28 mai 2023
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RĂ©trospective

📚 LĂ©gende ASSE : Aujourd'hui est une date particuliĂšre pour les derbys

LE FOOTBALL EST UN JEU QUI SE JOUE A 11 ET UN 23 MARS A LA FIN, CONTRE L’OL, C’EST L’ASSE QUI GAGNE. L’ASSE a affrontĂ© quatre fois l’OL un 23 mars. A chaque fois, les Verts l’ont emportĂ© donnant lieu Ă  des anecdotes qui ont traversĂ© le temps. RĂ©cit de ces quatre matches qui sont entrĂ©s dans l’histoire.

  

23 MARS 1952, ASSE-OL 1-0, LE PREMIER DERBY DE L’HISTOIRE A GEOFFROY-GUICHARD

 Le premier derby de l’histoire s’est jouĂ© Ă  Gerland le 28 octobre 1951 et ce sont les Lyonnais qui en sont sortis vainqueurs (4-2). Les StĂ©phanois ont donc une revanche Ă  prendre. Le public est venu en masse pour assister Ă  la rencontre malgrĂ© le classement peu flatteur des adversaires. Ils sont en effet 17e et avant-dernier, Ă  la lutte pour le maintien en D1. 17 297 spectateurs ont pris place dans les gradins car ils ont, eux aussi, des comptes Ă  rĂ©gler avec les Rhodaniens.

Ils n’ont pas apprĂ©ciĂ© qu’en juillet 1950, les Lyonnais s’étaient proposĂ©s pour engager tous les joueurs de Saint-Etienne afin de crĂ©er leur club professionnel et ainsi prĂ©cipiter la mort de l’ASSE, en proie Ă  ce moment-lĂ  Ă  de sĂ©rieuses difficultĂ©s financiĂšres. Finalement, la municipalitĂ© ligĂ©rienne a accordĂ© une subvention exceptionnelle Ă  l’ASSE et tout Ă©tait rentrĂ© dans l’ordre.  Toutefois, le record de la saison, Ă©tabli lors de la venue du leader Roubaix du 18 novembre 1951 ne sera pas battu, 18 750 spectateurs ayant payĂ© leur ticket ce jour-lĂ  pour voir les Verts disposer des Nordistes (1-0).

Devant la gravitĂ© de la situation, les dirigeants lyonnais ont dĂ©crĂ©tĂ© une mise au vert la veille du match, la premiĂšre du genre, mais ils l’ont envisagĂ© d’une maniĂšre somme toute particuliĂšre puisqu’ils ont conviĂ© l’ensemble de l’effectif au restaurant pour dĂ©guster des cuisses de grenouilles qui baignaient dans du beurre persillĂ©. DrĂŽle de rĂ©gime diĂ©tĂ©tique mĂȘme si le capitaine AndrĂ© Lerond n’en pas mangĂ©.

En tout cas, ses co-Ă©quipiers s’en sont empiffrĂ©s. Est-ce pour cette raison que le lendemain, ils n’étaient pas dans leur assiette ? En tout Ă©tat de cause, ils ont laissĂ© filer LĂ©on Alpsteg, qui s’était fait oublier sur son aile gauche et l’attaquant stĂ©phanois est allĂ© dĂ©fier le gardien adverse pour marquer le seul but du match Ă  la 32e minute (1-0).

Ce match ne restera pas pourtant un bon souvenir pour le frĂšre de RenĂ© Alpsteg, Ă©galement prĂ©sent sur la pelouse, car il s’est fait une double entorse qui a eu de graves rĂ©percussions sur la suite de sa carriĂšre. Il ne jouera plus que deux matches avec les Verts.

L’équipe de l’AS Saint-Etienne pour ce match : FerriĂšre – Huguet, Fernandez – Schramm, De Cecco, Domingo – Rijvers, Nola – R. Alpsteg, Ferry, L. Alpsteg

Entraßneur : Jean Snella

23 MARS 1958, OL-ASSE 0-2, DOUBLE D’EUGENE N’JO LEA

 L’AS Saint-Etienne a remportĂ© son premier titre de champion de France la saison prĂ©cĂ©dente et les Verts ont Ă©tĂ© invaincus pendant 21 journĂ©es en 1957-58, ce qui n’était jamais arrivĂ© en D1 auparavant mĂȘme s’ils ont cumulĂ© les matches nuls (17). RĂ©sultats, ils ont laissĂ© Ă©chapper les Ă©quipes devant au classement et Ă  la veille de se rendre Ă  Lyon pour la 28e journĂ©e, l’ASSE est 5e Ă  7 points de Reims, le leader.

L’OL est bien calĂ© dans le ventre mou du championnat et peut jouer sans pression (10e). Il peut donc tenter de se venger de leur dĂ©faite Ă  domicile la saison prĂ©cĂ©dente face aux Verts (1-3).  Les frĂšres Tylinski ont remplacĂ© les frĂšres Alpsteg et chaque fois qu’ils ont Ă©tĂ© alignĂ©s ensemble contre l’OL, l’équipe n’a jamais perdu. Cela tombe bien, ils sont encore titulaires ce 23 mars 1958.

Mais le vĂ©ritable hĂ©ros du match s’appelle EugĂšne N’Jo LĂ©a. L’attaquant camerounais a Ă©tĂ© trĂšs efficace contre les Lyonnais mĂȘme s’il a fallu attendre le dernier quart d’heure pour qu’il fasse la diffĂ©rence. Il a forcĂ© le verrou adverse en deux minutes Ă  la 73e et 75e minute pour plier le match et donner une deuxiĂšme victoire consĂ©cutive Ă  l’extĂ©rieur Ă  Lyon (2-0).

Cerise sur le gĂąteau, il est le premier stĂ©phanois Ă  inscrire au moins un doublĂ© entre SaĂŽne et RhĂŽne. Rachid Mekloufi avait dĂ©jĂ  marquĂ© deux fois contre Lyon mais c’était Ă  domicile le 22 novembre 1954 pour une victoire 4-2.

L’équipe de l’AS Saint-Etienne pour ce match : Abbes – M. Tylinski, Herbin, R. Tylinski – Domingo, Peyroche – Goujon, Oleksiak – Mekloufi, N’Jo LĂ©a

Entraßneur : Jean Snella

23 MARS 1969, OL-ASSE 1-2, PREMIER DERBY TELEVISE

La fĂ©dĂ©ration française de football et l’ORTF sont tombĂ©s d’accord pour retransmettre en direct Ă  la tĂ©lĂ©vision des matches de premiĂšre division. Ce qui n’avait jamais Ă©tĂ© fait auparavant. Le choix s’est portĂ© sur le 34e derby entre l’OL et l’ASSE qui s’est disputĂ© Ă  Gerland le 23 mars 1969 qui est devenu dĂšs lors la toute premiĂšre rencontre de D1 Ă  ĂȘtre diffusĂ©e sur une chaĂźne de tĂ©lĂ©vision. Elle est commentĂ©e par un tout jeune journaliste qui s’appelle Michel Drucker qui, avant de devenir l’incontournable animateur des dimanches aprĂšs-midi sur son canapĂ© rouge, a dĂ©butĂ© dans le sport Ă  la fin des annĂ©es 1960.

Les tĂ©lĂ©spectateurs n’ont eu le droit de regarder que la deuxiĂšme mi-temps car la prioritĂ© a Ă©tĂ© donnĂ©e au cyclisme et notamment au CritĂ©rium national de la route qui se dĂ©roulait en mĂȘme temps. La pluie, qui n’a cessĂ© de tomber et le fait que les camĂ©ras Ă©taient prĂ©sentes ont fait fuir le public qui ne s’est pas dĂ©placĂ© au stade. Seulement 7 625 spectateurs ont payĂ© leur entrĂ©e, soit plus faible affluence de l’histoire des OL-ASSE.

La diffusion de ce match a donné lieu à une anecdote cocasse car les deux équipes jouaient avec le sponsor du championnat du France, Vittel (célÚbre eau minérale) inscrit sur leurs maillots mais comme la publicité était interdite à la télévision, les deux formations reviendront sur la pelouse avec des maillots vierges. Le Malien a inscrit le premier but à la 12e minute et les Verts mÚnent donc 1-0 à la pause.

La deuxiĂšme mi-temps a commencĂ© avec quelques minutes de retard car la clĂ© des vestiaires de l’AS Saint-Etienne a Ă©tĂ© Ă©garĂ©e. De plus, le temps est toujours au dĂ©luge ce qui laisse craindre pour la qualitĂ© du spectacle. Pour faire patienter les curieux devant leur tĂ©lĂ©viseur, Michel Drucker a interviewĂ© les deux absents de ce match, blessĂ©s : AndrĂ© Fefeu cĂŽtĂ© stĂ©phanois et Fleury Di Nallo, cĂŽtĂ© Lyonnais.

Les conditions atmosphĂ©riques n’ont pas vraiment altĂ©rĂ© les visiteurs qui enfoncent le clou Ă  la 68e minute par l’intermĂ©diaire d’HervĂ© Revelli. La rĂ©duction du score par l’ex-stĂ©phanois, AndrĂ© Guy, trop tardive (89e) n’y changera rien. L’ASSE repart avec une victoire (2-1) qui donne trois point d’avance aux Verts en tĂȘte du championnat puisque Bordeaux, le second, a perdu dans le mĂȘme temps Ă  Bastia (0-1).

L’équipe de l’AS Saint-Etienne pour ce match : Carnus – Durkovic, Mitoraj, Bosquier, Herbin – Jacquet, CamĂ©rini – LarquĂ©, H. Revelli, Keita, Bereta

Entraßneur : Albert Batteux

23 MARS 1977, OL-ASSE 0-2, LA PISCINE DE GERLAND

L’AS Saint-Etienne a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e une semaine auparavant par Liverpool en quart de finale de la coupe d’Europe des clubs champions et ce n’est pas la qualification quelques jours plus tard en 8e de finale de la coupe de France face Ă  Auxerre (D2) qui est de nature Ă  consoler les StĂ©phanois.

Les Lyonnais espĂšrent ainsi profiter de leur dĂ©sarroi pour confirmer leur excellent parcours en championnat puisqu’ils sont deuxiĂšmes Ă  deux points de Nantes avant la 28e journĂ©e. Pour la premiĂšre fois depuis des lustres, l’OL, entraĂźnĂ© par l’ex Vert AimĂ© Jacquet, est mĂȘme devant l’ASSE au classement Ă  onze journĂ©es de la fin de la compĂ©tition.

Des seaux d’eau se sont abattus Ă  Gerland Ă  tel point que le terrain est totalement impraticable. Mais comme 42 000 spectateurs se sont installĂ©s dans les tribunes, l’arbitre Robert Wurtz a estimĂ©, en dĂ©pit du bon sens, que le match Ă©tait jouable. Plus tard, il expliquera qu’il a pris sa dĂ©cision pour Ă©viter tout risque d’émeute. Évidemment, comme prĂ©vu, il est impossible aux 22 acteurs de s’exprimer dans ces conditions sur une pelouse qui ressemble plus Ă  une piscine qu’à un terrain de football.

Ce sont les StĂ©phanois qui s’adaptent le mieux face Ă  cette mĂ©tĂ©o dantesque et ils ouvrent le score par Jean-Michel LarquĂ© qui reprend de la tĂȘte un corner tirĂ© par Dominique Rocheteau (60e). Le capitaine stĂ©phanois a marquĂ© 78 buts en D1. C’est la premiĂšre et derniĂšre fois qu’il marque de la tĂȘte, lui qui n’était absolument pas rĂ©putĂ©, c’est le moins qu’on puisse dire, dans cet exercice. Rocheteau Ă©tait passeur, il devient buteur Ă  la 85e minute, en marquant aprĂšs avoir effacĂ© le gardien lyonnais. C’est une cruelle dĂ©sillusion pour les Rhodaniens qui voient les Nantais s’échapper. D’ailleurs, ils finiront finalement 6e derriĂšre les hommes de Robert Herbin 5e et vainqueurs de la coupe de France cette annĂ©e-lĂ .

L’équipe de l’AS Saint-Etienne pour ce match : Curkovic – Repellini, Lopez, Piazza, Farison – Synaeghel, LarquĂ©, Bathenay – P. Revelli, Santini, Rocheteau

Entraßneur : Robert Herbin

Article rédigé par Albert Pilia

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