Invité du podcast La Voix des Gardiens, Stéphane Ruffier revient longuement sur ses années à Saint-Étienne. L’appel de Christophe Galtier, la succession de Jérémie Janot, son travail avec Fabrice Grange et son départ : l’ancien gardien des Verts se raconte sans détour.
Dans l’épisode « Au mental » de La Voix des Gardiens, Stéphane Ruffier échange pendant plus d’une heure avec Laurent Lafon. Parmi les nombreux souvenirs évoqués, son arrivée à l’ASSE commence par un coup de téléphone de Christophe Galtier.
Galtier : « Le grand gardien, c’est toi »
Ruffier raconte le discours tenu par l’entraîneur pour le convaincre de rejoindre Saint-Étienne : « J’étais en vacances, donc ici, à Bayonne, et j’arrive le midi chez mes parents pour aller manger et j’ai mon téléphone qui sonne. C’est Christophe Galtier. »
Il rapporte alors les mots du technicien : « Je vais être très honnête avec toi, je veux ramener Saint-Étienne en Europe, je veux que le peuple stéphanois aille au Stade de France pour une finale, et pour ça […] j’ai besoin d’un grand gardien, le grand gardien c’est toi. »
Un appel dont l’épouse de Galtier lui a ensuite raconté les coulisses : « Elle m’a dit : on était à la plage […] et puis je voyais Christophe qui faisait des allers-retours les pieds dans l’eau et à chaque fois il s’arrêtait devant moi, il disait : bon je l’appelle ou je l’appelle pas ? Et sa femme disait : mais oui, il faut que tu l’appelles. »
Deux ans après son arrivée, les Verts ont remporté la Coupe de la Ligue.
Janot et la crainte de l’accueil du Chaudron
Succéder à Jérémie Janot ne l’a pas laissé indifférent. Son interrogation concernait surtout les tribunes : « La seule appréhension que j’ai eue en arrivant à Saint-Étienne, c’est comment les supporters allaient me recevoir. »
« Avec un mec plus sérieux, le regard un peu plus froid, un peu moins ouvert que Jérémy pouvait être, comment ça allait se passer ? Et en fait, je me suis vite rendu compte à Saint-Étienne que le supporter stéphanois, il t’adore à partir du moment où tu triches pas et que tu mouilles le maillot. À partir de là, t’es aimé et respecté. »
Sur la concurrence entre les deux gardiens, Ruffier revient sur la décision immédiate de Galtier : « Christophe Galtier aussi, de suite en conférence de presse, quand j’ai signé : c’est mon numéro 1. Donc je pense que tout a été bien géré. Il a essayé quand même, il a essayé. […] Faut pas lui en vouloir. »
Ruffier : un travail à part, pas un homme à part…
Son travail quotidien avec Fabrice Grange reste aussi un sujet sur lequel Ruffier tient à s’expliquer : « Ça a été quelque chose qu’aujourd’hui j’entends beaucoup, comme quoi je m’entraînais à part. Donc non, je ne m’entraînais pas à part. »
« On avait mis en place une méthode d’entraînement qui vient de Christophe Galtier d’ailleurs, qui à un moment donné a dit : je veux Steph pour les matchs. Je veux qu’il soit là et qu’il soit performant pour les matchs. »
L’organisation devait notamment limiter les risques de blessure dans les petits jeux : « On avait instauré que quand il avait besoin de moi pour travailler sur la tactique, bien sûr j’étais là. Mais qu’après Fabrice me fasse bosser. Et comme ça je pouvais travailler vraiment des points particuliers, l’adversaire qu’on allait avoir le week-end. […] Et ça a vachement bien fonctionné. »
Ruffier : « Ils savent que je n’ai jamais triché »
Interrogé sur l’hommage reçu lors du match des légendes à Geoffroy-Guichard, Ruffier reconnaît avoir été touché : « Oui, bien sûr, ça m’a fait quelque chose parce que comme ça s’est mal fini, tu ne sais jamais comment les supporters peuvent le prendre aussi. »
« Je pense qu’aujourd’hui, un vrai supporter, un vrai, il sait ce que tu as fait. […] Ils savent très bien et ils savent que je n’ai jamais triché. »
L’image froide qui l’a accompagné ne correspondait pas, assure-t-il, à une attitude fabriquée : « J’ai jamais joué un rôle, j’ai toujours été comme ça. Dans la vie aujourd’hui, je suis encore comme ça. »
« Je suis quelqu’un de carré dans la vie, dans la vie de tous les jours, dans tout ce que j’entreprends, c’est carré. Pour le foot aussi, du coup. Mais j’ai jamais joué de personnage. »
Et lorsqu’il faut définir un bon gardien, Ruffier revient à l’essentiel : « Un gardien efficace, un gardien qui fait rapporter des points à son équipe. »
Son conseil au jeune joueur qu’il était tient, lui aussi, en quelques mots : « Amuse-toi, le foot c’est un jeu. Fais-le sérieusement, mais ça reste un jeu. C’est ce que les gens ont oublié. »


