Vaincus malgré une prestation très encourageante face au PSG, les verts ont attisé le courroux des supporters parisiens et des journalistes autour de leur style de jeu.

À en croire certains, l’ASSE n’est venue au Stade de France que pour une seule raison : casser du Parisien. À partir de là, il est simple de construire un contre-argumentaire. Si, pour le Paris SG, disputer une finale de Coupe de France semble être une banalité, il faut rappeler que l’ASSE n’en avait pas disputé depuis 1982. Il s’agit là d’une pression historique non-négligeable pour des joueurs qui disputent le ou l’un des plus gros matchs de leur carrière.

Agressivité et intensité

Chauffés à blanc, près de quatre mois après leur dernier match, les verts de Puel se sont lancés dans une rencontre face à l’ogre parisien et ses stars. Dès les premières minutes, on a pu se rendre compte que les joueurs de la capitale ne s’attendaient pas à être confronté à des adversaires aussi prêts physiquement.

Cependant, les joueurs du PSG restent des joueurs de très grande classe. Jouer avec un pressing presque constant et une envie exacerbée de récupérer le ballon expose à des risques. Des risques de laisser des espaces, comme sur le but de Neymar et la percée de Mbappé. Des risques de s’épuiser face à une équipe à l’aise avec le ballon. Mais aussi et surtout des risques de faire des fautes et de se faire sanctionner.

Casser du Parisien ?

À l’image de notre ami Pierre Ménès qui a qualifié la première mi-temps stéphanoise de « honteuse et inadmissible » (dans un papier où il fait tout de même la part des choses), de nombreux spécialistes et supporters ont critiqué l’attitude des verts, jugée trop agressive. Cependant, il a été prouvé, à maintes reprises, que la seule façon de gagner contres les Parisiens est de jouer décomplexé. Face à une équipe aussi réaliste, il s’agit de ne pas laisser le moindre espace, la moindre opportunité.

C’est avec cette mentalité que les verts se sont engagés, parfois trop, mais toujours dans une optique de donner le tout pour le tout. Certains ont tenu ce plan de jeu avec brio, comme Fofana, et d’autres ont été parfois maladroits comme Maçon (2e minute sur Neymar) ou Perrin (27e minute sur Mbappé). Il est aussi nécessaire de mettre en avant que les fautes n’étaient pas que stéphanoises, à l’image de Marquinhos (35e minute sur Bouanga). Au final les Stéphanois ne finissent qu’avec 6 fautes sifflées de plus que les parisiens (14 pour le PSG contre 20 pour l’ASSE).

Un autre point est important à rapporter aux détracteurs de l’ASSE, ceux qui disent que les verts avaient comme objectif de blesser des Parisiens. Le PSG n’est pas un adversaire direct de l’ASSE en championnat, l’ASSE n’a aucun lien avec l’Atalanta Bergame, Saint-Etienne a tout intérêt à voir le PSG s’imposer en quart de la LDC, ne serait-ce que pour l’indice UEFA afin de retrouver une place européenne au plus vite.

Perrin / Mbappé

Il s’agit très probablement du fait le plus marquant du match. À la 27e minute, Mbappé accélère face à Perrin, le défenseur tacle et accroche l’international Français. Le capitaine stéphanois est logiquement expulsé pour (probablement) sa dernière en vert et l’attaquant parisien sort sur blessure. Il ne faut pas se tromper sur « qui sort gagnant » de cette situation, la réponse est évidemment PERSONNE.

Il s’agit du second carton rouge de la carrière de Loïc Perrin. Loin d’être le « découpeur » que nombreux décrivent. Sur son tacle, Perrin se fait surprendre par la vitesse d’exécution de Mbappé. Sur les ralentis, on voit clairement qu’il essaie de toucher la balle et non de détruire la cheville du jeune prodige. Le carton rouge est mérité, mais rien ne justifie les insultes envers l’emblématique légende des verts. Perrin a fait les frais d’un attaquant hors-pair comme beaucoup de défenseurs en ont fait les frais auparavant.

Malheureusement, Mbappé à du sortir sur blessure et ceux qui s’en réjouissent, au-delà d’être des sots, sont les mêmes qui célèbrent les victoires de l’équipe de France grâce aux exploits de l’ancien monégasque. Perrin n’avait aucunement pour objectif de le blesser, comme le prouvent ses excuses directes auprès de l’attaquant parisien. Le fin mot de l’histoire revient au principal intéressé :

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