Par Max Amory Publié le 20 août 2026 à 07h58
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L'AS Saint-Étienne entame ce samedi 8 août sa troisième saison consécutive en Ligue 2, sur la pelouse du FC Sochaux-Montbéliard. Une situation que personne au sein du Peuple Vert n'imaginait après la désillusion du barrage perdu contre Nice, conclu par une lourde défaite 4-1 à l'Allianz Riviera qui a renvoyé les Verts à l'échelon inférieur pour douze mois de plus.

Le club repart pourtant avec le même objectif, un entraîneur inédit et un effectif profondément remanié. La question qui traverse le Forez depuis l'intersaison reste la même : cette équipe a-t-elle enfin les moyens de terminer le travail ?

Les bookmakers font des Verts un co-favori

Les opérateurs n'ont pas dégradé le statut stéphanois malgré l'échec du printemps. Sur le marché de la montée en Ligue 1, Winamax place l'ASSE à 1,65, exactement au même niveau que le FC Nantes, devant le FC Metz à 1,80, le Stade de Reims à 2,15 et Montpellier à 3,75. À l'autre bout du tableau, une éventuelle descente en Ligue 3 des Verts est cotée à 50, ce qui donne la mesure de l'écart perçu avec le bas de tableau.

Ces chiffres traduisent une confiance intacte dans les moyens du club, mais aussi une hiérarchie plus resserrée qu'il y a un an, quand Saint-Étienne partait seul en tête des pronostics. Pour ceux qui suivent ce marché sur l'ensemble de la saison, il est encore temps de récupérer le code promo Paripesa à utiliser en 2026 avant le coup d'envoi à Bonal. Reste que derrière les cotes, plusieurs paramètres ont changé en profondeur du côté de Geoffroy-Guichard.

Ian Cathro, le pari inattendu de Kilmer Sports Ventures

Le premier changement concerne le banc. Après l'échec des barrages, la direction a remercié Philippe Montanier et confié l'équipe à Ian Cathro, technicien écossais au profil très différent de ses prédécesseurs. Le nouveau staff a lancé la préparation le 1er juillet au Centre sportif Robert-Herbin, pour un stage estival de près de six semaines.

Ce choix illustre la ligne de Kilmer Sports Ventures, propriétaire du club, qui privilégie un entraîneur jeune et une méthodologie moderne plutôt qu'un profil expérimenté de Ligue 2. Le pari comporte une part de risque, puisqu'il faudra installer rapidement des automatismes dans un championnat qui ne laisse pas le temps aux ajustements. Julien Le Cardinal, désigné nouveau capitaine, aura un rôle central pour faire le lien entre le vestiaire et ce nouveau projet de jeu.

Un effectif privé de ses deux meilleurs éléments

Le deuxième changement est plus préoccupant. Saint-Étienne a perdu les deux joueurs qui portaient l'équipe la saison passée. Lucas Stassin, valorisé autour de 15 millions d'euros et courtisé depuis deux marchés, a quitté le Forez, tout comme Zuriko Davitashvili, estimé à 12 millions et élu meilleur joueur de Ligue 2, seul buteur stéphanois lors du barrage contre Nice.

Pour compenser, la direction a misé sur des profils offensifs avec les arrivées de Jakob Breum et Thierno Ballo, complétées par la signature de Sohaib Naïr. D'autres pistes restent actives, notamment celles menant à Camilo Mena et Yanis Begraoui. Sur le papier, ces recrues correspondent aux ambitions affichées, mais aucune n'arrive avec le statut ni le rendement immédiat des deux partants. La question du buteur reste donc entière à quelques heures du coup d'envoi.

Une concurrence nettement plus dense

Le troisième paramètre, et sans doute le plus déterminant, tient à l'environnement. La Ligue 2 2026-2027 accueille deux relégués de Ligue 1 aux structures solides, le FC Nantes et le FC Metz, auxquels s'ajoute un Stade de Reims qui n'a pas réussi à remonter du premier coup et repart avec un effectif rodé à la division.

Olivier Dall'Oglio, ancien entraîneur des Verts, résumait la situation en estimant que l'ASSE est un peu moins le PSG de la Ligue 2 cette année. Il citait également Rodez parmi les équipes capables de bousculer la hiérarchie, un club que Saint-Étienne avait justement éliminé en barrages la saison dernière. Avec seulement deux places de montée directe et une hiérarchie aussi compacte, la marge d'erreur se réduit considérablement.

La leçon que le barrage contre Nice a laissée

Il y a un an, l'ASSE partait avec une cote encore plus courte et le statut de favori numéro un. Le club a pourtant vu Le Mans lui ravir la deuxième place lors de la trente-deuxième journée, après l'avoir occupée depuis la vingt-quatrième, avant de s'effondrer en barrage.

Cet enchaînement rappelle que les moyens financiers ne suffisent pas à ce niveau, et que la Ligue 2 se gagne dans la régularité plus que dans les coups d'éclat. Les points perdus contre des équipes de milieu de tableau, en février comme en avril, coûtent finalement plus cher qu'une élimination en barrage, puisqu'ils obligent précisément à y passer.

Sochaux, premier indice avant une longue saison

Le déplacement de samedi soir tombe donc à un moment charnière. Sochaux reçoit le favori annoncé du championnat, dans un stade qui sera plein, avec l'ambition classique du club qui n'a rien à perdre face à une écurie aux moyens supérieurs.

Ce genre de rendez-vous a précisément coûté des points aux Verts lors des exercices précédents. Un succès à Bonal ne réglerait évidemment rien sur trente-quatre journées, mais il enverrait un signal utile sur la capacité de l'équipe de Ian Cathro à assumer un statut que Saint-Étienne traîne désormais depuis trois ans sans parvenir à le convertir.