, puis trois buts encaissés : drôle de règle de trois, et ça ne fait rire que les Bretons. On reste premiers, oui, mais avec un point d’avance ; le matelas est devenu une serviette de bain. Ma projection est tombée de 85 à 77 points, ce qui prouve qu’un tableau Excel encaisse aussi les gifles. Heureusement, Pau, troisième, est encore à cinq longueurs. Bisous les gamins, et surtout, avant de pleurer, vérifiez qu’on n’a pas perdu la saison ! »

Salut les Groupies,

C’est le retour de votre cowboy JossRandall, pour l’épisode 11 de la saison, après ce Guingamp-ASSE (3-0) du 31 octobre.
Et Dieu sait que je n’aime pas cette période de la Toussaint, la fête de Morts, le retour du froid, la découverte de trous dans les pulls, et les défaites de l’ASSE …
Soir d’Halloween, déguisement imposé : nos Verts avaient choisi la passoire, et le costume leur allait comme un gant. Disons-le sans détour : ce n’était pas une défaite, c’était un cours magistral de ce qu’il ne faut surtout pas faire. Un 3-0 qu’on peut appeler, en toute amitié, une franche Roudourouste, un vieux coup de biniou sur la cafetière en terre bretonne, le royaume de la galette-saucisse.

Nos verts eux, sont repartis de Roudourou avec la galette dans la bouche et la saucisse dans le … moral.

NAUFRAGE BRETON EN TROIS ACTES

Après trois victoires sans encaisser, nos Verts arrivaient en Bretagne avec l’assurance d’un turfiste qui vient de toucher trois fois et commence à conseiller tous les mecs qui entrent au PMU du coin. La possession s’installe, les passes circulent, mais l’ASSE tricote un pull dont personne ne veut.

Bienvenue à ROUDOUROU, où la possession sert à fifre.

65 % de possession, 18 tirs (mais seulement deux cadrés, dont le premier à la 70ème …), 11 corners. Des statistiques de leader, mais qui se lisent comme le relevé de compte d’un chômeur : beaucoup de mouvements mais rien qui rentre. L’ASSE a occupé le terrain comme un propriétaire occupe un terrain constructible : en le regardant longtemps, sans jamais y poser une seule brique.

BREUM_ISATHOR, notre Dieu Nordique qui marque un peu le pas en ce moment, a quand même trouvé le poteau à la 27ème, THIERNO_BALLO_CENTRE nous a gratifié d’un numéro de patinage artistique (technique correcte, présentation catastrophique), et ZURIKO_DAVID_EST_CHEVELU a confirmé un début de saison décevant : une crinière de lion, une finition de chaton. Pendant un petit moment, le match tient encore sur un fil, mais les Verts s’en servent pour se pendre tout seuls. Et à la 37e, Ben Brahim prend le meilleur sur le tracteur CARDINAL_PACINO et Kielt (en hommage à notre coach écossais, sans doute) glisse le ballon entre les jambes du GRAND_MAMOUR_DE_MA_VIE, qui lui aurait été bien inspiré de mettre quelque chose sous son Kilt. Guingamp avait besoin de trois passes quand l’ASSE en avait déjà fait trois cents pour chercher la notice. Un tour de magie aussi propre, à Halloween, on aurait aimé le voir ailleurs que dans notre but.

Le tour de Magie de L’AUDI_CATHRO à la mi-temps lui, avec son triple changement, n’a impressionné personne, et on n’a pas eu de bonbons, car c’est bien L’EN AVANT SIMONE qui doublait la mise dès la 50e. Une frappe de loin, belle comme un coup de fusil, que MAMOUR_A_LA_CAGE (AHOU CHACHACHA !!), pas trop dans sa cage d’ailleurs, voit arriver avec la sérénité d’un facteur découvrant un chien sans laisse. 2-0 : le réveil sonne, mais c’est le voisin qui se lève ! Et pour que la fête soit complète, Samoura frappe à la porte pour gagner ses bonbecs à la 85e. Trois à zéro, et personne ne pourra prétendre que le résultat a été imprimé à l’envers.

Notre ASSE a bien essayé de « réagir », mais mollement. Guingamp a gentiment refermé les volets et laissé les visiteurs du soir parler au judas.

Mais au-delà de ces quelques trop rares tentatives, ce fut la grande foire aux fantômes : IL_ÉTAIT_UN_PETIT_NAÏR retrouvait son ancien club avec la fébrilité d’un divorcé croisant son ex au supermarché. Il est costaud le garçon c’est certain … mais bon, si le merveilleux Michel Audiard faisait dire à Lino Ventura dans 100.000 Dollars au Soleil : « Quand les types de cent trente kilos disent certaines choses, ceux d’soixante kilos les écoutent… », il y a quand même pas mal de fois où les mecs de soixante kilos courent beaucoup plus vite que ceux de cent trente quoi … D’ailleurs si CHEZ_CATHRO_Y_A_TOUT_CE_QU’IL_FAUT, il va falloir honnêtement se poser la question à propos de cette charnière certes solide, mais lourde comme la paupière d’un gendarme aux aguets, face aux équipes qui jouent dans le dos et à mille à l’heure en transition. Enfin moi je dis ça … je ne suis pas coach professionnel hein !! 😊 Mais j’ai quand même dans l’idée que la vitesse de PEDRO_L’ÂNE ferait du bien dans l’axe, quand les lombaires se figent.

BOAKILL_BILL lui, a joué les spectres (on a vu le drap, jamais l’homme). BERNIE_LE_DINGUE, récemment patron de chantier, avait égaré les clés de la bétonnière. Quant à notre jeune gardien, il a montré ses limites sur les deux derniers buts. Il apprend, c’est son droit, et c’est normal. Mais il faudrait quand même qu’il apprenne assez vite, notamment sur ses placements sans ballon. Car dans l’absolu, le leader de la division n’a pas vocation à servir de cour d’école.

L’ART DE TOUCHER À LA RECETTE QUAND LE SOUFFLÉ MONTAIT – ASSE

Le tableau est cruel : 65 % de possession, beaucoup de tirs, mais peu de danger durable. On peut garder le ballon et passer son temps à se demander quoi en faire. La statistique, c’est comme le parfum : ça peut masquer les choses, mais ça ne les rend pas plus propres pour autant. L’ASSE n’a pas manqué de ballon ; elle a manqué d’angles, d’appels, de duels gagnés, de sortie de pressing, et de cette première passe verticale qui fait courir l’adversaire au lieu de faire applaudir les statistiques.

Et c’est là que les questions viennent s’installer à la table. J’aurais pu appeler ce chapitre « LES CHOIX ET LE CHAOS ».

Mon IAN_CATHRO_MOTRICES des dernières semaines est devenu, samedi soir pendant et après le match, CATHRO_MOTS_TRISTES. Et on le comprend : quand on a bricolé la maison en pleine tempête, on a de quoi avoir la voix qui tremble. J’ai dit depuis dix chroniques que c’était un tout bon, et je ne retire rien. Mais un tout bon qui se plante, ça mérite qu’on le dise tout haut. J’ai toutefois aimé de le voir après le match sombre et en colère, le visage fermé comme le porte-monnaie d’un Ecossais, ça promet des murs qui tremblent à l’Etrat cette semaine. Et c’est très bien. Il m’a semblé aussi entendre entre ses lignes le poil d’autocritique sur ses propres choix, qui confirmerait qu’il n’a pas la tête remplie de sable fin.

D’abord, CARDONA_LISA sur le banc pour la première fois de la saison, quand on nous expliquait qu’il pouvait finir meilleur buteur de la division. Ça interroge. C’est comme envoyer le meilleur pâtissier faire la vaisselle, ça donne rarement une tarte dorée ni l’excellente mousse au citron de mon GroLul de frère, qui m’a amélioré cette sombre soirée. Ensuite FERREIRA_ROCHER déplacé à gauche, sur son mauvais pied, averti rapidement et rappelé à la pause comme un colis mal adressé. Et puis ZURIKO_DAVID_EST_CHEVELU, dont j’ai pourtant moi-même réclamé la titularisation ces dernières semaines pour faire souffler BALLO_TAGE_FAVORABLE, et bien sur les deux derniers matchs, c’est un échec spectaculaire. J’en suis même à me demander si ses qualités sont bien faites pour ce système de jeu, ce projet et ce coach.

Et à la mi-temps, trois changements d’un coup, puis encore deux 20 minutes plus tard : même si on soulignera qu’au moins, il a essayé d’agir, quand on rebat les cartes à ce point et aussi tôt, c’est que le onze de départ relevait probablement de l’erreur de casting.

En restant positif, on soulignera quand même que les entrées positives de JABERLIPOPPETTE et de BEN_L’ONCLE_OLD donneront au coach des pistes de réflexion.

Mais le plus troublant reste la réaction après le premier but. Notre ASSE perd sa structure, s’éparpille, attaque avec l’urgence d’un client qui voit le dernier bus fermer ses portes. Les trois changements montrent que Cathro a voulu secouer le meuble ; le but encaissé cinq minutes après rappelle qu’on peut déplacer tous les tiroirs sans jamais retrouver les clés.

En sortant la boite des souverains poncifs du grenier, je retrouve le vieil adage dit qu’on ne change pas une équipe qui gagne. Le pas trop FIDÈLE_CATHRO (pour le coup) l’a changée quand même, et a obtenu … une équipe qui perd. Il s’est pris pour Luis Enrique, quoi. C’est original, mais pas encore homologué dans le Forez. Après le match, il a parlé de colère, d’ordre, de structure, de football chaotique à éviter. Coach, avec toute l’affection qu’on te doit : le chaos, il n’est pas tombé du ciel, il est aussi sorti de la feuille de match. L’ASSE de ce samedi ressemblait à un orchestre dont le chef aurait réécrit la moitié des partitions cinq minutes avant le concert. Et une ASSE qui perd son fil, c’est une ASSE qui perd ses repères, puis ses points, puis le sommeil de son cowboy.

Reconnaissons quand même le mérite de Guingamp, solide et patient, redoutable dès que les Verts ont laissé une porte entrouverte. Mais cette défaite n’efface quand même pas la série précédente et ne condamne évidemment pas la saison, mais elle ramène l’avance de l’ASSE à un point. Un matelas devenu serviette de bain, comme dit ma Micheline.

NE PAS JETER LE BULLDOZER AVEC L’EAU DE LA PLUIE BRETONNE

Le Roudourou a rendu son verdict sans avocat commis d’office : l’ASSE a pris une belle rouste, et POINT_CATHRO_N’EN_FAUT une leçon qu’il avait déjà commencé à dicter lui-même.

Mais attention, gardons quand même la tête sur les épaules, les gamins : vingt-cinq points, une première place, trois victoires de rang avant ce trou d’air : un leader peut caler un soir de brouillard. Il ne doit juste pas y habiter.
Le bulldozer a pris un mur ? On ne vend pas le bulldozer, on vérifie les freins.

Samedi, c’est Laval qui débarque au Chaudron : la ville du lait, ça tombe bien, il va falloir éviter de se faire traire. Une réaction est obligatoire, et je la crois possible, et même je la prédis. Car une défaite à Guingamp, ça se digère comme la salade de pieds de veau de mon GroLulu samedi (grâce à laquelle on n’a pas été complètement capot) : avec du temps, un bon verre et sans en faire un plat. Et cette ASSE_2026 a déjà prouvé qu’elle savait gagner sans briller. Reste à savoir si elle sait aussi perdre sans s’effondrer.

Réponse samedi les Groupies ! Et je suis sûr que pour le dernier match de votre cowboy dans le Chaudron avant un bon petit moment, nos Verts sauront faire ce qu’il faut pour ranger rapidement cet #EAGASSE dans la case « accident de parcours ».