À l'été 1979, le football français assistait à l'un des transferts les plus retentissants de son histoire. Courtisé par les plus grands clubs européens, le prodige de l'AS Nancy-Lorraine,, Michel Platini, décidait de poser ses valises à l'AS Saint-Étienne. L'Équipe est revenue sur les coulisses folles de cette signature légendaire qui a tenu tout le continent en haleine.
À seulement vingt-deux ans, la cote du numéro 10 lorrain frôlait déjà l'irrationnel. Troisième du Ballon d'Or 1977, Platini était devenu bien trop grand pour son club formateur. Pourtant, à l'époque, le jeune prodige affichait une simplicité désarmante : « L'argent, ce n'est pas tout. Du moment que j'ai un bifteck dans mon assiette, je suis content. »
L'Italie, le Real Madrid et la France entière aux pieds de Platini
Dès l'année 1978, les cadors de Serie A tentent d'arracher la signature du stratège. L'Inter Milan envoie ses émissaires et lui fait même signer un précontrat dans l'espoir d'une réouverture des frontières. Face à cet intérêt transalpin, Platini ne cachait pas son attirance : « J'ai un petit faible pour le football italien, parce que mes grands-parents sont italiens. »
La presse étrangère et française s'enflamme, d'autant que le sélectionneur Michel Hidalgo comparait déjà son joyau aux plus grandes prouesses technologiques : « Son futur départ est un coup dur, mais Platini, c'est comme le Concorde. Quand on possède un phénomène, on lui permet de voler à l'étranger ! »
Pour autant, le public français refuse de voir son talent s'expatrier. Dans un sondage resté célèbre publié par France Foot 2, les supporters tranchent massivement : « Les Français veulent Platini en vert. 94,07 % des lecteurs refusent son départ pour l'étranger. »
Le coup de maître du président stéphanois Roger Rocher
Si le Bayern Munich, le Real Madrid ou le PSG de Francis Borelli ont tenté le tout pour le tout, c'est bien l'ASSE qui rafle la mise le 29 mai 1979. Le président stéphanois Roger Rocher et son recruteur Pierre Garonnaire réussissent à convaincre le joueur et ses proches.
Pour faire la différence face aux millions des concurrents, l'ASSE offre un argument décisif. Contrairement à la politique du club avec d'autres cadres comme Dominique Rocheteau, les Verts accordent à Platini le droit de négocier personnellement ses propres contrats publicitaires. Le 1er juin 1979, au sortir des vestiaires du stade Marcel-Picot après un dernier doublé face à Lille, le meneur de jeu officialise enfin sa venue à Saint-Étienne, marquant le début d'une nouvelle ère glorieuse sous le maillot vert.
