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[DOSSIER] Fin des négociations avec PEAK 6 : que faut-il vraiment en déduire ?

PEAK 6, l'investisseur qui était entré en négociation exclusive avec les dirigeants de l'ASSE dans le cadre du rachat du club, ne sera vraisemblablement pas le nouveau propriétaire qui succèdera à Bernard Caïazzo et Roland Romeyer. A qui la faute ? Faute-il réellement s'en inquiéter ? Quid de l'avenir ? Nous tentons de répondre...

Une communication de Bernard Caïazzo vite rattrapée par un communiqué du club

A 19h, Bernard Caïazzo restait assez neutre quant à l'issue favorable ou pas des négociations avec PEAK 6. Pourtant, des échos peu encourageants nous revenaient aux oreilles en fin d'après-midi. Les Américains auraient rapidement compris que l'ASSE n'était ni plus ni moins qu'une coquille vide ou presque. Comme plusieurs médias le rapportent alors, PEAK 6 ne souhaitait pas poser 50 ou 40 millions sur la table, mais seulement 30. Un montant suffisant pour Bernard Caïazzo et Roland Romeyer ? Pas certain. Alors que Bernard Caïazzo nourrit encore des projets avec le club et verrait d'un bon oeil la mise en place d'une stratégie d'endettement comme il l'affirmait sur Infosport, le second n'est semble-t-il pas prêt à lâcher un bébé qu'il nourrit et lange depuis 15 ans. Quoiqu'il en soit, alors qu'à 20h l'intervention de Bernard Caïazzo sur Infosport avait plus inquiété que rassuré tout en expliquant que les négociations n'étaient pas coupées, à 23h36 le club communiquait sur un arrêt des négociations avec les Américains...

Des Américains irrités...

Il faut avouer que nos présidents se sont montrés extrêmement bavards depuis 15 jours... D'un côté, Bernard Caïazzo exposait le projet de PEAK 6 en explicitant les rouages d'une reprise de club, argumentant sur la nécessité d'attirer un investisseur puissant et ambitieux comme il nous le confiait il y a quelques jours. De l'autre côté, Roland Romeyer semblait user d'une communication beaucoup plus agressive, remettant en question la volonté de PEAK 6 d'investir massivement dans le club et doutant à demi-mots des compétences de Jérôme de Bontin... Encore une fois, la direction bicéphale montre ses limites. Des intérêts différents, des divergences de point de vue. Les Américains se crispent au fur et à mesure de l'avancée des discussions. Alors que PEAK 6 propose à Bernard Caïazzo et Roland Romeyer de conserver un rôle au sein du club, ce dernier explique dans la presse que son aide sera utile pour ouvrir des portes aux futurs investisseurs. Notre avis est cependant tout autre, notamment concernant St-Etienne Métropole.

Autre point de crispation, l'identité du futur entraîneur des Verts. Les présidents stéphanois souhaitent poursuivre avec Jean-Louis Gasset et son staff. Cependant, Jérôme de Bontin aurait noué depuis quelques jours des contacts avec Ricardo, un entraîneur passé par Monaco tout comme lui... Pas du goût de Bernard Caïazzo et Roland Romeyer.

Que le prix de vente ne convienne pas aux vendeurs, on peut le comprendre. Cependant, et puisque la métaphore de l'achat immobilier a été utilisée, comment imaginer vendre un appartement en expliquant qu'on continuera de l'occuper pour partie en tout cas ! Les présidents stéphanois auraient-ils confondu vente sèche et vente en viager ?

Au prétexte de vouloir défendre les valeurs du club, les présidents stéphanois ne sont-ils pas allés trop loin concernant leurs exigences ?

L'ASSE ? Une coquille vide...

Le club vendu pour 80 millions d'euros est aussi fantasmatique que de vendre une vieille 4L pour la somme de 50 000 euros ! Que possède réellement l'ASSE ? Son centre d'entraînement, un hôtel-restaurant (ndlr : le Chaudron Vert) et des joueurs de football... Les actifs sont d'une faiblesse incroyable, et les américains l'ont vite compris. L'Etrat est un centre qui s'améliore côté infrastructures avec une nouvelle tribune, et une salle de presse... Mais quid des terrains à proprement parler et surtout des logements où résident les pensionnaires du centre qui mériteraient d'après plusieurs sources un bon coup de rafraîchissement ! Mais là n'est pas le plus important. Il n'a pas échappé aux investisseurs, comme à bon nombre d'observateurs, que l'effectif stéphanois ne pesait pas très lourds en termes de valeur. Aujourd'hui, Ole Selnaes apparaît comme le joueur possédant le plus de valeur de part la durée de son contrat et ses performances. Stéphane Ruffier, Loïc Perrin, Mathieu Debuchy, Neven Subotic, Jonathan Bamba, Romain Hamouma, Vincent Pajot... Que ce soit par leur âge, la durée de leur contrat ou leurs performances, ces joueurs n'ont pas véritablement de grande valeur. Il faut se rendre à l'évidence, la somme des actifs ne vaut pas grand chose, et la somme de 30 millions d'euros proposée par PEAK 6 est déjà très correcte...

Faut-il réellement être déçu ou s'inquiéter ?

La non-venue de cet investisseur américain doit-elle inquiéter outre mesure. Oui et non.

Oui car elle met un peu plus en valeur les divergences de points de vue entre Bernard Caïazzo et son associé Roland Romeyer. S'ils étaient de moins en moins d'accord depuis un certain temps, il semblerait que même la vente du club cristallise des divergences. A ce rythme, n'importe quel investisseur pourrait se présenter à la banque Lazard qu'on trouverait toujours un motif pour le faire fuir. Le célèbre Stéphane Plaza poserait ainsi la question : "Etes-vous bien sûr de vouloir vendre ?". Car on peut se poser la question... Si le doute est peu permis concernant Bernard Caïazzo, il l'est pour Roland Romeyer. A 72 ans, le président du directoire est au crépuscule de sa carrière d'entrepreneur, et par ses sorties médiatiques il donne l'impression de ne pas vouloir tourner la page afin de garder les projecteurs braqués sur lui. Derrière Roland Romeyer, certains salariés qu'il protège contre vents et marées ont tremblé à l'idée de son départ, à commencer par David Wantier encore une fois égratigné hier soir par Bernard Caïazzo (ndlr : sur Infosport)  lorsqu'il fut question du retour avorté de Max-Alain Gradel à l'ASSE l'été dernier. Car d'après nos informations, c'est bel et bien David Wantier qui avait expliqué que Gradel était "cramé" ! C'est ce qui s'appelle avoir du nez !

En définitive, vendre quand on ne veut pas le faire n'est certainement pas la meilleure idée pour réussir une transaction. Il est évident que le couple de présidents n'est pas raccord et que tant qu'on en est là, il sera difficile d'attirer des investisseurs. Elle est loin l'époque durant laquelle la fatigue, le désappointement et la tristesse liés aux résultats avaient rendu lucide les uns et les autres. A cette époque, Bernard Caïazzo nommait Frédéric Paquet et accélérait le processus de revente alors que Roland Romeyer voulait passer la main... Finalement, la réussite sportive des Verts lors de ces derniers mois aura eu un effet "caféine" chez nos dirigeants...

Non car le projet de PEAK 6 n'était pas clair. Nous passerons là encore sur certains fantasmes de supporters et observateurs qui voyaient se dessiner un projet à en faire pâlir les dirigeants du PSG... Il a toujours été évident que les investisseurs arriveraient pour rester dans une forme de continuité en injectant toutefois l'argent nécessaire afin d'obtenir des résultats assez rapidement. D'ailleurs, le fait de vouloir attirer Ricardo en disait long... Les présidents stéphanois semblent avoir été échaudés par ce changement d'entraîneur et semblent aujourd'hui indiquer que les américains ne souhaitaient pas investir autant que prévu. Vérité ou mensonge pour mieux justifier le volte-face ? Difficile à savoir en l'état.

Par ailleurs, et parce qu'il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, la fin des négociations avec PEAK 6 peut très bien s'accompagner d'un énième rebondissement dans les heures ou jours qui viennent. Le communiqué de l'ASSE est-il stratégique ? Même si c'est peu probable, le doute existe.

Ce qui nous semble acquis à ce jour est que qui si rien ne se fait avec PEAK 6, rien ne se fera avec personne d'autre. Les délais pour organiser un mercato digne de ce nom sont bien trop courts et la DNCG va rapidement demander des garanties. On pourrait en revanche voir un changement de stratégie économique de la part de Bernard Caïazzo avec le choix d'emprunter pour bénéficier de liquidités et investir sur des joueurs à forte plus-value. Une sorte de trading-joueurs mais moins ambitieux que celui espéré... Encore une fois, difficile d'y voir clair en cette période habituellement cruciale pour la réussite de la saison suivante... Espérons que le retard pris soit rattrapable et rattrapé...

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