Benoît Assou-Ekotto : un zest de fighting-spirit à l’ASSE !

Avant sa probable signature, Peuple-Vert.fr vous propose une présentation de Benoît Assou-Ekotto afin de bien appréhender un personnage qui dérange dans le milieu du football professionnel…

Benoît Assou-Ekotto est né à Arras, à quelques kilomètres de Lens. « Je sui arrivé à Lens à 11 ans, après avoir fait mes premiers pas à l’ASPTT Arras. J’ai intégré le centre de formation de Lens à 14 ans, puis la CFA à 17 ans. »

C’est face au PSG qu’Assou-Ekotto va gagner ses galons de titulaire au RC Lens durant la saison 2004/05. De 3 matches joués en 2003/04, il apparaîtra 29 fois en 2004/05. Une réussite qu’il doit à lui-même et à ses éducateurs : « Je suis très fier de savoir ma mère dans les tribunes car elle s’est fait beaucoup de souci pour moi quand j’étais adolescent. J’ai également, très régulièrement, une pensée pour tous les formateurs de La Gaillette (centre d’entraînement du RC Lens, ndlr) car sans eux je n’en serais pas là aujourd’hui. »

Benoît Assou-Ekotto a  du cran : en juin 2005, alors qu’il sait déjà qu’il jouera sous les couleurs du Cameroun, il refuse une convocation chez les A des Lions indomptables ! Un choix guidé par des raisons personnelles, mais ce sera reculer pour mieux sauter puisqu’en septembre 2005, s’offre à lui le choix d’intégrer l’équipe de France ou celle du Cameroun. Il choisit le Cameroun et s’en explique : « Je me sens plus camerounais que français. Mes fréquentations sont plus africaines qu’européennes. En plus, avec l’équipe de France, il y a beaucoup de complications. Je veux parler de la concurrence. » En effet, la concurrence est rude à l’époque puisque René Girard peut disposer avec les Espoirs de Clichy, Berthod ou encore Mathieu au poste de latéral gauche… Et puis Assou-Ekotto avec un franc parlé qui est sa marque de fabrique va expliquer tout haut ce que beaucoup pensent tout bas (Geoffrey Jourdren l’a évoqué au printemps 2015) : « En France, si ta tête ne plaît pas, tu ne joues pas… Au Cameroun, au moins c’est plus simple. » Assou-Ekotto ne rentre pas là-dedans ! Les petits copinages qui permettent à untel ou untel de jouer… Pour lui, il y a plus de transparence au Cameroun…

Formé au RC Lens, dans un club qui partage beaucoup de similitudes avec l’ASSE, Benoît Assou-Ekotto s’étonne de l’engouement du public et de sa fidélité : « J’avoue que j’ai quand même du mal à me mettre à leur place. Je ne m’imagine vraiment pas en train d’aller voir une bande de loustics défiler en jogging ! Je ne me considère pas comme une superstar ou même un super joueur professionnel. Mais c’est sûr que ça fait plaisir. » En effet, durant toute sa carrière Benoît Assou-Ekotto n’a jamais cessé d’expliquer et d’assumer qu’il n’était pas un footballeur passionné mais un travailleur qui souhaite gagner de l’argent. C’est d’ailleurs pour cela qu’il quitte Lens pour l’Angleterre en 2006 : « Oui, c’est juste un boulot, quand je jouais en France, tu sais, j’étais avec ma mère, mes potes, bref, j’étais chez moi. Pourquoi je serais venu en Angleterre, alors que je ne parlais pas un mot d’anglais, si ce n’était pas pour un simple boulot ? […] Moi, mon job, je le fais pour gagner de l’argent. Comme toutes les personnes sur terre. Je ne comprends pas ceux qui ne comprennent pas. Ce que les gens aiment, le footballeur l’aime aussi. Le footballeur aime l’argent. » Voilà qui a le mérite d’être honnête. Il y a tellement de joueurs qui expliquent aller dans un club sans prétention pour leur progression, pour franchir le fameux palier…

Benoît Assou-Ekotto part donc en Angleterre, un pays où il va pouvoir jouer beaucoup plus de gros matches : « Rester en France pour tourner en rond, ça ne m’intéressait pas ! En France tu joues quatre gros matchs par an : Lyon, Marseille, Paris puis le derby face à Lille. » C’est un personnage bien connu à St-Etienne qui va faire venir Assou-Ekotto à Tottenham, puisqu’il s’agit de Damien Comolli, ancien responsable du recrutement à l’ASSE. En 2006, en plus d’Assou-Ekotto, il fera son marché à l’ASSE en débauchant un certain Didier Zokora…

De 2006 à 2008, Benoît Assou-Ekotto vit un enfer puisque les blessures ne l’épargnent pas, et notamment une très grave au genou : « Quand le chirurgien vous dit que vous ne pourrez peut-être plus rejouer au football, beaucoup de choses changent dans votre esprit. Tant que vous êtes blessé, le salaire tombe tous les mois, mais quand on envisage la fin de sa carrière à 22 ou 23 ans… C’est peut-être cela qui m’a fait réfléchir. » Toujours guidé par l’argent, mais finalement peut-on lui en vouloir…? Si Leo Messi était payé 800 € par mois, jouerait-il au football…? Et de rajouter : « Tu sais, quand j’étais jeune, je voulais une belle voiture pour que quand je passe dans la rue, on se dise, «ouais, ce type là, il a réussi.» Mais quand on te dit que tu ne vas peut-être plus jamais rejouer au football, tout devient différent. Aujourd’hui, j’ai mûri, je sais que ce n’est pas parce que ta voiture est cool que ta vie l’est ». La tête sur les épaules le jeune Benoît du haut de ses 23 ans… Voilà qui change du bling bling ambiant qui règne dans le milieu du foot ! D’ailleurs, à Tottenham le joueur roule en… Smart parce que « c’est facile à conduire » ! Il n’hésite d’ailleurs pas à se déplacer en métro quand ses coéquipiers évitent soigneusement ce mode de transport. Benoît Assou-Ekotto est un OVNI sur la planète football. Alors que beaucoup de ses coéquipiers observent la Premiership (L1 anglaise), Assou-Ekotto avoue sans détour : « C’est pas que ça me saoule, mais tu vas me parler de l’arrière gauche de Liverpool ou d’Everton, je ne les connais pas. Je ne connais pas les autres joueurs. Dans deux semaines, je ne sais même pas contre qui on joue ».

Une nonchalance et un détachement qui tranchent avec son profil sur les terrains de football : endurant, solide, rapide et efficace, Assou-Ekotto enchaîne les saisons majuscules depuis qu’il en a terminé avec ses problèmes au genou. Son entente est parfaite avec un certain Gareth Bale : « Je pense qu’il sait comment il doit jouer avec moi, car il a commencé par jouer à mon poste. Il sait que j’ai besoin d’aide, il sait comment m’aider à défendre. C’est facile de jouer avec lui. On est bien tous les deux ». Il n’hésitera d’ailleurs pas à plaisanter sur le fait que si Gareth Bale a eu cette carrière offensive c’est grâce à lui, puisque son arrivée à permis à Bale de jouer un cran plus haut… Que les supporters stéphanois ne voient pas là une ouverture pour l’arrivée de Gareth Bale à l’ASSE…

Il entretient un excellent feeling avec Harry Redknapp qu’il apprécie pour la confiance qu’il fait à ses joueurs. Avant l’arrivée de Redknapp, il s’était accroché avec Juande Ramos, l’entraîneur d’alors qui lui reprochait son trop plein d’agressivité à l’entraînement. La réponse du joueur camerounais ne fit pas un pli : « Hey mon pote, on joue au foot pas au tennis. Tu te crois en Espagne mais on est en Angleterre ici ! » Voilà qui est dit !

Il aura aussi des problèmes après le départ de Redknapp. André Villas-Boas remplace le technicien, et Assou-Ekotto, après un début de saison convenable se blesse et finit par perdre sa place. C’est sur Twitter qu’il lancera la polémique en novembre 2012 : « Salut tout le monde ! Il faut être fort et positif au travail ! Même si tu détestes ton patron lol ». Assou-Ekotto se défendra en expliquant qu’il ne parlait pas de Villas-Boas…

Prêté aux QPR par Tottenham en 2013/14, Benoît Assou-Ekotto ne retrouvera jamais la forme qui était la sienne à Tottenham… Il retrouve son mentor Redknapp là-bas et lui-même en convient.

Au printemps 2014, il sera suspendu 5 matches pour avoir soutenu sur Twitter le geste de la « quenelle » effectué par Nicolas Anelka. Assou-Ekotto a-t-il réagit pour défendre son ami ou bien par conviction ? Il s’est défendu de toute idée antisémite par la suite : « Je tiens à rassurer les fans de Tottenham et QPR, et la communauté du football en général. Je condamne la discrimination et le racisme sous toutes ses formes. Au cours de mes sept ans en tant que joueur à Tottenham, j’ai beaucoup travaillé avec la communauté locale diversifiée et ma position forte contre le racisme parle pour elle-même. Je suis fier du travail entrepris par ma fondation dans l’éducation des jeunes qui a pour pierre angulaire l’inclusion et le respect de la diversité. »

En 2014/15, Assou-Ekotto effectue une saison blanche et négocie une résiliation de contrat le 2 février 2015…

En conclusion, Benoît Assou-Ekotto apparaît comme étant un joueur atypique dans le monde du football. Son franc parlé et sa fougue lui auront joué des tours, mais peut-on lui reprocher son fighting spirit sur un terrain. Voilà qui devrait plaire aux supporters stéphanois ! Concernant ses altercations avec d’autres joueurs, elles révèlent une envie de gagner de la part d’un personnage entier. Le problème c’est qu’à l’ASSE on a l’impression que tout le monde s’apprécie. Il ne faudrait pas qu’Assou-Ekotto soit celui qui va scinder le vestiaire en deux… Faisons confiance à Loïc Perrin et surtout à Christophe Galtier pour veiller au grain. D’ailleurs, la signature n’engagera les deux parties que pour une seule année… Le risque est donc mesuré pour un joueur qui peut finalement apporter gros plus sur le flanc gauche…

Une cagnotte a été ouverte sur le site LEETCHI afin que vous puissiez déposer vos contributions. Cette cagnotte restera ouverte jusqu'au 30 avril. Un mois pour collecter un maximum de dons. Nous comptons sur votre générosité afin d'aider la cause soutenue par la Fondation Neven Subotic.

Participer à la cagnotte en ligne

Alexandre S.

Créateur et responsable du site de Peuple-Vert.fr. La philosophie du site ? Ne pas se contenter de reproduire les infos des autres médias en investiguant au coeur du club pour informer au mieux les amoureux de l'ASSE dont je fais bien évidemment partie !

Poster un Commentaire

29 Commentaires sur "Benoît Assou-Ekotto : un zest de fighting-spirit à l’ASSE !"

plus récents plus anciens plus de votes
Governatori.alliance ecologiste independante
Invité
Governatori.alliance ecologiste independante
Tu va pas nou plomber l’ambiance avec une com a la « diable vert site » , pour moi, il remplace un peu brandao, il en faut des gas comme ça, certe pas de trop, mais c’est comme en medecine, un peu de d’ortie ça peut guerir, sinon, tu chopes un urticaire. 😳 :mrgreen: 😉
Piment vert
Membre
Pays de Galle mon équipe préférée en rugby, ( Garet Edwards J P R William ) :mrgreen:
LABRUTE
Invité
Bonsoir mon BOULISTE ADORÉ, CIMRU= Pays de Galle. le repas est de tradition. le chant est l’hymne nationale gallois, en Français,
Vieux Pays de mes Ancêtres, écrit par Evan James 1833-1878 et composé par son fils James James 1833- 1902. composition écrite en janvier 1856. 😉
Piment vert
Membre
Je te donne mon menu a mon tour labrute. Gambas de Madagascar, Colombo de Porc, haricots Rouges Riz Pilaf, avec Achards de legumes et Piment Oiseaux avec de l eau fraîche. Et je chanterais ( QUI C EST LES PLUS FORTS._._._._._EVIDEMMENT C EST LES VERTTTTSSSSS. :mrgreen:
Piment vert
Membre
Connais pas CYMRU, quand a etre tranquille dans t as maison, ce ne sera plus jamais le cas, les choses de la vie comme on dit ( Piccolli Romy Schneider ) bois une PUUTCHEEN a ma santé. 🙂 :mrgreen:
LABRUTE
Invité
tu as vu plus bas ? ALEX
admin
Invité
Satisfait ! 😉
LABRUTE
Invité
Yoann
Invité
Laisse tomber c’est des gens qui n’ont rien à dire
vert43
Membre
Si il est apte á la visite médicale demain il signe chez nous.Pourquoi pas la technique cela ne se perd pas. Pourquoi sainté ? Il y a la PL il y a la L1 en comparaison C’est comme un cheval ,un trotteur qui redescend de catégorie pour s’imposer á nouveau.Il doit être moins performant qu’il y a 3 ans c’est sur autrement on en parlerai pas chez nous.Mais un ekoto á 80 % est surement meilleur qu’un tabanou á 100%. Sans parler de ce qui peut apporter en experience puis dans certaines équipe il manque un gars á un poste… Read more »


Pin It on Pinterest

Shares
Share This