26 novembre 2022
Actualité

đŸ’„ Le rapport qui doit rĂ©volutionner le supportĂ©risme ?

Vincent LABRUNE new President of the French Professional Football League after the election of the new president of the French Professional Football League on September 10, 2020 in Paris, France. (Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport) - Vincent LABRUNE - Paris (France)

L'AS Saint-Etienne est particuliĂšrement concernĂ©e par les sanctions visant ses supporters. Leader au classement des arrĂȘtĂ©s prĂ©fectoraux, les Verts pourraient ĂȘtre attentif aux travaux de la LFP sur ce sujet.

AprĂšs une saison oĂč les scĂšnes de violence ont Ă©tĂ© nombreuses, la LFP a demandĂ© au criminologue Alain Bauer d'Ă©tablir un rapport. De quoi mettre en lumiĂšre plusieurs pistes pour sortir de cette mauvaise passe ?

Qui est Alain Bauer ?

L'un des criminologues les plus connus en France, il n'est pas rare de l'apercevoir à la télévision. Professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers et enseignant chercheur en criminologie Il a édité un ouvrage connu dans le millieu : International Journal on Criminology. Il propose des activités de conseil avec sa structure AB conseil. La liste de ses clients en fait une référence aujourd'hui.

Le rapport rendu Ă  la LFP

Alain Bauer a remis hier son rapport Ă  Vincent Labrune, prĂ©sident de la LFP. Celui-ci a pour ambition de d'Ă©tablir des pistes visant l’amĂ©lioration de la sĂ»retĂ© et de la sĂ©curitĂ© des rencontres de Ligue 1 et de Ligue 2 :

"À l’issue d’une consultation inĂ©dite auprĂšs des clubs, des autoritĂ©s publiques, des commissions de la LFP et des acteurs du football, Alain Bauer et son Ă©quipe prĂ©conisent six propositions ci-dessous extraites du rapport.

  • Formaliser un texte national partenarial des relations État/Football dĂ©clinĂ© au niveau local
    Un texte fondateur national (du type de la convention État/football du dĂ©but des annĂ©es 2000 ou du cadrage de la Coupe d’Europe), dĂ©clinĂ© au niveau local, devrait ĂȘtre posĂ© pour permettre l’inscription de tous dans une logique de front institutionnel. Il devra ĂȘtre ensuite adaptĂ© en contrats locaux de sites.
  • Renforcer l’autoritĂ© de l’État, appuyĂ©e sur une expertise acquise : Ă©largir le rĂŽle de la DNLH et pĂ©renniser la Cellule InterministĂ©rielle
    La Cellule InterministĂ©rielle existante, intĂ©grant le ministĂšre de l’IntĂ©rieur, le ministĂšre des Sports et des Jeux Olympiques et paralympiques et le ministĂšre de la Justice, pourrait voir son fonctionnement pĂ©rennisĂ© au travers d’un rĂŽle accru de conception des principes de sĂ©curisation des rencontres de football et de coordination des actions des ministĂšres et partenaires institutionnels impliquĂ©s. Dans cette organisation institutionnelle qui permet un dĂ©ploiement des politiques publiques en matiĂšre de sĂ©curisation des Ă©vĂ©nements sportifs, il semble impĂ©ratif de valoriser et dĂ©velopper les fonctions de la DNLH.
  • Repenser le rapport aux groupes de supporters et adapter la lĂ©gislation notamment sur les fumigĂšnes en responsabilisant les animateurs
    Les entitĂ©s Ă©tatiques (MinistĂšres, DIGES, CIS, DNLH, INS) chargĂ©es de reposer un cadre gĂ©nĂ©ral pour le dĂ©roulement des Ă©vĂ©nements sportifs dans les stades auraient l’occasion de repenser la notion d’interdiction des fumigĂšnes autour des enjeux de protection des personnes et des biens qui participent Ă  l’évĂ©nement dans le stade.
  • RĂ©Ă©quilibrer sanctions collectives et sanctions individuelles : rompre l’anonymat des voyous pour permettre aux supporters de jouer pleinement leur rĂŽle de supporters
    En s’appuyant sur ce rapport clarifiĂ© et contractualisĂ© aux groupes de supporters et aux fonctions d’accueil et de service aux spectateurs, l’objectif partagĂ© notamment par les clubs doit ĂȘtre de rĂ©Ă©quilibrer les sanctions individuelles et les sanctions collectives. Afin de garantir l’application ciblĂ©e des sanctions individuelles, il n’y a pas d’autre solution que de travailler Ă  rĂ©soudre l’anonymat des hooligans et des voyous. L’exigence portant sur l’organisateur et le propriĂ©taire du stade sera qu’il maĂźtrise qui participe Ă  l’évĂ©nement dans le stade.
  • DĂ©velopper une certification LFP qui permet de travailler Ă  la sĂ©curisation des Ă©vĂ©nements sportifs dans les stades français Ă  tous les niveaux
    Pour pallier les pertes de compĂ©tences observĂ©es dans la plupart des stades, mais Ă©galement les pertes de volumes d’agents susceptibles d’intervenir dans les stades aprĂšs la crise du COVID, il semble impĂ©ratif d’adapter les formations et qualifications des agents amenĂ©s Ă  intervenir dans les stades.
  • HiĂ©rarchiser les risques : passer du « prĂȘt Ă  porter » au « sur mesure »
    Toutes les recommandations prĂ©cĂ©dentes doivent trouver Ă  s’appliquer avec une capacitĂ© d’adaptation aux situations locales. Il n’est pas possible d’aborder uniformĂ©ment des stades qui jouent Ă  guichet fermĂ© avec 60 000 spectateurs toutes les semaines et des stades qui ont du mal Ă  atteindre 1 500 spectateurs de maniĂšre rĂ©guliĂšre. Il est impĂ©ratif de tenir compte des effets de taille, des diffĂ©rences rĂ©gionales, des spĂ©cificitĂ©s sportives et physiques des stades.

La LFP se félicite du travail réalisé par Alain Bauer et de la large concertation qui a permis la rédaction de ce rapport et des propositions concrÚtes qui en découlent.

Il appartiendra dĂ©sormais aux parties prenantes d’étudier la mise en Ɠuvre de ces propositions."

RĂ©actions des protagonistes

Vincent Labrune, Président de la LFP
« Je remercie Alain Bauer pour la qualitĂ© de ce rapport rĂ©alisĂ© en un temps particuliĂšrement rapide. Ce rapport est le rĂ©sultat d’une coproduction inĂ©dite rassemblant toutes les parties prenantes. Comme le souligne le rapport, la sĂ©curitĂ© dans un stade est l’affaire de tous. A ce titre, l’Etat, les clubs, la Ligue et les acteurs doivent formaliser un cadre strict de collaboration. Le rapport tĂ©moigne aussi de l’absolue nĂ©cessitĂ© de renforcer le travail d’identifications des dĂ©linquants. Il faut rompre l’anonymat des voyous. C’est la seule voie possible pour se tourner vers des sanctions individuelles plutĂŽt que des sanctions collectives ».

Alain Bauer
« La sĂ»retĂ© et la sĂ©curitĂ© dans les stades constituent des problĂšmes rĂ©currents, dont les phases de violence font l’objet de cycles spĂ©cifiques. La pĂ©riode des « hooligans » des annĂ©es 1990 n’a pas grand-chose Ă  voir avec la pĂ©riode prĂ©sente, mĂȘme si elle conserve l’expression violente de groupes constituĂ©s en commun. La phase dont le football souffre actuellement, conjoncturellement aggravĂ©e par le COVID, devra ĂȘtre traitĂ©e par une approche partenariale et spĂ©cifique.

Les supporters ne sont pas des adversaires. Ils doivent devenir de vĂ©ritables partenaires. LĂ , comme ailleurs, la coproduction de sĂ©curitĂ© sera la clef d’un retour Ă  un usage apaisĂ© et ludique des stades et des Ă©vĂ©nements qui y sont organisĂ©s. Les propositions qui Ă©manent d’un dialogue structurĂ© avec tous les acteurs du football, visent Ă  crĂ©er les conditions d’un rapport partenarial clair, oĂč chacun est responsable de ses actes et oĂč les dĂ©rives individuelles, dont les groupes de supporters sont aussi victimes que les clubs de football, sont sanctionnĂ©es par l’ensemble des acteurs.

Une doctrine de sĂ©curisation claire, une autoritĂ© publique cohĂ©rente et respectĂ©e, un partenariat avec les groupes de supporters responsabilisĂ©s et reconnus sont le cadre d’un dĂ©veloppement des moyens d’identification des dĂ©rives individuelles, de la qualification des stadiers et d’une hiĂ©rarchisation des mesures locales selon des analyses de risques partagĂ©es ».

A lire Ă©galement :  đŸ“ș🗣 Face aux jeunes de l'ASSE, Romain Hamouma revient sur un Ă©pisode douloureux du Derby !
P