Nul besoin de présenter la culture du football à Saint-Étienne, une ville où Geoffroy-Guichard est au cœur de toutes les conversations et où le vert imprègne presque chaque aspect de la vie locale. Mais une seconde tradition sportive coexiste avec elle, forte de ses propres racines, de sa propre communauté et d'une histoire qui en dit plus sur la ville que la plupart des gens ne l'imaginent.

Regarder ailleurs pour le plus haut niveau

Pour les supporters de rugby à Saint-Étienne, suivre ce sport au plus haut niveau implique de se déplacer, car la ville ne possède pas d'équipe professionnelle. Ceux qui souhaitent assister à des rencontres de l'élite doivent donc regarder au-delà de ses frontières.

Le LOU Rugby, à Lyon, est l'option la plus proche, à environ une heure de route en Top 14. Ceux qui sont prêts à aller un peu plus loin peuvent assister à un Pro D2 match à Grenoble ou à Valence, toutes deux situées à moins de deux heures de trajet.

C'est un compromis raisonnable pour une ville qui ne manque pas de football à proximité, mais cela laisse un véritable vide pour ceux qui ont grandi avec le ballon ovale.

Il n'en a pas toujours été ainsi

Ce déséquilibre n'a pas toujours existé, et l'histoire du rugby à Saint-Étienne est même antérieure à celle du football. Le premier club de rugby de la ville a été fondé en 1898, soit huit ans avant la création de sa première équipe de football. Pendant un temps, les deux disciplines évoluaient sur un pied d'égalité, recrutant dans les mêmes écoles et les mêmes milieux sociaux.

L'élan du rugby s'est essoufflé après la Première Guerre mondiale, qui a fortement réduit ses effectifs, tandis que le football s'est développé auprès des ouvriers venus du nord de la France, où ce sport était déjà solidement implanté.

Ce basculement s'est confirmé dans les années 1930, lorsque le club sportif soutenu par Casino a choisi d'accompagner le passage du football au professionnalisme plutôt que de poursuivre son engagement dans le rugby. Une décision qui a durablement façonné l'identité sportive de la ville.

Le rugby amateur aujourd'hui

Le rugby n'a jamais disparu de Saint-Étienne et continue d'exister aujourd'hui grâce à des clubs de taille plus modeste, portés avant tout par l'engagement de bénévoles plutôt que par d'importants moyens financiers.

L'équipe première masculine du Rugby Club Saint-Étienne est désormais associée à l'Unieux Firminy Ondaine Rugby, situé juste à l'extérieur de la ville, tout en poursuivant ses propres activités à travers son école de rugby et des programmes axés sur la santé à Saint-Étienne.

Ces dernières années, le club a dû faire face à des difficultés financières, lançant des appels au soutien du public pour couvrir des dépenses telles que les frais de déplacement. Un rappel que le sport amateur repose ici avant tout sur l'engagement des personnes plutôt que sur l'argent.

Deux disciplines, une seule ville

Au fond, ces deux sports ne racontent pas une rivalité, mais une histoire commune. Qu'il s'agisse d'un Chaudron plein à craquer un samedi ou d'une poignée de bénévoles encadrant une séance de l'école de rugby à Firminy, la culture sportive de Saint-Étienne est avant tout portée par celles et ceux qui répondent présents, semaine après semaine.