26 novembre 2022
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🚹 [Exclu PVfr] Jessy Moulin : "J’ai eu des contacts avec le club"

AprÚs une premiÚre partie diffusée hier, retrouvez la suite de l'interview mené avec Jessy Moulin.

Cet Ă©tĂ©, il y a eu des rumeurs annonçant une volontĂ© de l’ASSE de te faire revenir pour accompagner Etienne Green et apporter ton expĂ©rience. Ces rumeurs Ă©taient-elles fondĂ©es ?

C’était fondĂ©, j’ai eu des contacts avec le club. AprĂšs ça ne s’est pas fait pour diffĂ©rentes raisons. Il y a eu des rumeurs, on y a pensĂ©, on en a discutĂ© et Ă  l’arrivĂ©e chacun des 2 clans a dĂ©cidĂ©, et moi en partie, et j’ai dĂ©cidĂ© de ne pas venir pour des raisons propres Ă  chacun. On en a parlĂ©, moi c’est un club qu’étais prĂȘt Ă  aider, qui me tient Ă  cƓur. Ça ne s’est pas fait.

Mais ça n’est pas parce que je serais venu, que ça aurait changĂ© quelque chose. J’aurai fait tout ce que j’aurais pu mais aprĂšs il y a d’autres Ă©lĂ©ments qui font que
 Le club a recrutĂ© des joueurs qui apportent de l’expĂ©rience, qui ont du vĂ©cu aussi. Ils ne connaissent peut-ĂȘtre pas le club comme moi je le connais mais ça n’est pas ça qui aurait forcĂ©ment tout changĂ©. On a eu des contacts, mais ça n’était pas avancĂ©, il n’y a pas eu de proposition de contrat.

Jessy MOULIN of Saint Etienne during the Ligue 1 match between Angers SCO and AS Saint-Etienne at Stade Raymond Kopa on March 13, 2021 in Angers, France. (Photo by Matthieu Mirville/Icon Sport) - Jessy MOULIN - Stade Raymond Kopa - Angers (France)

La Coupe du monde a commencĂ©, on a parlĂ© de jeunesse avec Etienne Green, forcĂ©ment on pense en ce moment Ă  William Saliba, qui s’est envolĂ© pour le Qatar. Mais on pense aussi Ă  Fofana Ă  Chelsea et Gourna Ă  Salzburg. Que penses-tu de tous ces jeunes que tu as beaucoup cĂŽtoyĂ©s et de leur progression fulgurante.

C’est incroyable. Kurt Zouma moi je me rappelle j’ai jouĂ© le match de rĂ©serve lorsqu’ils ont dĂ©cidĂ© de le faire monter en pro. Il jouait alors en rĂ©serve, j’étais lĂ , il Ă©tait trĂšs jeune il devait avoir 16 ans. C’était moi le gardien, je me souviens d’un gamin
 Il Ă©tait trop fort quoi. Physiquement c’était un monstre, il sautait il Ă©tait impressionnant, il allait vite, techniquement il Ă©tait au point. On sentait que l’explosion en pro n’allait pas tarder. Et puis aprĂšs on connait la suite, il a explosĂ©, beaucoup de maturitĂ©.

Kurt ZOUMA - 26.04.2014 - Evian Thonon / Saint Etienne - 35eme Journee de Ligue1

William (Saliba) lui il a directement enchainĂ© Gambardella et pro avec nous. Pareil c’est un gamin qu’on suivait, qu’on adorait aller voir jouer en Gambard’, on Ă©tait prĂ©sent pour lui quand il est arrivĂ©. VoilĂ  parce que c’est des gamins Ă  la base et ils passent dans le monde pro avec des grands garçons. Donc voilĂ  encore une explosion folle.

Didier DESCHAMPS Head Coach of France and William SALIBA of France looks dejected during the UEFA Nations League, group 1 match between Austria and France at Ernst Happel Stadion on June 10, 2022 in Vienna, Austria. (Photo by Hugo Pfeiffer/Icon Sport)

Lucas (Gourna) pareil, j’étais lĂ  quand il a commencĂ© Ă  jouer il y a 2 ans sous l’ùre Claude Puel. Je me souviens contre Strasbourg Ă  domicile en dĂ©but de saison (13 septembre 2020, 2/0), oĂč je fais un arrĂȘt, 2 arrĂȘts, aprĂšs il y a Kolo qui contre et Gourna qui est lĂ  pour revenir. Un gamin qui donnait son corps pour le club, qui n’a jamais rien lĂąchĂ©, qui est rempli de maturitĂ© pour son Ăąge. C’était vraiment intĂ©ressant de parler, Ă©changer, discuter avec lui. Ça ne m’étonne pas en fait. Quand on les voit, les qualitĂ©s qu’ils ont que ça soit sur le terrain ou en dehors, on ne s’étonne pas de voir oĂč ils sont maintenant.

06 Lucas GOURNA (asse) during the Ligue 1 Uber Eats match between Saint Etienne and Marseille at Stade Geoffroy-Guichard on April 2, 2022 in Saint-Etienne, France. (Photo by Alex Martin/FEP/Icon Sport) - Photo by Icon sport

Tout autre sujet, beaucoup de joueurs passĂ©s par SaintĂ©, Cabella entre autres, te dĂ©signaient comme le joueur le plus fou du vestiaire. Il y a quelques jours, Damien Perquis nous a accordĂ© une interview et en a fait de mĂȘme : « Jessy Moulin ! Sans contestations ! Je suis arrivĂ© quasiment en mĂȘme temps que lui dans le vestiaire stĂ©phanois. On s’est tout de suite apprĂ©ciĂ©s. Et encore aujourd’hui on s’appelle oĂč on s’écrit. Il Ă©tait, et est encore fou. Un bon vivant qui aime faire rire les autres »

Ça dĂ©pend ce que signifie le mot folie pour les gens. Si essayer d’ĂȘtre de bonne humeur tous les jours, mĂȘme quand au fond de moi ça ne va pas mais que j’ai besoin de ça pour ĂȘtre bien et parce que j’aime que les gens soient bien. Si c’est ça la folie, oui je suis complĂ©tement fou.

Car j’essaye de donner de la joie que ça soit Ă  mes enfants, Ă  ma famille, Ă  tout le monde, quoi qu’il arrive. AprĂšs quand j’étais jeune, si pour les gens faire un salto au milieu du terrain quand on marque ou dans le vestiaire, si c’était ça la folie oui c’est sĂ»r que j’étais fou. LĂ -dessus je me suis un peu calmĂ© (rires). Un mec comme Damien il Ă©tait aussi fou que moi, sauf qu’il ne faisait pas de saltos. Mais si on s’est bien entendu c’est qu’on aimait rigoler de tout, de n’importe quoi. Mais ça ne veut pas dire qu’on ne sait pas ĂȘtre sĂ©rieux. Aux entrainements on travaillait comme des fous. MĂȘme encore aujourd’hui, Ă  l’entrainement je suis super sĂ©rieux, j’ai une rage de vaincre sans faille. Mais Ă  tout moment je peux dire une connerie ou envoyer un salto sur le terrain, parce que ça me passe par la tĂȘte et qu’on rigole avec un collĂšgue.

Ça participe directement Ă  la bonne ambiance dans un vestiaire ! Bien sĂ»r, et puis je me rends compte chaque jour qui passe que je suis footballeur. Je viens faire du football, je suis obligĂ© d’ĂȘtre heureux. J’essaye d’ĂȘtre heureux Ă  chaque fois car c’est du foot. C’est inimaginable ce qu’on peut vivre avec ce sport. Ça me laisse des lots de surprises encore incroyables car on ne sait jamais ce qui peut arriver. Donc voilĂ , on est footballeur, on n’est pas Ă  la mine comme on dit. Donc c’est sĂ»r que j’essaye d’ĂȘtre le plus heureux possible sur le terrain.

Tu as passé 22 ans à Sainté. Tu es arrivé au centre de formation en 1999. Depuis tout ce temps, quel est ton meilleur souvenir à Sainté ?
Des souvenirs forts j’en ai vraiment beaucoup. Mon arrivĂ©e au centre de formation c’était une horreur tellement c’était dur de laisser ma famille. Le soir de la remontĂ©e en L1 Ă©galement. Aussi, un dernier match Ă  domicile de la saison, je ne me souviens pas la saison, j’étais encore au centre de formation mais j’étais descendu sur le terrain et j’avais dĂ©chirĂ© le maillot de JĂ©rome Alonzo.

Jessy MOULIN - 27.10.2013 - Saint Etienne / Paris Saint Germain - 11e journee de Ligue1

Gagner un derby, gagner mon premier match de Coupe d’Europe, franchement j’ai vĂ©cu des choses incroyables. J’ai rencontrĂ© des personnes fantastiques. C’est vraiment un club qui m’a marquĂ©, c’était fou fou fou.
Et ton meilleur match disputĂ© dans les cages ? Un derby ? Un match de Coupe d’Europe ? De coupe nationale ?
Pour moi le plus dur c’était de rentrer Ă  la mi-temps face au Beitar JĂ©rusalem (25 aoĂ»t 2016). Parce que je rentre et je sais que si on perd on n’est pas qualifiĂ©. C’était mon premier match en Coupe d’Europe. Et j’arrive Ă  faire un super match (0-0). C’était grandiose, gĂ©nial, on arrive Ă  se qualifier c’est magnifique.

AprĂšs contre Qabala, je pense que je fais un super match, je suis trĂšs propre, j’arrive Ă  prendre beaucoup de ballons aĂ©riens qui soulagent pas mal. Sur une soirĂ©e de Coupe d’Europe c’est fantastique. L’un des meilleurs matchs que j’aie pu faire
 Il y a Toulouse, je pense que je fais un bon match, on gagne 2-0 grĂące Ă  Beric et DioussĂ© (14 janvier 2018). Si on perdait on passait relĂ©gable, il y avait la grĂšve des supporters, c’était un gros match Ă  pression. C’est des matchs comme ça qui marquent, car c’est des matchs Ă  grosse pression, il ne faut pas se louper et quand on arrive Ă  sortir une bonne prestation, ça soulage Ă©normĂ©ment.

A contrario, quel est ou quels sont tes pires souvenirs à Sainté ?
DĂ©jĂ , quand je me suis cassĂ© le poignet en formation. Ça a Ă©tĂ© trĂšs dur, je restais au centre juste pour aller Ă  l’école. J’ai quittĂ© ma famille et j’étais loin de chez moi juste pour aller Ă  l’école. C’était une pĂ©riode trĂšs compliquĂ©e au centre de formation en 2000/2001.
Un souvenir trĂšs dur aussi c’est de perdre 2-1 Ă  Guingamp (20 dĂ©cembre 2017) dans les arrĂȘts de jeu alors qu’on est Ă  10. Hernani marque et aprĂšs on se prend 2 buts coup sur coup. On passe la trĂȘve en Ă©tant pas bien au classement.
AprĂšs je n’ai pas envie de le dire, mais la dĂ©faite 5-0 contre Lyon ça fait mal...

22 ans Ă  SaintĂ©, un peu plus de 10 ans dans le groupe pro, quel a Ă©tĂ© l’entraineur qui t’a le plus marquĂ© ?
Tous les entraineurs m’ont un peu marquĂ©. On connait les qualitĂ©s de Christophe Galtier, qui Ă©tait capable de mobiliser tout le monde. Ensuite Oscar Garcia j’ai beaucoup beaucoup aimĂ© mais il n’est pas restĂ© longtemps. C’est quelqu’un avec qui je suis encore en contact et que j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ©.

Elie Baup aussi, qui m’a fait signer pro (2006) avec qui j’avais une super relation, il Ă©tait gĂ©nial il connaissait trĂšs bien le poste de gardien. Jean-Louis Gasset, humainement top, avec qui on se rĂ©galait aux entrainements. AprĂšs il y a eu Puel qui m’a mis sur le devant de la scĂšne. Tous les entraineurs m’ont marquĂ© Ă  leur façon.

Claude Puel, headcoach of Saint-Etienne during the Ligue 1 match between Stade Rennes and AS Saint-Etienne at Roazhon Park on February 14, 2021 in Rennes, France. (Photo by Vincent Michel/Icon Sport) - Jessy MOULIN - Florent BATTA - Charles ABI - Claude PUEL - Aimen MOUEFFEK - Roazhon Park - Rennes (France)

Dans à peu prÚs un mois il y a un match amical (17 décembre) entre Troyes et Sainté à Besançon. Tu vas retrouver Sainté, Batlles et les anciens troyens.
C’est gĂ©nial, c’est que du bonheur de retrouver tout le monde, on a hĂąte.

Un petit pronostic pour la Coupe du Monde ?
J’espĂšre voir la France le plus loin possible. AprĂšs ils ont beaucoup de blessures, de vents contraires mais c’est ce qui fait la force d’une Ă©quipe. Sinon je vois bien le BrĂ©sil ou l’Argentine, des Ă©quipes qui sont en vue, qui onr fait de bonnes prĂ©parations.

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