26 novembre 2022
A la Une

🚹 Exclu PVfr : Jessy Moulin espùre que Laurent Batlles sera l'homme de la situation

Nous profitons de la trĂȘve internationale pour vous proposer une sĂ©rie d'interviews. Ce soir, place Ă  Jessy Moulin avec qui nous avons longuement Ă©changĂ© sur nombre de sujets : Troyes, la situation Ă  SaintĂ©, Batlles, Green... Voici la premiĂšre partie de cet Ă©change.

Salut Jessy ! Comment ça va et comment se passe ton aventure troyenne ? 

Ça va
 Il y a eu une pĂ©riode difficile d’adaptation, le fait de quitter la famille. Il y aussi eu le changement de coach, quand Laurent (Batlles) est parti. Donc voilĂ  mais sinon dans l’ensemble ça se passe bien, j’étais super heureux de ma fin de saison, d’avoir pu jouer, m’exprimer, d’avoir aidĂ© le club Ă  se maintenir. 

AprĂšs cette saison c’est un peu plus mitigĂ©, ils ont recrutĂ© un gardien (Mateusz Lis), ils m’ont passĂ© 3Ăšme donc voilĂ  c’est un peu plus compliquĂ© mais voilĂ  c’est le football. 

Jessy MOULIN of Troyes celebrates after the French Ligue 1 Uber Eats soccer match between Paris Saint Germain and Troyes on May 8, 2022 in Paris, France. (Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport)

MalgrĂ© tout, prends-tu toujours autant de plaisir Ă  encadrer le groupe, Ă  ĂȘtre un cadre du vestiaire ? 

Ça n’est pas lassant du tout, je vis avec mon temps, je vieillis aussi. J’essaye d’avoir toujours la mĂȘme Ă©nergie au quotidien pour aider le groupe sur le terrain la semaine. AprĂšs Ă  Troyes on a un groupe qui est assez jeune aussi, donc j’essaye d’ĂȘtre proche de tous les joueurs. Mais aprĂšs c’est aussi naturel, c’est un groupe qui vit bien. L’entente, les conseils, les discussions se font naturellement. 

Donc une saison un peu compliquée notamment due au fait que tu sois passé 3Úme gardien, on sait que tu es en fin de contrat en juin. Comment envisages-tu la suite ? 

Je ne sais pas trop pour le moment. Ce dĂ©but de saison a Ă©tĂ© difficile Ă  vivre pour moi. Le fait d’ĂȘtre passĂ© 3Ăšme et d’ĂȘtre loin de ma famille, fait que c’est assez dur. Moi j’essaye de me tenir prĂȘt, dĂ©jĂ  pour moi, ĂȘtre prĂȘt physiquement, prendre du plaisir sur le terrain. Et si quelque chose de bien se prĂ©sente Ă  moi, voilĂ  c’est sĂ»r que je regarderais. Mais je n’en fais pas une fixation. S’il n’y a rien, il n’y a rien et on verra. 

VoilĂ  moi je vais avoir 37 ans, physiquement je suis super bien, je suis Ă  mon poids de forme, j’ai des jambes, j’ai la tĂȘte. Ça ne me fait pas du tout peur de relever un dĂ©fi. AprĂšs on connait le football, les aprioris sur les joueurs qui ont passĂ© 30/35 ans, donc je ne me prends pas trop la tĂȘte avec ça. 

Jessy MOULIN of Troyes before the Ligue 1 Uber Eats match between Marseille and Troyes at Orange Velodrome on November 28, 2021 in Marseille, France. (Photo by Johnny Fidelin/Icon Sport)

Tout Ă  l’heure tu parlais de ta fin de saison derniĂšre, oĂč tu as jouĂ© 9 matchs et contribuĂ© Ă  maintenir l’ESTAC en L1. On se souvient notamment de ton gros match au Parc des Princes (match nul 2-2) et ta discussion avec Neymar avant un penalty. Quand on pense Ă  Paris, automatiquement on repense aussi Ă  ton gros match en finale de la Coupe de France en 2020. Et si Paris n’était pas une Ă©quipe porte-bonheur pour toi ? 

Ouais c’est vrai que j’ai aussi fait un match de Coupe de la Ligue lĂ -bas il y a quelques annĂ©es (16 dĂ©cembre 2015) oĂč on perd 1-0 sur un but de Cavani dans les 10 derniĂšres minutes. J’en parlais encore avec Jonathan Brison cette semaine on s’est appelĂ©. Il y avait beaucoup beaucoup de jeunes dans l’équipe, on avait tous fait un super match. C’est vrai que lĂ -bas il y a une atmosphĂšre que j’adore pour aller jouer. C’est des matchs fantastiques. C’est une chance incroyable de pouvoir jouer ces matchs contre ces joueurs-lĂ  et aussi de faire des arrĂȘts face Ă  ces joueurs-lĂ , ça vaut tout l’or du monde. 

Il est vrai que l’un de mes derniers matchs avec Troyes la saison derniĂšre Ă©tait au Parc. On a tous fait un super match, j’en garde un super souvenir. Y compris de mon Ă©change avec Neymar, qui Ă©tait naturel. Parce que les gens en ont un peu fait du buzz, mais sur le coup c’était juste deux joueurs qui discutent parce que c’était long entre la blessure du joueur (MbappĂ©) et la VAR. Donc on a Ă©changĂ© de 2/3 mots. 

Mais voilà c’est des super souvenirs, et jouer à Paris ça reste quelque chose d’incroyable. 

Est-ce que tu continues à suivre Sainté, les matchs, la tournure que prend la saison ? 

Évidemment je ne vais pas cacher que je regarde la situation du club, je regarde les matchs. Évidemment c’est un club qui m’a marquĂ©, j’y ai passĂ© 22 ans. Je regarde, et ça me fait de la peine de voir le club dans cette situation. 

A lire Ă©galement :  Coupe du monde : les ex-stĂ©phanois ne sont pas vernis !

On se souvient lors du dernier match de la saison de Troyes, oĂč tu avais jouĂ©, que tu avais demandĂ© au journaliste Ă  la fin du match le rĂ©sultat de SaintĂ© pour savoir s’ils allaient en barrage ou pas. 

On Ă©tait Ă  Lorient nous. La premiĂšre chose Ă  laquelle j’ai pensĂ© au coup de sifflet final, voire mĂȘme pendant le match oĂč parfois j’avais des pensĂ©es et je me demandais ce que faisait SaintĂ© parce que ça me faisait de la peine. Car Ă  Troyes Ă  ce moment-lĂ , le maintien Ă©tait acquis. Et je n’étais pas le seul dans le vestiaire Ă  ĂȘtre prĂ©occupĂ© par la descente de Saint-Étienne, mĂȘme des joueurs qui n’y ont jamais jouĂ© ont Ă©tĂ© interpellĂ©s. Le club de SaintĂ© reprĂ©sente beaucoup de choses dans le championnat de France et en gĂ©nĂ©ral.

Jessy MOULIN of Troyes during the French Ligue 1 Uber Eats soccer match between Troyes and Lille at Stade de l'Aube on May 1, 2022 in Troyes, France. (Photo by Baptiste Fernandez/Icon Sport)

AprĂšs la relĂ©gation de SaintĂ©, un nouveau coach est arrivĂ© Ă  Saint-Étienne, Laurent Batlles que tu connais trĂšs bien. Tu as expliquĂ© ĂȘtre venu Ă  Troyes Ă  l’époque en partie grĂące Ă  lui, mais tu le connaissais aussi de SaintĂ© oĂč tu as jouĂ© avec lui, et tu as partagĂ© une chambre Ă  L’Etrat avec lui. Quel regard tu portes sur sa carriĂšre d’entraineur jusqu’à maintenant et que penses-tu de sa situation Ă  SaintĂ© ? 

C’est difficile pour moi d’en parler parce que je connais Ă©normĂ©ment de monde dans le club Ă  SaintĂ©. Je ne connais pas tous les tenants et aboutissants de ce dĂ©but de saison. Et puis ça n’est pas Laurent non plus qui gĂšre le club. Lui essaye de faire du mieux qu’il peut c’est sĂ»r. Je connais sa façon de travailler, c’est quelqu’un de trĂšs professionnel, qui ne lĂąche pas, qui est trĂšs pĂ©dagogue. Il sait et essaye de faire passer des messages avec passion, son envie de bien jouer et d’avoir des rĂ©sultats. J’espĂšre pour lui, pour l’homme qu’il est, que ça sera l’homme de la situation. 

Je vais te parler d’un gardien que tu connais trĂšs bien. C’est Etienne Green qui a Ă©clot pendant ta blessure Ă  la fin de la saison 2020/2021. Il avait bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un concours de circonstances car Bajic Ă©tait aussi indisponible. Que penses-tu de ce jeune gardien qui traverse des pĂ©riodes difficiles depuis la saison derniĂšre ? De l’homme qu’il est ? 

C’est quelqu’un de trĂšs gentil Étienne, de trĂšs humble, qui est assez rĂ©servĂ©. En tant que gardien il a su saisir sa chance, et Ă  enchainer les titularisations. Il a fait les matchs qu’il fallait, il a sorti un penalty, il a fait des matchs probants et il a su saisir ça. AprĂšs on sait que dans le football, le plus dur c’est de confirmer. Il arrive dans une pĂ©riode oĂč le club n’est pas au mieux. Donc c’est sĂ»r que c’est dur, c’est compliquĂ©. 

Pierre LEGAT (ARBITRE) - 42 Etienne GREEN (asse) during the Ligue 2 BKT match between Pau and Saint Etienne on September 5, 2022 in Pau, France. (Photo by Romain Perrocheau/FEP/Icon Sport) - Photo by Icon sport

AprĂšs Ă  un moment donnĂ©, quand on prend un certain nombre de frappes dans un match, un gardien ne peut pas tout sortir non plus, au bout d’un moment on prend des buts, on n’est pas des robots. Peut-ĂȘtre qu’il a souffert de ça aussi. AprĂšs il a commis des erreurs sur ses cartons, qui ont fait que sa confiance a surement diminuĂ©. Et Ă  ce poste-lĂ , la confiance est tellement importante. 

Moi je lui souhaite qu’une chose : que la confiance revienne Ă  grands pas et qu’il remontre Ă  tout le monde toutes les qualitĂ©s qu’il a : un gardien dynamique, qui a une certaine prestance dans sa cage, qui est capable de faire des super choses, et de super arrĂȘts. Il est trĂšs jeune, malgrĂ© tout il n’était peut-ĂȘtre pas prĂ©parĂ© Ă  ça aussi. 

Peut-ĂȘtre d’ailleurs que cette longue trĂȘve va lui permettre de se relever et les matchs amicaux de lui redonner un peu de confiance. 

Bien sĂ»r ! Il n’y a rien qui est jouĂ©. Je repense Ă  un gardien comme GaĂ«tan Poussin Ă  Bordeaux. Il a vĂ©cu une saison trĂšs trĂšs dure l’annĂ©e derniĂšre, on se souvient qu’il a fait une ou deux grosses erreurs. Et cette annĂ©e c’est l’un des meilleurs gardiens de L2 cette saison, il fait une super saison. Ça n’est pas parce qu’à un moment donnĂ© on est dans le trou, qu’on ne peut pas en sortir. Au contraire, c’est lĂ  oĂč on voit la force de caractĂšre des gens."

Partie 2 prochainement ! Merci encore Ă  Jessy Moulin pour cet entretien et Ă  l'ESTAC.

P