[INTERVIEW] Yohan Mollo ne ferme pas la porte à l’équipe de Russie !

Rsport, un site sportif russe, a accordé une très longue et intéressante interview à Yohan Mollo. Le joueur du Krylia Sovetov, prêté par l’ASSE est actuellement courtisé du côté de la Russie comme il le confirme dans cette interview, ce qui va dans le sens de l’information que nous vous délivrions hier en exclusivité en France.

Au-delà de sa nouvelle vie en Russie, Yohan Mollo évoque son cousin André-Pierre Gignac et, chose étonnante, ne ferme pas la porte à l’équipe de Russie !

Yohan, imaginiez-vous, il y a quelques années, que vous joueriez un jour en Russie ?

– Non, bien sûr, je ne pouvais pas. Parce que dans mon pays on ne parle pas vraiment beaucoup de la Russie. Je pense que c’est parce que très peu de gens connaissent de choses au sujet de la culture de ce pays, en particulier la culture du football. Nous connaissons beaucoup plus les championnats d’Angleterre, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, mais pas le championnat russe. Par conséquent, je ne me suis jamais posé la question de la Russie…

– Pourquoi le football ? Est-ce un choix d’être devenu un footballeur ?

–  J’ai commencé le foot en centre de formation. Ce n’était pas un choix au début, je voulais juste m’amuser. Après quelques semaines, les entraîneurs ont vu mes progrès. Je me suis dit qu’il fallait continuer et que je pourrais réussir, ce que je fis. J’ai commencé comme ça, et puis j’ai grandi en tant que joueur. Cela m’a permis de passer pro…

– Vous rappelez-vous de votre première rencontre ?

– Bien sûr, je m’en souvient très bien. Il serait dommage d’oublier ! Je me souviens de ma première entrée en jeu, mon premier maillot et mon premier but – c’est une chose inoubliable, parce que quand vous jouez au football, de telles choses arrivent une fois dans une vie, et elles ne s’oublient pas !

– C’est très bien, mais, il y a bien un moment où vous vous dites « Je vais arrêter le football » ?

– Non, pas du tout. Parce que quand je pense à ce sujet, ça me fait vraiment peur !

– Quels sont vos hobbies en dehors du football?

– Je veux faire du sport, aller au cinéma, aux restaurants et simplement passer du temps avec mes amis. Ce sont juste des passe-temps, à première vue, mais pour être honnête, j’aime juste être avec des amis et avec ma famille.

– Que diriez-vous de rester en Russie ?

– Ceci est une question que je me pose, que beaucoup de gens me posent. Il y a beaucoup de paramètres. Je réfléchis, je regarde les conditions de travail et le fait que certains clubs me sollicitent. Mais ceci n’est qu’une possibilité, en tout cas, je suis ouvert à de tels propositions.

– En arrivant en Russie, votre vie a-t-elle changée ?

– Difficile à dire. Il me semble qu’ici, ma vie est devenue beaucoup plus calme. Mais quand vous jouez au football à un niveau professionnel, vous devez vous astreindre à une hygiène qui vous permette d’être performant, vous gagnez en expérience à ce niveau, donc peu de choses ont changé pour moi. Je continue à faire ici ce que je faisais déjà en France…

– Que pouvez-vous dire au sujet de la Russie en tant que pays ?

– Les Russes ont un grand point commun : ils sont un peu froid au début, quand vous ne les connaissez pas, mais quand vous arrivez à mieux les connaître, ils sont beaucoup plus ouverts. Je suis sûr que c’est lié à l’Histoire, je veux dire que les gens ne sont peut-être pas si froids au fond. J’aime beaucoup vivre ici. J’aime l’architecture à Moscou et à Saint-Pétersbourg. Les gens sont très agréables, sympathiques mais aussi stricts et sérieux ! Cela dépend du contexte dans lequel vous les rencontrez…

– Vous avez parlé de l’architecture. Ce fut l’occasion de parcourir le pays et de le visiter ?

– En Russie ? Un peu : je suis allé à Kazan pour visiter la ville, bien sûr, et je me suis rendu à Moscou dès que possible, car j’ai un ami qui y vit.  Mais de manière générale je ne voyage pas beaucoup.

– Comment se passe votre apprentissage du russe ?

– J’apprends lentement (réponses en russe).

– Vous n’êtes pas marié ?

– Non, pas marié.

– Que pouvez-vous dire au sujet des femmes russes ?

– Oh ! Les femmes Russes sont très belles ! A chaque fois que j’en croise je me dis qu’elles sont de plus en plus belles !

– Pourriez-vous épouser une Russe ?

– Peut-être (réponses en russe). Comme je le disais, je suis venu ici pour jouer au football, mais si l’amour me trouve par surprise, pourquoi pas…

– Vous sentez-vous en sécurité en Russie ?

– Oui, parce que les gens ne ressentent pas en moi quelqu’un qui vit différemment. D’ailleurs, je ne suis pas un aventurier, j’essaye d’être un citoyen paisible et tranquille. Honnêtement, je ne fais rien qui pourrait faire qu’on me remarque.

– En France s’est produite une série d’attentats terroristes. Votre famille a-t-elle été touchée ?

– Dieu merci, non, ma famille vit dans une autre ville.

– Et que pensez-vous de la situation dans le monde aujourd’hui ?

– C’est très triste pour nous tous et pour la France dans son ensemble, parce qu’on sait que cela peut arriver à tout moment. Cela fait peur aux gens. C’est triste pour le monde entier. Tous ces décès provoquent beaucoup de douleur. Ceci est un problème commun. Je pense qu’il est difficile d’accepter le fait que nous perdons des vies.

– Ces attaques sont expliquées par des considérations religieuses. À votre avis, le problème provient-il des différences de religions ?

– Non, je crois en Dieu, mais, malheureusement, c’est maintenant plus une question de politique, et je ne peux rien dire à ce sujet parce que ça ne me regarde pas et que je ne veux pas me livrer à de telles discussions. Il y a autant d’opinions que de personnes. J’ai été élevé dans la tolérance, je suis un croyant. Mais tout le monde a une opinion, son propre chemin…

– Vous avez grandi à Marseille,est-ce vraiment une ville tolérante ?

– Oui, parce qu’il y vit des gens issus de plusieurs nationalités, il y en a beaucoup.

– N’avez-vous pas l’impression d’être plus en sécurité en Russie ?

– Non, je ne pense pas, parce que, comme je l’ai dit, j’ai l’impression qu’en ce moment cela pourrait se produire partout dans le monde. Ce n’est pas une question de lieu. Mais je me sens tout à fait en sécurité ici.

– Revenons au football. Vous avez probablement regardé le match amical entre la Russie et la France. Quelles sont les chances de la Russie lors du prochain Euro ?

– Bien sûr que j’ai regardé ! Je suis actuellement en Russie et, pour être honnête, je peux dire que mon cœur est à moitié Russe et à moitié Français. C’est aussi une question de respect. Par exemple, je ne suis pas sûr que la Russie ne puisse pas battre la France. Le football progresse en Russie. Par conséquent,les Russes ont une bonne chance. En Russie, je joue beaucoup contre les joueurs de l’équipe nationale. J’aime beaucoup cela car cela me permet de m’améliorer. Je pense qu’ils seront bien et vont gagner des matches.

– Et en France ? Tout le monde dit que la France est l’un des principaux favoris de l’Euro.

– Oui, je le pense aussi, parce que la France est une grande nation de football. Ils sont vraiment l’un des favoris, mais quand une équipe affronte notre équipe nationale, cela reste onze joueurs contre onze joueurs. Ce qui est important c’est la motivation, la détermination. La victoire passe par là.

– Vous avez joué en équipe de France chez les jeunes. Rappelez-vous aux côtés de qui vous jouiez ?

– Oui, j’ai joué avec Moussa Sissoko , Mamadou Sakho , un peu avec Antoine Griezmann . Mais pas longtemps. J’ai également joué avec Yann M’vila .

– Et Karim Benzema ?

– Je n’ai jamais joué avec Karim, il a deux ans de plus que moi.

– Il y a eu beaucoup de bruit autour de l’affaire Benzema – Valbuena . Que pensez-vous de cette histoire ?

–  Je pense que c’est un accident. Je ne suis pas avocat, mais c’est très triste. Karim est très talentueux, et maintenant ces problèmes affectent sa carrière. On est tellement loin du football…

– Et vous n’avez pas communiqué avec Valbuena ?

– Je ne le connais pas personnellement.

– A votre avis, Valbuena n’a-t-il pas eu tort de retourner en France après être venu en Russie ?

– Je pense que tout le monde fait ses choix. Il serait évidemment mieux de le voir jouer en Russie, peut-être que la Russie lui manque, peut-être qu’il n’est pas si bien en France. Mais honnêtement, je peux comprendre, parce que c’est un grand joueur, il a bien performé en Russie, mais également en France. En tout cas, c’était son choix.

– Est-il possible que vous puissiez intégrer l’équipe de France ?

– Cela me paraît difficile car il y a de très bons joueurs en équipe de France. Mais la Russie a une très bonne équipe nationale et un bon championnat. Pour moi, jouer en équipe nationale est une étape à laquelle j’aspire toujours.

– Il est nécessaire d’obtenir la citoyenneté russe et de parler le russe pour intégrer l’équipe nationale et jouer la Coupe du Monde en 2018…

– Je suis en train de progresser et de grandir dans ce pays, d’en apprendre la culture. J’aime être ici. La Russie est une belle nation. Je respecte beaucoup ce pays.

– Et vous pourriez joueur à la place d’Artem Dzyuba (Zénith St-Petersbourg) ?

– Heureusement, nous jouons à des positions différentes. Je ne voudrais pas le déloger, mais je pense que cela pourrait l’aider.

– La France a accueilli la Coupe du Monde en 1998. Avez-vous rêvé de jouer cette coupe du monde ?

– Oui, au moment où je commençais juste à devenir un joueur de football. Chaque joueur veut jouer  un Euro, une Coupe du Monde. Et pour moi, ça a toujours été un objectif.

– Est-il possible de comparer les championnats de la Russie et de la France ?

– Je pense que le championnat russe est plus ouvert, bien plus athlétique, mais je pense que les approches tactiques sont différentes. Le jeu est très propre, très fermé en France. Ici, le football est plus ouvert, il m’impressionne beaucoup plus. Il y a beaucoup de buts ici, ce n’est pas le cas en France.

– En France, le jeu est très discipliné et rugueux. N’aviez-vous pas peur de vous faire « couper en deux » sur le terrain ?

– Non, parce que je travaille beaucoup sur la technique et je tiens à beaucoup toucher la balle sur le terrain. Même avant de devenir un joueur de football, j’ai compris qu’il fallait être courageux, être prêt pour le combat, sentir le terrain, ne pas éviter les contacts avec les adversaires. Le contact est souvent nécessaire pour sortir de la défense et attaquer, donc je n’ai jamais peur.

– Quel est le joueur le plus rugueux que vous ayez rencontré sur un terrain ?

– Pour être honnête, je pense qu’il joue dans mon équipe ( Saint-Etienne). Son nom est Moustapha Bayal Sall.

– Enfant, quelles étaient vos idoles ?

– J’ai beaucoup pris exemple sur d’autres joueurs. Je suis fan de joueurs forts individuellement. Les regarder est un grand plaisir.

– Un joueur vous plait-il en particulier ?

– Je n’ais pas de modèle particulier.

– Un joueur préféré dans le monde ? Dans votre équipe ?

– J’aime le Real Madrid, tout comme Barcelone. J’aime Cristiano Ronaldo et Lionel Messi. Et si vous me demandez de choisir, c’est impossible car ces deux équipes sont composées par les meilleurs joueurs du monde.

– Ton cousin s’appelle André-Pierre Gignac. Parle-nous de lui.

– J’ai grandi avec lui, j’étais très proche. Je suis vraiment content de son succès et de ce qu’il a réalisé. Sa carrière, ce qu’il est devenu, ce qu’il a accompli. Il a eu des problèmes dans sa carrière, c’est un joueur atypique.

– Est-il un exemple pour vous ?

– Pour moi, c’est un exemple. En tant que joueur vous devez être un combattant. Tout ne vous tombe pas dessus tout cuit. Vous avez besoin d’avoir des gens qui croient en vous, et j’ai toujours cru en ça, peu importe la situation.

– André-Pierre Gignac a joué pour l’OM, pour l’équipe de France et votre carrière a été un peu plus modeste… Vexé ?

– Jouer pour Marseille a toujours été mon rêve, mais je suis très heureux qu’il ait incarné mon rêve. Je sais la chance que j’ai de l’avoir. Ma vie ne cesse pas, elle continue. Quand je repense à ce que j’ai déjà vécu, je comprends que j’ai une vie merveilleuse. Je vis ma passion et j’écris ma propre histoire.

– Qu’est-ce qui est plus important: une vie mesurée ou la mise en œuvre de vos ambitions ?

– Pour moi … Eh bien, je peux dire que je suis une personne très ambitieuse. Parfois, il faut sacrifier beaucoup, parce que ma vie c’est mon travail, et je vis ma vie pour plaire aux gens qui croient en moi. Il est hors de question que je brise ma vie ou ma carrière, donc, en dépit de l’ambition, je suis très sérieux et très travailleur.

Traduction : Peuple-Vert.fr

Alexandre S.
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Créateur de Peuple-Vert.fr en mars 2015.
Je suis bien évidemment supporter des Verts depuis que j'ai une douzaine d'années... Voilà donc près de 30 ans que je suis tombé dans le chaudron de potion magique !
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Une pensée sur “[INTERVIEW] Yohan Mollo ne ferme pas la porte à l’équipe de Russie !

  • 20 avril 2016 à 23 h 26 min
    Permalink
    yohan est une valeur sure en fait !alors que d’autres sont aussi changeant que des sites de football.

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