8 décembre 2022
Actualité

🚨 Exclu Pv.fr : "Le centre", les premières images du documentaire en exclusivité !

Les murs de l'Etrat ont connu une année 2021-2022 éprouvante. Cette saison a été filmée. "Le centre" est un documentaire sur le centre de formation de l'AS Saint-Etienne qui dure 52 minutes. Il sera diffusé le 24 novembre sur France 3 à 23h10. Un reportage qui sera disponible en replay. Aussi, une diffusion est prévue sur Public Sénat, courant décembre. Les réalisateurs Alexandre Donot et Raphaël Rivière ont tourné pendant 1 saison pleine de juillet 2021 à juillet 2022.

« Ce film est le portrait du centre de formation », il ne retrace en rien une saison sportive d'une manière rectiligne. Les deux hommes sont unanimes pour dire que l'idée de ce projet est de mettre en lumière le travail au sein du centre de formation. Le travail des différents membres qui le composent (éducateurs, joueurs, personnels accompagnants etc).

Aussi, ils ont vite compris que l'environnement du football est compliqué à comprendre. Il faut fatalement sauter sur les informations. En effet, beaucoup de choses se font de manière informelle. Il a fallu gagner la confiance des différents acteurs mais au fil du temps l’évolution a été flagrante face à la caméra.

Pour peuple-vert, les deux réalisateurs ont accepté de répondre à nos questions afin d'étailler plus précisément leur projet.

Qu'est-ce qui a motivé ce projet ? D'où vient l'idée de ce film ? A-t-il été difficile à tourner ?

On s’est rencontrés avec Alexandre à la fin de nos études de cinéma et on est vite devenus copains parce qu’on aimait tous les deux beaucoup le sport, notamment le vélo et le football. D'ailleurs, on a fait du foot à 7 ensemble !

C’est comme ça qu’on a voulu faire un film qui montrerait ce milieu d’une façon différente.  On a présenté le projet à Bernard Caiazzo et Roland Romeyer et on a tout de suite eu leur aval mais il a fallu ensuite convaincre les gens qui travaillent quotidiennement  au sein du club et ça a été le plus difficile. D’autant plus qu’on tenait beaucoup à rester complètement indépendants et absolument libres dans ce qu’on allait montrer.

Nous avons eu un gros travail au départ pour faire comprendre nos objectifs. Nous n'avons pas l’étiquette de journaliste et nous voulions nous inscrire dans un temps long.  Au départ, le travail d’immersion était très compliqué mais cela a très bien évolué.

Si notre présence n’était plus un sujet, c'est parce qu’on a noué une relation avec eux. Ils nous ont fait confiance et nous on a aussi appris à les connaître et à les apprécier, c’est quelque chose de réciproque. Nous avions du plaisir à les filmer parce qu’on a découvert qu’ils avaient tous quelque chose de très cinématographique, chacun à leur manière c’étaient des personnages de cinéma.

Notre film était axé sur le travail. On ne voulait pas faire ce film sur « le rêve de leur vie » mais c’était sur le quotidien et le pragmatisme de leur quotidien. Notre objectif n'était pas d'être dans le sensationnalisme, on voulait travailler globalement sur le club, les forces en présence et la dynamique globale du centre.

Une saison catastrophique qui n'a pas dérangé votre travail ? (Relégation en ligue 2)

Les pros n’apparaissent pas au montage. On a filmé quelques entraînements de Pascal Dupraz où des jeunes s’entraînaient avec les pros. Le centre de formation est assez imperméable aux résultats des pros. Il y a un quotidien qui est assez immuable. Quoi qu’il arrive ils ont pour mission de former.

Le groupe pro a été traité de façon périphérique. Les éducateurs les protègent beaucoup du monde pro. Ils savent les sollicitations qu'ils subissent. Les éducateurs ont un grand rôle dans tout ça pour leur faire garder les pieds sur terre.

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Les éducateurs sont très complémentaires. Ils ont des postes affectifs différents. C’est des personnes touchantes. C’était agréable de voir comme ils nous ont fait confiance.

Des anecdotes de tournage ?

Le 1er jour où on a tourné, c’est le départ de Jessy Moulin (ndlr : départ pour l'ESTAC avec Laurent Batlles). Il a salué tous les membres du centre de formation un par un. Dans un monde viril et pudique, ils étaient très émus de se voir partir. C’est un milieu dur habituellement et c’était un chouette moment. (Une séquence non diffusée dans le doc).

Aussi, nous avons accompagné les joueurs en ville. Ils allaient chez le coiffeur. Le surveillant avait donné l'horaire de retour pour les jeunes. On est tellement en retard que nous sommes rentrés en Uber. Ils devaient aller au stade pour être ramasseur de balles. Le surveillant n’a pas osé les pénaliser car ils étaient avec nous (rires).

Qu’est ce qui est diffusable ou non ?

C’est une question que nous nous sommes posée continuellement. Les entretiens (entre éducateurs, familles et joueurs) sont les pires moments à filmer. Certaines familles ne voulaient pas être filmées pour ce moment crucial.

Il y a notamment une scène entre les coachs où ils se mettent d’accord pour savoir qui sont les joueurs qui continueront l'aventure la saison prochaine. Ils ne sont pas d’accord et font des paris sur certains joueurs.

Des anecdotes de joueur ? Si vous deviez en garder qu'un pour comme joueur ça serait lequel ?

Nous n’étions pas dans une attitude de devenir copain avec eux et nous voulions être égaux avec tous. On a essayé de filmer tous et ils ont été très généreux pour nous, c'était vraiment agréable.

Les joueurs ont été agréables, nous n’avons jamais eu de soucis. Ca s’est toujours bien passé. Nabil Ouennas est un sacré personnage. C’est un jeune joueur qui est touchant. Il est très présent au centre !

Mathis Amougou et Enzo Mayilla nous ont monté un numéro de danse pour Noël et c'était impressionnant ! Ils ont été excellents.

Quels sont vos satisfactions et vos déceptions à l'issue de ce projet ?

Satisfactions : On comprend comment un centre fonctionne d’un point de vue humain. Je pense que même ceux qui y travaillent vont découvrir des choses. On a filmé chaque membre du quotidien du centre de formation et c'est une vraie satisfaction de mettre tout le monde en lumière.

Déceptions : On aurait apprécié filmer quelques mois de plus. Notre présence n’était plus un sujet. Nous n'avions plus à nous "justifier" de nos actes. Nous avions gagné leur confiance. On aurait presque filmé une année supplémentaire !

Quels sont les moments clefs de la saison selon vous ?

On retient deux moments.

Le premier c'est la Gambardella contre Lyon. Les joueurs étaient tendus et Dogon a dû dédramatiser tout ce match. Vu le contexte du club, cette rencontre a été intense.

Le deuxième c'est le match contre Toulouse (U19) : deux grosses blessures (Bladi et le gardien de Toulouse). En plus, Darling Bladi venait d’avoir son entretien pour dire qu’il continuait l’aventure à Sainté. Il y avait sa maman présente. C'était vraiment dur comme moment. Aussi, il y a le gardien toulousain qui se fait mal. Il hurlait "ma carrière, ma carrière !" c’était horrible, c'était glaçant mais c'est aussi la réalité de ce milieu !

Un grand merci à Alexandre et Raphaël pour leur disponibilité. En exclusivité, voici une partie des 52 minutes de ce magnifique reportage.

En exclusivité un passage avec Romain Hamouma qui n'apparait pas dans le documentaire

 

 

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