"BRELAN D'AS" - ASSE

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THE FINAL COUNTDOWN DE MICHELINE (DE LA COMPTA) ROAD TO LIGUE 1 = 62 - 9 = -53 POINTS

« Trois journées. Neuf points. Dix buts. Micheline clôture le mois d’août avec un problème de comptabilité : le compte “Espoirs de montée” est déjà dangereusement créditeur.
Elle demande donc à CATHRO de ralentir, pour raisons cardiaques. CATHRO refuse. Du coup Micheline demande juste où sont rangés les formulaires pour la Ligue 1. »

Salut les Groupies,

C’est le retour de votre cowboy JossRandall, pour le « jamais deux sans trois » de cette nouvelle saison lors de ASSE-GF38 (4-0) du 22 Août !

Il paraît qu’il faut toujours se méfier des lendemains qui chantent. Sauf que depuis trois semaines, chez nos Verts, les lendemains chantent tellement fort qu’on commence à suspecter le voisinage d’avoir déposé une plainte.

3 victoires nettes, neuf points, dix buts dans la musette adverse et un seul petit but encaissé.

L’ASSE n’est plus en train de démarrer sa saison : elle vient de passer la seconde.

Et plutôt que de regarder le compteur, regardons donc le moteur.

QUAND LES VERTS SORTENT LE GRAND JEU, LES AUTRES RANGENT LES JOUETS

Il y a des matches où l’on gagne. Il y en a où l’on domine. Et puis il y a ceux où l’adversaire finit par se demander s’il n’a pas confondu Geoffroy-Guichard avec une salle d’attente de la SNCF : beaucoup de monde autour, mais aucun départ possible.

Grenoble est venu avec ses valises. L’ASSE lui a rendu les poignées.

Rien à voir avec le match de la saison dernière contre ce même adversaire quasi voisin, qui était venu nous traiter comme les derniers des cireurs de bottes en nous prenant un point à la piaule.

Samedi pendant quarante-cinq minutes, les Verts ont pratiqué un football qui ressemblait furieusement à une démonstration de plomberie (image qui parlera tout particulièrement à mon Bruno D.) : récupération, circulation, pression, évacuation. Le ballon entrait chez Grenoble comme dans un appartement dont on aurait oublié de fermer la porte.

Le pressing stéphanois fut une sorte de contrôle fiscal sans rendez-vous. À peine le Grenoblois avait-il reçu le ballon qu’un Vert lui expliquait, avec toute la courtoisie du monde, que la déclaration était incomplète.

Nos Verts ont pris plaisir à virevolter autour de leur adversaire du soir comme une vieille mouche bleue zonzonne autour des cagoinsses du jardin.

Et quand l’ASSE récupérait, elle ne faisait pas dans la conservation patrimoniale. Elle avançait.

ÁRON, LE_CSON_DE_LA_RIVIÈRE_GVAI ouvre le bal d’une tête sur corner. BALLI_BALLO double la mise et CARDONA_QUE_L'AMOUUUUR, en renard qui aurait fait l’école hôtelière, et pas plus ému qu’un huissier procédant à une saisie, vient servir le troisième avant même que Grenoble ait eu le temps de demander l’addition.

Ensuite, avec 3 pions dans la musette, Grenoble avait encore quarante-cinq minutes à jouer, mais manifestement plus grand-chose à dire.

Le plus intéressant, finalement, n’est même pas le score. C’est la sensation de supériorité collective. L’ASSE ne s’est pas imposée par un exploit individuel tombé du ciel, elle a étouffé Grenoble par son organisation, son pressing, ses déplacements et cette capacité nouvelle à jouer ensemble plutôt qu’à attendre qu’un bonhomme en Vert sorte une baguette magique de sa chaussette, comme ça a pu être le cas l’an dernier, ce qui a d’ailleurs peut-être trop souvent caché la merde au chat.

Même après avoir plié l’affaire, l’ASSE a continué de gérer. Un peu trop d’ailleurs au goût de CLAUDIA_LE_CARDINAL qui apparemment n’a pas aimé ce deuxième acte plus « tranquille », ni à celui de CATHRO_MOTRICES qui, en bon pourfendeur de la tradition tauromachique comme savent généralement l’être les Rosbifs, n’a pas aimé les OLÉ du Chaudron lors des phases de passes à 10. … Mais ça, c’est comme les priorités à droite il y a quelques années : ça se respecte. Et d’ailleurs, je ne suis pas loin d’être d’accord avec lui. Il ne sert à rien de devenir hautain. Puisque c’est bien connu : hautain en emporte le vain.

Mais n’empêche que lorsque ZURIKO_DAVID_EST_CHEVELU est venu poser le quatrième coup de tampon à la 82e, il ne restait plus qu’à ranger les chaises.

Notre ASSE a donc gagné 4-0. Mais surtout, elle a donné l’impression qu’elle aurait pu continuer ainsi jusqu’à ce que Grenoble demande l’heure.

ET AU MILIEU COULE UNE RIVIÈRE. TRANQUILLE - ASSE

Il y a peut-être là, mes Groupies, la meilleure nouvelle de ce début de saison.

Le milieu de terrain de l’ASSE n’a plus grand-chose à voir avec celui de l’an dernier.

CSONGVAI_QUE_VAILLE d’abord. Le monsieur sait tout faire : courir (même si ce n’est pas très vite), récupérer, orienter, frapper, marquer et, visiblement, remplir les feuilles de match à lui tout seul. Contre Grenoble, il ouvre le score, récupère à l’origine du deuxième et provoque quasiment le troisième. Une soirée où il ne lui manquait qu’une place de parking.

Dans un monde où il est devenu de à la mode de toujours citer un « homme du match » (comme si le foot était un sport individuel…), je jetterais probablement mon dévolu  - pour cette rencontre -  sur le Hongrois (et un dévolu absolument neuf qui aurait pu me faire encore de l’usage, mais quoi, quand on est d’un tempérament gaspilleur, on ne se refait pas).

À ses côtés, LARGUEZ_LES-TAMAR_SVETLIN confirme qu’il n’est pas venu dans le Forez pour admirer le paysage. Il récupère, se projette, joue simple. Et surtout, il donne cette impression précieuse d’avoir toujours une seconde d’avance.

Et puis il y a les autres. BREUM_DU_TIGRE (merci Kékette), encore lui, qui dépose un corner sur la tête du Hongrois comme on glisse une lettre dans une boîte aux lettres. J’ai d’ailleurs été scotché par le nombre de supporters verts samedi au stade qui se sont déjà payé un maillot frappé sur 10 et du nom de RAVI_JAKOB ! Mais aussi BOAKYE_PROFITE_LE_CRIME, remuant, disponible, intelligent dans ses déplacements. Le collectif commence à ressembler à quelque chose qui ne doit plus rien au hasard.

Le milieu, dans le foot moderne, est souvent considéré comme la salle des machines. Et si le milieu de terrain de l’ASSE confirme les premières impressions entrevues, il sera quand même difficile à bouger.

Du côté de l’attaque, l’ASSE ne gaspille pas son garde-manger : quatre buts, efficacité maximale, et une variété d’actions qui fait plaisir à voir. Même si j’émets encore quelques réserves sur BALLI_BALLO, son activité et ses stats parlent pour lui. Je m’incline. Quant à  CARDONA_QUE_L'AMOUUUUR, le garçon revit. Tout simplement. Et claque son 4ème de la saison, ce qui garde mon pari de 15 buts cette année tout à fait plausible.

Enfin derrière, même musique. Peu de frissons, beaucoup de maîtrise. La charnière CLAUDIA_LE_CARDINAL + IL_ÉTAIT_UN_PETIT_NAÏR est d’une profonde sérénité et la complicité est déjà visible. En voilà deux qui n’ont visiblement pas besoin de discuter des heures pour savoir de quel côté du lit chacun doit dormir. En tout cas, il faudra une autre qualité offensive que celle de Grenoble hier pour les tourner, les deux.

Et mention spéciale à BERN_HAPPY_AUER, arrière gauche de dépannage, qui a tenu son couloir avec le sérieux d’un fonctionnaire un vendredi après-midi : appliqué, propre et surtout sans réclamer d’heures supplémentaires. En cette fin de mercato sans arrière gauche (pour le moment) et comme on est ENFIN arrivé à se séparer d’ANNAN (une sorte de Bad Annan Split, quoi…) c’est intéressant. Et même au pire, comme dit le Grand Professeur Stachowsky, quand il n’est pas en train de faire des ronds dans l’eau avec son short à trous :  on pourrait peut-être même bricoler sur l’année, ou au moins jusqu’au mercato d’hiver, avec Bernauer et Old. Et comme en matière de bricolage, il paraît que chez Cathro y a tout ce qu’il faut (il est bon quand même ce Stachowsky).

Bref, l’ASSE commence à avoir une colonne vertébrale.

Et quand une équipe possède une colonne vertébrale, elle peut enfin arrêter de jouer comme un pantin désarticulé.

JUSQU’ICI TOUT VA BIEN

Alors oui, les Groupies. Jusqu’ici, tout va bien (comme disait ce gars tombé du 10ème étage en passant à hauteur du 6ème).

Même très bien.

On prend du plaisir à regarder cette ASSE. Elle gagne, elle marque, elle presse, elle maîtrise et, surtout, elle semble monter en puissance. Le meilleur reste peut-être encore à venir.

Bon, tout n’est pas encore parfait, faudrait voir à pas déjà repeindre la statue de Geoffroy-Guichard en or avant septembre.

Il ne faudrait non plus se la peindre en vert pour la mettre au milieu d’un bouquet en oubliant l’évidente faiblesse de l’adversaire (et on n’est pas à l’abri de constater cette année un niveau sensiblement plus faible en L2 par rapport à l’an dernier, et pour des raisons finalement faciles à comprendre. On en reparlera, je comblerai ainsi une lagune de votre éducation, comme on dit à Venise).

Mais je rassemble ici un gros paquet de tact, et je murmure avec des inflexions qui colleraient des vapeurs à une clé à molette, que non, il n’est toujours pas encore temps de s’emballer.

Par ailleurs, deux petits nuages samedi soir dans ce ciel pourtant parfaitement dégagé : la blessure de GORILLES_DANS_LA_BREUM, qui – même s’il semble que ce ne soit pas très grave - rappelle que le football est parfois une saloperie. Et L'AFFAIRE_DUFFUS, toujours aussi peu raccord avec le logiciel technique et de possession de CATHRO.

Mais voilà que se profile une série intéressante, juste après Dijon : MHSC, DUNKERQUE, METZ et RODEZ. Quatre matches pour le premier vrai col première catégorie de la saison. Celui qui dira si cette ASSE est simplement partie comme une fusée… ou si elle a réellement appris à piloter et qu’on a raison d’ouvrir à deux battants la porte de notre confiance.

Mais pour l’instant, mes aminches, on monte. Et jusqu’ici, le paysage est plutôt joli.